MATÉRIEL ALLEMAND
Aiguilles à sutures 6
Soie (paquets) 2
Une boîte d’accouchement contenant ;
Forceps 1
Perforateur 1
Pince 1
Cathéter 1
Fils de soie 2
Et nous ne citons pas dans Ténumération allemande les nombreux objets prévus pour les pansements et les soins chirurgicaux en général.
Une nomenclature nouvelle est donc à faire en tenant compte des besoins actuels. Il est juste d’ajouter cependant que les charte-parties concernant les navires transportant des troupes comprennent une liste de médicaments supplémentaires. Le gouvernement italien, constatant la pénurie de nos pharmacies, en impose une aux navires français montés par des émigrants de sa nationalité, et la pharmacie italienne est encore plus complète que l’allemande.
La circulaire ministérielle du 3 juillet 1896 indique bien que les Commissions de visite auront le droit de modifier les pharmacies suivant la nature des voyages ; en réalité, ces commissions n’usent jamais du droit que la loi leur confère. Elles seraient en effet fort embarrassées pour le faire, composées qu’elles sont de médecins et de pharmaciens qui n’ont jamais navigué; et si quelqu’un d’entre eux possède des connaissances spéciales, il les a acquises dans la marine de guerre toute différente de celle du commerce.
Dans la marine marchande, les besoins varient à l’infini ; une pharmacie de la ligne de New-York ne saurait ressembler à celle de la ligne d’Indo-Chine. En outre, il existe à bord des femmes, des enfants, et surtout des passagers de nationalités très diverses qui ont des habitudes spéciales en
matière de pharmacopée ; la chlorodyne, le frut-salt, Télixir parégorique, etc., sont des produits qu’il est impossible de ne pas avoir sur un navire dont la clientèle est anglaise ou américaine. Aussi, la plupart des grandes compagnies ontelles créé une nomenclature spéciale à leurs besoins et beaucoup plus complète que la liste officielle, reconnaissant implicitement l’insuffisance de cette dernière.
La réforme du matériel médical et chirurgical devrait s’opérer de la façon suivante : élaboration d’une nomenclature officielle ayant surtout en vue les équipages et les besoins généraux des navires ; cette liste serait établie par une Commission de médecins de la marine marchande. Puis, chaque compagnie de navigation présenterait une liste complémentaire représentant ses besoins spéciaux et qui serait officiellement approuvée.
La circulaire actuelle déclare que le matériel pharmaceutique doit être disposé de telle façon qu’il soit facile à atteindre; elle pourrait demander aussi que^la pharmacie soit placée en un lieu où les médicaments ne puissent se détériorer, par exemple à proximité de la machine ou des chaudières et que sur les navires pourvus d’un médecin existât une armoire à poisons dont celui-ci aurait la clef. Pourquoi la loi que subissent toutes les pharmacies serait-elle transgressée à bord des navires ? La disposition de la pharmacie est très strictement prévue par le règlement allemand qui frappe d’amende le médecin ou le capitaine coupables de négligence.
Enfin, tout navire doit avoir un codex. Là encore — comme pour tant de choses de la marine marchande — il suffirait d’appliquer, pour bien faire, les mesures prescrites à terre dans les mêmes circonstances.
Signalons aussi, que sur beaucoup de navires il n’y a pas d’infirmeries, encore moins de chambres d’isolement; lorsqu’il s’en trouve, ,c’est presque toujours parce que la loi ita-
lionne ou la loi américaine a obligé les armateurs français à réserver un local de ce genre. Il faut souhaiter que le ministère de la Marine impose l’obligation d’installer cette infirmerie avec un nombre de lits proportionnel à celui des passagers et de l’équipage.
Registre médical du médecin sanitaire maritime. — Le registre fourni aux médecins sanitaires maritimes par le ministère de l’Intérieur représente, somme toute, le registre prévu par l’ordonnance royale de 1819. Il ne reste qu’à établir un modèle plus conforme aux besoins de notre époque. A l’aide de registres bien disposés et convenablement tenus, se constitueraient des statistiques médicales de la marine marchande pleines d’intérêt, notamment en ce qui concerne la tuberculose dans les équipages du commerce.
