LA CAVALBRIE A LA BATAILLE DE FRŒSCHWILLER
traindre les Français à se jeter dans les montagnes boisées du nord en abandonnant leur matériel.
La division provisoire de cavalerie débouche du pont de Gunstett, un peu après 3 heures, et se dirige sur Reichshoffen par Eberbach. Avant 5 heures du soir, eUe a ses deux batte* ries en action sur la croupe (côte 252, carte française) qui domine Reichshoffen au sud-est.
Pendant que les deux masses de cavalerie allemande agissent sur le flanc droit de Farmée française, les ailes de la IIP armée ne discontinuent pas d'être éclairées, à droite, par les vingt escadrons du IP corps bavarois, à gauche, par les douze escadrons de la division badoise. .
Dans Farmée française d'Alsace, la réminiscence vague et inconsciente des guerres du premier Empire fit réunir la cavalerie, sur le champ de bataille de Frœschwiller, en deux masses très inégales; Fune, formée de la division de Bonnemains (cuirassiers) et de la brigade de Septeuil (hussards), se tint au sud-ouest de Frœschwiller, à la naissance du vallon de FEberbach; Fautre, composée de la brigade Michel (cuirassiers), fut placée à Fest du village d'Eberbach, dans le vallon du même nom.
Mais ces emplacements ne furent pas choisis, en toute connaissance de cause, d'après les. propriétés de Farme et le rôle de la cavalerie dans la bataille.
C'est ainsi que la division de Bonneinains et la brigade de Septeuil demeurèrent, depuis le matin jusqu'après 3 heures, derrière le centre de l'armée, sur un terrain entouré de bois à courte distance et parsemé lui-même de vignes, de houblonnières et de vergers, qui s'opposent aux mouvements tactiques de la cavalerie.
Néanmoins, la cavalerie française a été, ce jour-là, plus près de la vérité que les Allemands. Ceux-ci ont agi en veçtu de principes raisonnes, mais faux.
La connaissance d'une bataille relativement récente, permet
seule de tabler avec quelque certitude sur les possibilités et les impossibilités tactiques de la guerre de demain.
' Une longue paix favorise la substitution des élucubrations de cabinet et des résultats de polygone aux doctrines issues de la guerre réeUe.
Il y a pour cela deux raisons : la première est que les anciens combattants de la dernière grande guerre dispa* raîssent assez vite, emportant avec eux le sentiment de la bataille; la seconde réside dans la difficulté d'apprécier sainement les modifications qu'apportera un armement nouveau et perfectionné aux procédés tactiques suivis dans les guerres antérieures.
On doit reconnaître que le roi de Prusse, secondé par les nommes de son choix, avait bien discerné la tactique de l'infanterie et l'emploi de l'artillerie appropriés aux conditions nouvelles créées par les armes à tir rapide et à longue portée. La colonne de compagnie, par exemple, était la clef du combat de front sous toutes ses formes. Mais les instructions tactiques de Frédéric-Guillaume ne tinrent pas assez compte des enseignements acquis au cours des guerres de la Prusse contre Napoléon.
Notre ancien adversaire de 1814 aurait dû accorder à la cavalerie un rôle bien diJfférent de celui qui lui fut attribué au début de la campagne de 1870.
En Prusse, plus encore qu'en France, les meilleurs esprits pensaient, avant la dernière guerre, que le morcellement du combat d'infanterie devait amener un fractionnement parallèle de la cavalerie et que, dans tous les cas, le fusil à aiguille interdisait désormais aux troupes à cheval toute action en grandes masses sur le champ de bataille.
Exception doit être faite en faveur du prince Frédéric- Charles et de quelques officiers de cavalerie formés à son école.
Ce prince, qui avait vu se développer en lui l'espoir de faire revivre les grands exploits de Seydlitz et de Zitten, possédait