QUARTIER GÉNÉRAL
Uhrwiller.
Walk.
Danendorf.
Merzwiller.
Weisterwiller.
Hattmatt
et Do£senheim.
Kirshwiller.
Ober-Mottern.
Petersbach.
Saverne.
Steinboarg
et Hattmatt.
Petersbacb.
Ramviller
et Hirschland.
Mittelbronn
et Yilsberg.
PhaUboarg.
Scbalbach.
Fénétraiige.
Beding
on
Sarrebouiig.
Lixheim.
Ramviller.
ennemi dont la direction de retraite est encore indécise, quoiqu'elle se soit effectuée sûrement vers l'ouest & travers les Vosges, et le général victorieux abandonne pendant cinq jours ses corps à eux-mêmes, se contentant de les inviter à attaquer l'adversaire là où il sera.
Ce n'est pas ainsi que Napoléon entendait franchir le Franken-Wald, le 8 octobre et les jours suivants, quoiqu'il ne fût pas encore maître de la situation.
Ne voulant à aucun prix abandonner complètement les rênes du commandement et se réservant, au contraire, de manœuvrer, même dans l'intérieur du massif, si les circon-
stances Ty invitaient, Napoléon, dans ses lettres écrites avant le départ aux maréchaux commandant les colonnes collatérales, prévoyait les principales éventualités, indiquait en conséquence la ligne de conduite & suivre pendant toute la durée du passage, et prescrivait les communications à échanger, journellement, en des points déterminés.
Le prince royal eût-il voulu conserver le commandement de son armée durant la traversée des Vosges, à la façon du Napoléon de 1806, cela lui était impossible avec le dispositif adopté. Et comme tout est harmonique dans les opérations militaires ainsi que dans les manifestations les plus diverses de l'activité humaine, au dispositif linéaire de la traversée des Vosges succédera un déploiement non moins linéaire sur un objectif géographique : la Sarre.
L'hérésie stratégique et tactique, que Fétat-major de la IIP armée a commise involontairement et dont il a parfaitement calculé la mise en œuvre, devait produire et a donné ce résultat extraordinaire de faire parcourir à une armée victorieuse lancée à la poursuite de Tennemi une distance de 70 kilomètres en cinq jours, soit, en moyenne, 14 kilomètres par journée de marche.
Les corps de la grande Armée se comportèrent d'une toute autre façon, avant et après léna!
L'ordre que nous étudions fait marcher la 4* division de cavalerie derrière le XI* corps.
Le choix de l'aile gauche pour la cavalerie d'armée était judicieux en ce que le col de Saverne est plus facile, moins long que les autres passages, et que l'ennemi étant signalé en retraite, par Bitche, la région comprise entre Phalsbourg et Sarrebourg serait probablement libre.
Mais, la précaution consistant à placer la 4® division de cavalerie en arrière de tout le XI® corps nous paraît excessive.
On pouvait donner un ou deux bataillons de soutien à cette cavalerie et lui faire précéder le XP corps, à 10 ou 15 kilomètres.
Elle se serait trouvée, plus vite et plus tôt, en situation d'inonder la plaine de la haute Sarre et, par suite, de fournir des renseignements précieux au commandant de Tarmée avant que les colonnes eussent achevé leur débouché au delà des montagnes.
Les croquis n°' 34, 35, 36, 37 et 38 montrent, d'après les indications portées au tableau de marche qui accompagne Tordre général du 7 août, les diverses colonnes de la IIP armée, respectivement, le 8, le 9, le 10, le 11 et le 12 août 1870 (stationnements du jour, teintés; ceux de la veille, en blanc).
Le tableau de marche annexé à Tordre général du 7 août ne tient pas compte du fort de la Petite-Pierre, du fort de Bitche et de la place de Phalsbourg.
Il y avait pourtant lieu de prévoir, au moins devant Bitche et Phalsbourg, des difficultés de passage nécessitant la recherche de chemins dérivés.
