PARALLÈLE ENTRE LES TROIS MALADIES PESTILENTIELLES
Pour la fièvre jaune il en est de même et les faits qui se sont passés à Saint-Nazaire, en 1861, sur l’Anne-i¥ane en donnent un exemple frappant.
Pour le choléra, l'évolution de Tépidémie se fera suivant une marche tout à fait contraire. Plaçons des hommes neufs sur le navire infecté ; ceux-ci demeureront indemnes tandis que la contagion restera attachée à Péquipage ancien débarqué et que celui-ci la sèmera partout sur son passage.
Ces faits, observés depuis longtemps paraissaient inexplicables aux savants même à une époque peu éloignée de nous. Il manquait à la science une notion : celle du véhicule véritable de chacune de ces épidémies exotiques, car sous des aspects qui paraissent divers, elles se transportent cependant toutes trois d’une manière qui leur est propre et unique.
Les savants anciens pressentaient le germe infectieux; ils ne pouvaient en contester l’existence. Ceux qui ont observé plus près de nous ont manié le microbe de chacune de ces affections; ils ont tenu celui de la peste et du choléra; ils savent parfaitement comment évolue celui de la fièvre jaune.
Si le vibrion du choléra, si le bacille de la peste, si le microbe encore invisible de la fièvre jaune peuvent être transportés à longue distance, c’est qu’ils ont la chance tous trois de pouvoir trouver place dans unmilieude culture nécessaire à la conservation de leur vitalité et de leur pouvoir pathogène.
Leur fortune commune c’est d’être apportés par l’intermédiaire d’organismes vivants : le vibrion du choléra à l’état latent se conserve dans un intestin humain, son milieu de culture de choix; le bacille de la peste évolue chez le rat, son animal préféré; le microbe de la fièvre jaune poursuit son évolution chez son moustique favorable.
Des trois côtés nous rencontrons l’action conservatrice
d’un organisme vivant à l’égard du microbe. De sorte que, malgré les différences qui séparent les trois maladies pestilentielles exotiques, c’est, dans tous les cas, contre un organisme vivant que la lutte doit être dirigée; les aspects seront divers, mais le point de départ unique.