PARALLÈLE ENTRE LES TROIS MALADIES PESTILENTIELLES
tique de s’acclimater chez nous rendent ce danger illusoire. Par conséquent et, quand même une épidémie nouvelle de fièvre jaune se produirait dans un des pays du sud de l’Europe, nous n’aurons aucune défense sanitaire à installer sur nos frontières terrestres.
Seconde hypothèse : la pèste règne épidémiquement en une région quelconque de l’Europe à proximité de nos frontières terrestres : quelle conduite devrons-nous tenir ? Le grand danger consistera surtout dans la migration des rats contaminés ; or, contre ce danger il nous paraît bien difficile de nous prémunir par une réglementation quelconque. Plus efficace pourrait être la lutte contre le transport des rats par la navigation fluviale; nous sommes maintenant armés contre cette éventualité de telle sorte que nous aurons peu à la redouter ; il nous suffira de sulfurer la batellerie fluviale à son point d’entrée sur le territoire français. Considérons maintenant le transport par les hommes : les individus atteints de la forme bubonique ne pourront constituer un danger, et quant aux malades envahis par la pneumonie pesteuse, une visite médicale à la frontière et la distribution de passeports sanitaires permettront de déceler les accidents et de se mettre à l’abri de craintes ultérieures. Pour les effets et bagages, les nombreux exemples que nous avons cités nous montrent que nous n’avons rien à redouter de ce côté.
Arrivons enfin au choléra, la seule des trois épidémies qui affectionne la voie terrestre puisqu’elle est transportée par l’homme et qu’elle le suit dans ses pérégrinations. Là encore la sauvegarde ne pourra venir que de la visite médicale et de la délivrance de passeports sanitaires ; la navigation fluviale devra être surveillée non plus au point de vue du bateau lui-même — comme dans la peste — mais dans la personne des mariniers.
C’est aussi la double considération, du navire d’un côté
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et de ceux qui le montent de Taulre, qui doit guider dans la réglementation sur la voie maritime.
La fièvre jaune — aussi bien par la voie maritime que par la voie terrestre — ne peut susciter une épidémie chez nous. Néanmoins nous devons sauvegarder l'existence de ceux, douaniers ou ouvriers, qui montent à bord d'un navire entaché d’une suspicion de cette nature. Si donc le typhus amaryl s'est manifesté sur un navire pendant sa traversée, il faut détruire le stegomya à bord dès le moment de l’arrivée. Là se bornera notre défense.
Pour la peste notre gros objectif sera la destruction du rat avant que le navire ait débarqué la moindre parcelle de marchandises; quant aux hommes il nous suffira de les isoler surtout lorsqu’ils sont atteints de la forme pneumonique; les effets et bagages ne sauraient nous intéresser en l’espèce.
La lutte prophylactique contre le choléra portera exclusivement sur les hommes, passagers et équipages ; sur le navire nous aurons tout au plus à effectuer des désinfections partielles dans les water-closets ou dans les cabines des malades, désinfections qui s’étendront aux effets et linges placés au contact des patients. Les malades seront naturellement isolés et les hommes sains soumis à la surveillance sanitaire.
En résumé, dans la fièvre jaune et dans la peste c’est le navire qu’il faut redouter, dans le choléra ceux qui le montent.
Voici un navire mouillé au large et à bord duquel existe la peste dans sa seule forme dangereuse : une épizootie pesteuse. Débarquons tous les hommes qui sont à bord et parmi lesquels l’épidémie exerce ses ravages ; l’épidémie cessera chez eux. Ceci fait, remplaçons l’ancien équipage par un équipage neuf, et négligeons de prendre aucune mesure contre le navire lui-même ; l’épidémie reprendra son action sur les hommes nouveaux. .