Dans ce registre devraient figurer les indications suivantes : le navire a pris son chargement à quai ou à rade ; le navire a pris de l’eau en telle ville, etc.
Rôle et garanties des médecins sanitaires maritimes. — L’étude précédente nous a montré que le médecin sanitaire maritime avait à bord d’un navire de commerce un double rôle.
L’ordonnance de 1819 lui enjoint de soigner les malades.
Le décret de 1896 le charge de s’opposer à la propagation des maladies pestilentielles exotiques.
Dans sa première fonction, le médecin est sous la dépendance du ministère de la Marine et de la compagnie de navigation qui l’emploie. Dans la seconde c’est le ministère de l’Intérieur qui lui impose l’obligation de concourir au service sanitaire et qui, par cela même, le met en conflit avec le représentant de la compagnie, c’est-à-dire avec le capitaine. Or, la compagnie paie le médecin, tandis que le ministère ne
lui accorde aucun avantage pécuniaire et se contente de lui laisser entrevoir des récompenses honorifiques.
Chaque fois que le médecin sanitaire maritime intervient en matière sanitaire, il se heurte infaillihlement aux intérêts de la compagnie qui le solde et celle-ci dès lors fait tout son possible pour se débarrasser de lui ou tout au moins pour le mettre sur une petite ligne où il ne pourra plus nuire — dans le sens commercial du mot. — L’arrêté de i85S avait prévu le cas et s’était empressé de soustraire le médecin commissionné à l’arbitraire d’un licenciement que lui aurait valu toute déclaration trop exacte : nous regrettons que cette disposition, sauvegarde de la santé publique, ait disparu du texte de nos règlements.
Il existe toutefois, croyons-nous, un moyen de donner au médecin sanitaire maritime l’indépendance relative qui est nécessaire au bon accomplissement de ses devoirs ; c’est de le faire concourir au service sanitaire maritime, de telle sorte que — commercialement — il apporte un avantage sérieux à la compagnie qui l’emploie.
La mesure, telle que nous la comprenons, est assez simple à réaliser, et nous allons la souligner par des exemples. Dans l’ordre des précautions sanitaires, il est possible d’abaisser d’une unité celles qui seront prises à l’égard des navires pourvus d’un médecin sanitaire maritime comparativement aux bateaux sans médecin. Soit un navire qui arrive d’un pays où règne le choléra ; ce navire — suivant son état lors de l’entrée dans le port — se trouve astreint à quatre séries de mesures :
1° Reconnaissance ;
2 ° Reconnaissance + visite médicale ;
3° Reconnaissance-h visite médicale -[-désinfection;
4'’ Reconnaissance -f-visite médicale -|-passeport sanitaire ou observation.
Mais ce navire a un médecin sanitaire maritime et il est
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pourvu d’une étuve. Dès lors, et en raison de ces deux constatations, qui nous empêche de faire fléchir la rigueur de ces mesures et de dire :
1“ Reconnaissance ;
2 ° Reconnaissance ;
3" Reconnaissance -h visite médicale rapide ;
■4° Reconnaissance -)- visite médicale + passeport sanitaire.
La Conférence sanitaire de t903 nous a donné deux armes : l’observation et le passeport sanitaire. Nous pouvons réserver la première pour les navires sans médecin, et utiliser la seconde pour les seuls navires ayant un médecin sanitaire maritime.
Devant une formule aussi mathématique introduite dans le règlement, les compagnies verraient un avantage certain dans la présence d’un médecin sanitaire maritime et n’hésiteraient plus à lui octroyer la situation que ses services effectifs lui mériteraient auprès d’elle.