Les points d'arrivée prescrits pour le 11 août aux deux corps bavarois, Lorentzen (IP corps) et Diemeringen-Mackwiller (P"" corps) ont été mal choisis, car ils devaient amener des tamponnements qui, en réalité, n'ont pu être évités. Il fallait donner au IP corps bavarois la route de Rohrbach à Sarre-Union, par Achen et Ormingen, et réserver la route de Rohrbach à Pisdorf, par Kahling, Lorentzen et Mackwiller, au P' corps bavarois.
Sur le croquis n^ 33 a été figurée la marche hypothétique de la IIP armée, en bataillon carré, par les trois routes :
1 ^ Niederbronn — Ingwiller — Weiterswiller — la Petite - Pierre — Drulingen — Hirchsland — Fénétrange;
2** Wœrth — UhrwLIler — Bouxwiller (Nord) — Dossenheim — Hangwiller — RanviUer — Oberstinzel ;
3*> Eberbach — Walck — Karrwiller — Bouxwiller — (Sud) — Steinbourg — Saverne — ^nord de Phalsbourg — Sarrebourg.
Les trois colonnes correspondantes formées, celle de droite
476 ni® PARTIE. — CHAPITRE II.
(itinéraire n^ 1) par les P' et IP corps bavarois; celle du centre (itinéraire n** 2) par la division wnrtembergeoise et le V® corps; celle de gauche (itinéraire n® 3) par la 4" division de cavalerie et le XP corps, sont représentées pendant leur stationnement du 8 août (surfaces blanches) et du 9 août (surfaces couvertes de hachures), après la marche.
La comparaison du croquis n^* 33 avec ceux (34®, 35®, 36% 37®, 38®) qui le suivent, indique d'un seul coup d'œU, sans qu'il soit besoin de creuser la question, combien la formation en bataillon carré l'emporte sur les dispositifs linéaires, lorsqu'il s'agit de transporter une armée d'un théâtre d'opérations sur un autre séparé de lui par un massif montagneux ou boisé, soit que l'on recherche l'ennemi pour le combattre, soit que l'on poursuive un adversaire déjà battu.
L'exécution, par les troupes de la IIP armée, de l'ordre général en date du 7 août, ne présente qu'un médiocre intérêt. Sauf à Bitche et à Phalsbourg, les colonnes allemandes ne devaient pas rencontrer de résistance. D'ailleurs, ces places ne commandant pas des défilés absolus, on put les tourner aisément.
§ 5. — La journée du 8 août.
{Croquis n« 34.)
Le 8 août, la 12® division avait l'ordre de se porter de Stûrzelbronn sur Prétit-Rederching, en passant par Bitche, mais elle dut changer la direction de sa marche, pour éviter les feux de la place, et remonter au nord jusqu'à Haspelscheidt.
La brigade d'avant-garde du II® corps bavarois eut un petit engagement le même jour avec les défenseurs de Bitche.
Le 8 août, une reconnaissance d'officier envoyée par la bri-
gade de cavalerie wurtembergeoise se présenta devant le petit fort de Lichtemberg et fut accueillie par des coups de fusil.
Ordre fut donné alors à la division wurtembergeoise de procéder, le lendemain, à Tattaque de cet ouvrage.
§ 6. — La journée du 9 août.
{Croquis n^ 35.)
L'opération fut conduite, le 9 août, par un général de brigade ayant sous ses ordres deux bataillons de chasseurs, un demi-escadron, deux batteries et un détachement de pionniers; elle échoua, et, vers 4 heures du soir, sur l'ordre du commandant de la division, le détachement se mit en devoir de rejoindre le gros de la colonne, après avoir laissé un bataiUon pour assurer le blocus. Cependant, l'artillerie allemande avait mis le feu aux casernes du fort, qui furent ainsi détruites. A 8 heures du soir, le commandant de place, souslieutenant Archer, fit arborer le drapeau blanc et capitula. Sa défense a été jugée honorable, en raison des faibles ressources dont il disposait.
