LA TROISIÈME RÉDACTION DBS (( CHRONIQUES
dans la plus jolie de ses comédies : Colombes Birthday. D'un autre côté, il est possible qu'il ait fini ses jours à Chimay, où il était chanoine et trésorier. Le savant baron Kervyn, si fécond en hypothèses, nous fait un charmant tableau du milieu où se serait écoulée Textréme vieillesse de Froissart.
« Des maisons claustrales, situées derrière la collégiale et exemptes de tout impôt, étaient réservées aux chanoines. On y arrivait par des escaliers de quelques degrés. Chacune était précédée d'un petit jardin.... Des fenêtres on découvrait un ravin profond où de riantes prairies s'étendaient sous l'ombrage des vieux chênes. La fraîcheur du paysage ajoutait au silence et au recueillement de la retraite.
ce Indépendamment du doyen et des douze chanoines, le chapitre comptait un trésorier qui recevait toutes les offrandes en cire faites aux funérailles. . . . Il jouissait des droits de basse justice.... Il y eut un uiayeur qui relevait de Froissart. »
Peut-être; mais rien ne nous assure que le chanoine de Chimay, qui aimait tant le monde, ait pris des goûts champêtres dans sa vieillesse. Peut-être préférait-il au vert vallon de Chimay, avec tout son trésor de blanche cire, cette maison de Valenciennes où il avait déjà tant travaillé aux Chroniques. Peutêtre s'éteignit-il dans quelque tourelle du Quesnoy.
La même obscurité qui enveloppa sa naissance entoura ses dernières années. En quelque lieu qu'il ait fini ses jours, ce fut au milieu d'une aisance honorable, occupé jusqu'à la lin par de graves et nobles pensées.
Car, bien que toute trace de la vie privée de Froissart nous échappe à partir de son retour d'Angleterre, une belle découverte du baron Kervyn nous fait connaître les dernières occupations de la verte vieillesse du chroniqueur. Étant à Rome en janvier 1860, le baron Kervyn demanda communication d'un manuscrit des Chroniques dont l'existence était connue depuis nombre d'années : à son grand étonnement, il se trouva en présence d'une version nouvelle et dont ce manuscrit était le représentant unique. Le manuscrit du Vatican contient une dernière rédaction du premier livre des Chroniques jusqu'en 1350. Il appartient à l'extrême vieillesse du chroniqueur : sur ce point l'infatigable science et le sens critique du regretté M. Siméon Luce viennent à l'appui de l'intuition du baron Kervyn. Le but essentiel de cette troisième rédaction semble avoir été d'effacer du premier livre des Chroniques les emprunts trop nombreux et trop importants faits par Froissart à son devancier Jean le Bel. Au commencement de sa carrière, Froissart avait trouvé fort bien d'être le continuateur d'un écrivain aussi estimé que le chanoine de Liège : il ne lui répugnait pas de briller