Enfin, la Conférence de 1903 a prévu une sorte d’internationalisation des médecins sanitaires maritimes présentant de semblables garanties ; lorsque nous aurons montré, à l’étranger, quelle confiance nous avons dans nos médecins, nous pourrons lui demander une réciprocité qui contribuera grandement à faciliter les relations commerciales.
Mais en faisant jouer au médecin sanitaire maritime ce rôle d’auxiliaire du service sanitaire nous contractons l’obligation de le rémunérer de ses peines : si le médecin a deux rôles distincts, il doit également avoir deux soldes. Nous exposerons plus loin quel serait, à notre sens, le système idéal ; nous nous contenterons d’indiquer ici un moyen terme qu’il est relativement facile de faire entrer rapidement dans la pratique.
Le nombre des médecins sanitaires maritimes naviguant effectivement est d’environ 200; en prélevant sur les droits
sanitaires, une somme de 30 000 francs on pourrait instituer 70 primes se décomposant ainsi :
10 primes de 1000 francs ^
20 — SOO — = 30 000 francs
Ces primes seraient réparties de la façon suivante :
9 primes de 1000 francs à des médecins ayant 15 ans de mer.
Auraient droit à ces primes les médecins les mieux notés
par les directions de la santé dans chacune des catégories prévues ; en aucun cas les médecins inscrits au tableau provisoire ne pourraient y participer.
Quant aux 20 autres primes elles seraient attribuées aux médecins sanitaires maritimes ayant envoyé au ministre de l’Intérieur les meilleurs rapports annuels; elles pourraient faire Tobjet d’un cumul avec les précédentes.
Un semblable système encouragerait les médecins, les maintiendrait dans la carrière, les protégerait contre un arbitraire éventuel, car une compagnie hésiterait toujours à se séparer brusquement d’un médecin recevant une prime annuelle du gouvernement, c’est-à-dire reconnu comme accomplissant ses devoirs avec régularité. Nous orienterions enfin vers des recherches utiles en un terrain encore assez peu connu, les travailleurs de bonne volonté qui seraient sûrs de voir apprécier le résultat de leurs efforts.
Les MÉDECINS sanitaires maritimes et la Caisse des Invalides DE LA MARINE MARCHANDE. — Autrefois les médecins de la marine marchande avaient le droit d’effectuer des versements à la caisse des Invalides; ils pouvaient de la sorte se créer une très modeste retraite au bout de vingt-cinq années passées effectivement à la mer.
Brusquement la loi du 24 décembre 1896 — art. 3, §.4 —
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est venue leur retirer ce droit, en considérant que la navigation des médecins n’est pas professionnelle.
La loi du 14 août 1881 définit ainsi la navigation professionnelle :
Sont cornpris dans l’Inscription maritime les Français et naturalisés français qui exercent la navigation à titre professionnel, c’est-àdire comme moyen d’existence en mer, sur les rades, dans les ports, ou dans les rivières jusqu’au point où remonte la marée ou, à défaut de marée, jusqu’au point où les bâtiments de mer peuvent remonter.
Ne sont pas considérées comme navigation professionnelle... la navigation de ceux qui ne remplissent pas à bord un emploi relatif à la marche, à la conduite ou à l’entretien du bâtiment. Par suite sont exclus de l’Inscription maritime notamment les médecins, commissaires, économes, comptables, subrécargues, maîtres d’hôtel, cuisiniers...
Il nous paraît qu’il y a là une fausse interprétation de la loi. Est navigateur professionnel, par exemple, un charpentier parce qu’il concourt à l’entretien du navire. Mais ce navire n’est pas constitué seulement d’une coque, il se compose aussi d’un équipage et il nous semble que le médecin en entretenant — si nous pouvons nous exprimer ainsi — l’équipage 4e ce navire en bonne santé, concourt autant que n’importe quel membre de l’équipage à la bonne marche de l’ensemble.
Toutes les lois successives de. la marine — et la loi actuelle ^— rendent obligatoire la présence d’un médecin à bord : c’est donc qu’elles l’ont jugé utile au bon fonctionnement de l’organisme. Et cette même marine se dérobe au moment où il faut reconnaître les services rendus !