Dans la même journée du 9 août, le fort de la Petite-Pierre, abandonné par sa garnison, fut occupé par un bataillon du \e corps.
Le 9 août également, le IP corps bavarois éprouva de grandes difficultés dans sa marche, quand, par suite de l'obligation d'éviter le feu de la place de Bitche, il dut s'engager, au sud, sur des chemins forestiers peu praticables.
Ce corps d'armée arriva ainsi à Lemberg, qui avait été fixé au P' corps bavarois pour son stationnement du 9 août.
Le P' corps bavarois dut pousser ce jour-là jusqu'à Euchenberg, non sans un certain désordre et des fatigues considérables causées par l'arrivée du IP corps bavarois à Lemberg. .
§ 7. — La journée du 10 août.
(Croquis n» 36.)
Le 10 août, le IP corps bavarois ne put aller à Rohrbach, suivant les ordres reçus, parce que ce bourg et les environs étaient occupés par des troupes du IV® corps (IP armée). D ne dépassa pas Montbronn, tandis que le P' corps bavarois, qui le précédait sur la même route, poussait jusqu'à Diemeringen.
La veille, la 12® division, qui s'était retirée, le 8, sur Haspelschreidt, fit un détour à travers un terrain fort difficile, sur des chemins & peine frayés, pour atteindre Schorbach, par Hanviller, et, le 10, elle vint à Rohrbach.
Au XP corps, la 22® division, suivie de la 4® division de cavalerie, marcha, le 10 août, de Dossenheim sur Metting, par le Zinzen-Thal, tandis que la 21® division avec l'artillerie de corps franchissait le col de Saverne.
Toute l'artillerie de la colonne de gauche (60 pièces) ouvrit le feu, & la tombée de la nuit, sur Phalsbourg, détruisit la ville, mais ne parvint pas & intimider ses défenseurs commandés par le lieutenant-colonel TaiLlaud.
Les deux divisions du XP corps allèrent ensuite passer la nuit à Metting (22® division) et à Mittebronn (21® division).
Dans la journée du 10 août, l'état-major de la IIP armée acquit la certitude que le maréchal de Mac-Mahon avait fait sa retraite par Saverne et Sarrebourg.
Ordre fut donné, en conséquence, à la 4® division de cavalerie de se porter, le lendemain, & Héming et de continuer, les jours suivants, sur LunéviUe et Nancy.
Gomme, d'autre part, le IV® corps (II® armée) occupait avec ses détachements, principalement ceux de la 5® division de cavalerie, tout le pays au sud de Rohrbach jusqu'à la ligne Sarre-Union — ^Lorentzen, les P' et II® corps bavarois eurent à marcher sur Pistorf (P^ corps) et Fénétrange (II® corps).
LA TRAVERSÉE DES VOSGES PAR LA lU^ ARMEE. 479
§ 8. — La journée du 11 août.
{Croquis n» 37.)
Le 11 août, le P' corps bavarois atteignit Pistorf ; les Wurtembergeois, RauwiUer; le V* corps, Altroff, et le XP corps, Sarrebourg.
En arrière de l'aile droite de l'armée, le IP corps bavarois parvenait à Diemeringen et la 12® division à Lorentzen.
§ 9. — La journée du 12 août.
{Croquis n» 38.)
« Le 12 août, l'armée terminait son déploiement {strate- « gique) en amenant en première ligne le IP corps bavarois « et la 12* division et en établissant toutes ses troupes sur les « routes dont elles devaient faire usage pour se porter sur la « Moselle. A cet effet, le P' corps bavarois venait, en remon- « tant la Sarre, de Pistorf aux environs de Bettbom (1). »
Le même jour, la 4« division de cavalerie alla d'Herming à Moy envie, et l'un de ses escadrons de découverte prit possession de Luné ville.
(1) Historique officiel prussien^ p. 386.