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DU ROLE DE LA CAVALERIE A LA BATAILLE

DE FRŒSGHWILLER

Le 6 août 1870, la IIP armée allemande comprenait, outre les vingt-quatre escadrons et les deux batteries à cheval de la 4® division de cavalerie, soixante-dix-huit escadrons et trois batteries à cheval.

Chacun des deux corps bavarois était pourvu de cinq régiments à quatre escadrons, dont deux divisionnaires et trois réunis en brigade avec une batterie à cheval.

Chacun des deux corps prussiens (V* et XP) avait deux régiments de cavalerie divisionnaire à quatre escadrons.

La division wurtembergeoise présentait dix escadrons; la division badoise, douze et une batterie à cheval.

On conçoit que les régiments de cavalerie divisionnaires soient restés auprès de leurs divisions respectives pendant là matinée du 6 août. On ne s'attendait pas à combattre ce jourlà, et il ne s'agissait pour le moment, dans la majorité des corps de la IIP armée, que d'un changement de bivouacs.

Mais, après que la bataille eut été engagée, quand, depuis Langensoultzbach jusqu'à Gunstett, le combat de front présenta une longue ligne de feux d'infanterie et d'artillerie, la cavalerie divisionnaire dut se retirer derrière l'infanterie, à l'abri des vues de l'ennemi.

C'est ainsi que nous voyons, à partir de 9 heures du matin,

les 4® et 14« dragons, du V® corps, masqués derrière le bois de Dîeffenbach, et le 14® hussards (21* division, XP corps), rassemblé à Tabri du mamelon de Gunstett.

La cavalerie du IP corps bavarois pouvait trouver à s'employer utilement en éclairant et prolongeant vers l'ouest l'aile droite de la IIP armée; de même, la cavalerie badoise avait un rôle analogue à remplir en dehors de l'aile gauche allemande; mais les cavaleries divisionnaires et la brigade de réserve du P' corps bavarois n'auraient pas dû rester inactives, autrement dit, sans emploi pendant la bataille.

Les régiments de la cavalerie allemande sont restés, en grande majorité, la bride au bras, depuis le début de l'action jusqu'à la fin, à l'exception de quelques escadrons dirigés, le

Note BUT le plan officiel prussien de la bataille

de FroDSchiviller.

L'Historique officiel prussien est accompagné de plans et de cartes édités luxueusement.

Le plan n^ 2 montre les troupes allemandes à trois moments de la bataille de Wœrth (Frœschwiller) :

lo Entre 10 et 11 heures du matin;

2« A trois heures du soir;

3« A 4 h. 1/2 du soir.

Ce plan fourmille d'erreurs sous le rapport de l'emplacement des troupes, et parait avoir été établi sans le moindre souci de la Térité historique.

En se reportant du texte de Thistorique à la représentation figurative de^ troupes, aux trois moments désignés plus haut, on constate des divergences nombreuses.

Le plan n9 2 montre à 3 heures :

i® Les dragons du V* corps, en liaison avec le P' corps bayarois;

2* Le 14° hussards précédant l'artillerie du XI* corps dans sa marche de Gunstett yen le rayin d'Elsasshausen;

3^ Les Bavarois de la I ** dÎTision, maîtres du bois de Frœschwiller.

Or, à trois heures, V Historique place les dragons du V* corps à l'abri de Wœrth (à l'est), fait marcher le 14" hussards par Eberbach, sur Reicbshoffén, et constate que les essais d'enlèyement du bois de Frosschwiller n'avaient pas encore abouti.

Nous n'en finirions pas si nous Toulions relever toutes les erreurs de représentation graphique, mises en évidence par la comparaison du texte et du plan allemand.

LA CAYALEfLJE A LA BATAILLE DE FRŒSGHWILLER.

soir, vers 4 heures, en dehors des flancs de rarmëe française, sut Gundershoffen, ReichshofiPen et Niedérbronn.

Dans le même temps, la cavalerie française tout entière était réunie en deux masses, l'une de vingt-huit, l'autre de neuf escadrons qui, toutes les deux, ont conxbattu, sinon avec efficacité, au moins avec la plus extrême bravoure.

Doit-on attribuer à un sentiment de pusillanimité l'absence de toute action cavalière de la part des Allemands durant la bataille? Nous ne le pensons pas.

L'inaction de la cavalerie allemande, le 6 août, doit être imputée à un défaut d'organisation et de préparation.

Les régiments de cavalerie de corps, après avoir laissé un escadron à chaque division d'infanterie, auraient dû former, au cours de la batailley quand tout le front fut allumé de feux d'infanterie et d'artillerie, une division provisoire susceptible de manœuvrer et de combattre à l'aile gauche de l'armée allemande.

Le chef de la IIP armée, s'il se fût trouvé avant midi sur le champ de bataille, pouvait ordonner la réunion, en arrière de l'aile gauche, des régiments divisionnaires (à trois escadrons) ci-après :

!»• brigade à 9 escadrons.

2* brigade à 6 escadrons.

3* brigade à 7 escadrons.

3* cheyau-légers. . • 3 escadrons (1** division bavaroiçe).

4« dragons 3 — (9» division).

14* dragons 3 — (10« division).

14« hussards 3 — (21« division).

13* hussards 3 — (22* division).

1^'régim. de cavalerie

wurtembergeoise. . 3 — (l^^ brigade).

2* régim. de cavalerie

vrurtembergeoise. .1 — (2« brigade).

3* régim. de cavalerie

wurtembergeoise. . 3 — (3« brigade).

Total 22 escadrons

auxquels on pouvait joindre une batterie à cheval du XP corps et la batterie à cheval de la division wurtembergeoise.

Ces vingt-deux escadrons avec deux batteries à cheval eussent formé trois brigades, la l'^ de neuf, la 2® de six et la 3* de sept escadrons.

A la tête de la division provisoire, il fallait un général de cavalerie pourvu d'un état-major. Général et état-major auraient dû se trouver à la suite du quartier général de la IIP armée, de façon à être toujours sous la main du commandant en chef.

, Admettons, pour un instant, la formation de cette division provisoire, et imaginons la série des opérations que la cavalerie aurait pu exécuter ce jour-là.

A midi, le commandant en chef que nous admettons, par hypothèse, posté sur la hauteur de Dieffenbach depuis plusieurs heures, envoie l'ordre à la 1" division bavaroise, alors à proximité de Preuchsdorf, au V* corps, au XP et à la division wurtembergeoise d'envoyer leurs régiments de cavalerie, à trois escadrons, se rassembler dans les prairies, à l'est de Gunstett.

A 3 heures, la division provisoire de cavalerie (22 escadrons, 2 batteries) est réunie.

Il faut supposer, d'autre part, que la 4« division de cavalerie a été appelée, dès 11 heures du matin, à Taile gauche de l'armée, au sud-est de Gunstett, en passant par Soultz, Preuchsdorf et le vallon de Kindersloch-Graben.

Continuons la fiction.

La 4® division de cavalerie traverse, la première, vers 3 heures, la Sauer sur les ponts de Durrenbach et s'avance rapidement, par Morsbronn, Lembach, Porstheim, Gundershoffen, Gumbrechtshoffen sur Zuiswiller. Elle atteint cette dernière localité avant 6 heures du soir, y intercepte la route dç Saverne, et fait refluer les troupes françaises en retraite sur l'unique route de Niederbronn à Bitche. Cette division de cavalerie peut même, avec un peu d'audace et d'habileté, tenir sous son canon, avant 7 heures du soir, la route de Bitche, un peu à l'ouest de Niederbronn, et con-

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