■Le décret-loi disciplinaire du 24 mars 1852, modifié par la loi du 15 avril 1898, s’applique aux médecins ; si l’un d’entre.;eux quitte son navire en cours de voyage —■ fait également prévu.par l’ordonnance de 1819 — il est poursuivi comme déserteur. Par conséquent le ministère de la. Marine lorsqu’il s’agit de payer une retraite aux médecins,
déclare que ceux-ci ne sont pas des professionnels, mais par contre il impose leur présence dans certains équipages et il les soumet aux mêmes obligations pénales que les inscrits maritimes. Cette détermination consacre une injustice et si la marine consentait à revenir sur cette erreur elle faciliterait — singulièrement et à peu de frais — la constitution d’un service médical de la marine marchande.
Les MÉDECINS sanitaires MARITIMES ET LA CAISSE NATIONALE DE PRÉVOYANCE ENTRE LES M.ARiNS FRANÇAIS. —Lorsque cette caisse, contre les accidents et risques de la profession, fut créée par la loi du 21 avril 1898 les médecins — comme tous les navigateurs civils d’ailleurs •— ne pouvaient en bénéficier. Par une disposition plus heureuse, la loi du 27 décembre 1898 a réparé cet oubli et maintenant les médecins sanitaires maritimes — moyennant un versement de 1 p. 100 sur leurs salaires — sont assurés contre les risques et accidents de leur profession. En cas d’infirmité permanente totale ils toucheront 1600 francs de pension viagère ; pour une infirmité permanente partielle ils recevront 1 040 francs ; s’ils succombent victimes d’un accident, leur veuve aura droit à 800 francs de rente, leurs ascendants à 400 francs plus 50 francs par enfant âgé de moins de 16 ans.
Dans un autre ordre d’idées le règlement d’administration publique du 14 avril 1906, rédigé par le ministère de la Marine pour le fonctionnement de la loi des accidents du travail, a prévu le certificat médical à délivrer, lors d’un sinistre, par le médecin sanitaire maritime, chose qui avait été négligée dans le précédent règlement. La caisse étant alimentée en partie par tous les navigateurs, l’intérêt immédiat de ceux-ci exige que le nombre des pensions ne soit pas trop élevé ; d’autre part les armateurs fournissent aussi leur apport au fond commun ; la coexistence de ce double intérêt fait espérer que désormais les uns et les autres prendront le
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plus vif souci pour que les soins médicaux et le matériel chirurgical soient irréprochables sur les navires de commerce.
Situation militaire des médecins sanitaires maritimes h — Dans l’ordre militaire nous rencontrons encore une des nombreuses anomalies législatives entre lesquelles se déroule l’existence des médecins sanitaires maritimes. La majeure partie de ceux-ci — tous à l’exception des réformés — sont médecins aide-majors de réserve, quelquefois même médecins-majors. Malgré cela une loi promulguée le 2 mai 1899 a constitué les officiers auxiliaires des divers corps de la marine :
Titre III. Art. 6. — En cas de mobilisation totale ou partielle les ingénieurs et agents du télégraphe, les médecins et les commissaires embarqués sur les navires réquisitionnés comme croiseurs ou éclaireurs et sur les bâtiments spéciaux peuvent être rappelés au service de la flotte en qualité d’officiers auxiliaires...
Art. 9. —Les intéressés sont pourvus du grade de médecm auxiliaire de seconde classe. Toutefois ceux qui possèdent dans la réserve... peuvent obtenir au titre auxiliaire un grade équivalent à celui dont ils sont pourvus dans la hiérarchie militaire.
Titre IV. Art. II. — Dans chaque grade les titulaires prennent rang après les officiers du grade correspondant du cadre actif ou de réserve...
La loi de 1834 accordant aux officiers la possession de leur grade on ne saisit pas comment celle du 2 mai 1899 peut reléguer ces mêmes officiers au rang d’auxiliaires. En tous cas le ministère de la Guerre a toujours continué à donner une affectation aux médecins embarqués, il les astreint à des périodes d’exercice. Le jour d’une déclaration de guerre le médecin sanitaire maritime ne peut-il craindre d’avoir à
‘Le 11 juillet 1906, le Sénat a adopté un nouveau projet de loi portant réglementation du corps de santé de la marine. Dans ce projet il n’a été tenu aucun compte des réclamations faites depuis longtemps déjà au sujet de la situation militaire des médecins sanitaires maritimes, réclamations que nous sommes donc en droit de formuler à nouveau. (Voir Noël, Bulletin médical 29 août 1906.)
choisir entre deux condamnations pour désertion, Tune venant de la Marine ou T autre de la Guerre ?
Les médecins convoyeurs de troupes et les médecins sanitaires MARITIMES. — Lorsque le ministère des Colonies fait rapatrier des soldats malades par un navire de commerce ces derniers sont accompagnés de un ou de deux médecins des troupes coloniales qui leur donnent les soiris nécessaires. Normalement les choses se passent très bien : chacun reste dans son rôle, le médecin militaire soigne les troupes et le médecin sanitaire maritime s’occupe des passagers et de l’équipage.
Mais quelquefois certains capitaines, qui craignent les rapports officiels faits au ministère par le médecin convoyeur, cherchent à donner à celui-ci un rôle qui ne lui appartient pas. A partir du moment où il embarque, ils paraissent le considérer comme le médecin en chef du bord dont le médecin sanitaire maritime ne devient plus que le subordonné; ils l’incitent à signer les déclarations sanitaires dans les diverses escales et si le médecin convoyeur n’a pas le sens exact de ses droits et de ses devoirs, des conflits toujours regrettables ne tardent pas à se produire.
Parfois le médecin convoyeur lui-même, mal instruit des règlements sanitaires, refuse d’indiquer au médecin sanitaire maritime la nature des décès qui se produisent dans son hôpital : d’où impossibilité pour ce dernier de faire des déclarations exactes. Il importe, par conséquent, qu’un article du règlement sanitaire maritime délimite exactement les droits et les devoirs de chacun ; nous pouvons ajouter que le service sanitaire de Suez — habitué à ces sortes de choses sur les navires qui transitent sur sa rade — admet comme seules valables les déclarations du médecin du bord. Le même article devrait comprendre des dispositions analogues à l’égard de tout médecin civil ou militaire accompagnant une collectivité quelconque.
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Les médecins convoyeürs d’émigrants et les médecins sanitaires MARITIMES. — Ici nous iious heuptons à une difficulté plus grave puisque nous avons affaire à des médecins étrangers, officiellement installés sur des navires français par leur gouvernement. En effet Tltalie a décidé de placer sur tout navire étranger affecté au transport des émigrants italiens des médecins de sa marine royale et des commissaires embarqués.
Par une circulaire du 20 mai 1903 le gouvernement italien a ainsi défini le rôle des médecins embarqués :
... L’art. 116 du règlement du 10 juillet 1901 sur l’émigration établit que le médecin de la marine royale a, dans tous les cas, la direction du service sanitaire à bord. Parmi les droits et devoirs du médecin chef du bord on doit comprendre ceux de se présenter avec celui qui représente le commandant aux officiers sanitaires des ports touchés pour répondre à l’interrogatoire et obtenir la libre pratique... Pareil devoir ne doit pas être abandonné par les médecins de la marine royale, même à bord des navires étrangers dans leurs voyages de l’Italie aux ports américains. Ce n’est qu’en ce qui concerne les voyages de retour que le médecin militaire n’a plus qualité de directeur sanitaire à bord...
Les compagnies françaises concèdent— nous le voyons par ce document — à des médecins étrangers des prérogatives qu elles refusent aux médecins sanitaires maritimes français. Est-il du devoir du gouvernement français de laisser exercer par des étrangers un droit en territoire français et de leur permettre d’y dicter des lois ?
Les relations avec les autorités sanitaires étrangères sont du domaine exclusif du médecin sanitaire maritime, et nous ne voyons aucune utilité à ce qu’un médecin étranger soit admis à en usurper la charge et la responsabilité.
Difficulté de recrutement des médecins sanitaires maritimes. — A de fréquentes reprises, des sociétés de navigation se sont plaint des difficultés qu’elles rencontraient à recru-
ter les médecins sanitaires maritimes et elles accusaient le décret de 1896 d’avoir créé cet état de choses néfaste pour elles.
Leur appréciation ne nous paraît pas exacte, et il nous semble que d’autres causes que ce décret ont singulièrement influé siir le recrutement des médecins de la navigation. Passons en revue quelques-unes d’entre elles.
Il y a quelques années la marine de guerre mit en demeure ses aide-médecins non docteurs de passer leurs examens de doctorat. Un certain nombre d’entre eux n’ayant pas réussi dans les Facultés se réfugièrent dans les services des compagnies de navigation où ils apportèrent le titre de chirurgien de la marine tel qu’il existait alors dans les textes de loi. Ces aide-médecins — et nous en avons connu un certain nombre — sont actuellement tous ou à peu près tous disparus. Cette première source de recrutement de médecins pour les compagnies de navigation se trouve donc tarie. ■
Une seconde source a été supprimée. On rencontrait dans la navigation, et il en existe encore quelques-uns, d’anciens étudiants n’ayant jamais terminé leurs études. Autrefois le régime scolaire des facultés de médecine permettait de prendre toutes les inscriptions et les examens ne se passaient qu’ultérieurement. Quelques-uns des candidats échouaient à tout ou partie de ces épreuves et venaient prendre du service dans la marine marchande. Le régime scolaire a été modifié, et la loi militaire oblige les candidats médecins à terminer leurs études avant 27 ans sous peine de rappel dans les rangs de l’armée. Le vieil étudiant, en rupture d’études, a disparu des facultés; il a aussi disparu des cadres des compagnies de navigation.
Les officiers de santé fournissaient également une partie de ce contingent; leur diplôme ayant été supprimé, la navigation a ressenti immédiatement le contre-coup de cette suppression.
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Parfois des étudiants, en cours régulier d’études, sacrifiaient quelques semaines ou quelques mois avant leur doctorat, à faire de petits voyages, notamment en Algérie. La circulaire de la marine du 8 mai 1884 a interdit leur embarquement; la faute n’est donc pas à imputer au décret dé 1896. Il y avait là évidemment l’exercice légal d’une médecine illégale qui ne pouvait subsister. La loi militaire empêche actuellement’ les étudiants de perdre leur temps à voyager ; ceux qui sont animés de ce désir subissent leur examen de doctorat, ensuite les épreuves de médecin sanitaire maritime et s’embarquent. Voilà la catégorie de jeunes docteurs dans laquelle se recrute la plus grande partie de nos médecins actuels.
On trouvait encore autrefois dans la navigation bon nombre de médecins qui s’embarquaient à un âge avancé. Les uns étaient des médecins de la marine ou de la guerre en retraite. On rencontre encore quelques-uns de ceux-ci, mais actuellement toutes les grandes compagnies de navigation refusent de les embarquer malgré leur grande honorabilité, parce qu’elles les Jugent trop âgés et inaptes à remplir un service actif. La seconde partie du groupe des médecins âgés était composée de praticiens n’ayant pas réussi dans les divers postes qu’ils avaientoccupés, et en dernier lieu venant échouer dans la navigation. Nous avons connu parmi eux d’excellents et dignes confrères, mais il faut avouer que bien souvent ces médecins n’avaient pas atteint le but qu’ils ambitionnaient dans leur clientèle, justement parce qu’ils avaient quelques défauts rédhibitoires ; et ils ne manquaient pas d’importer ces tares dans la navigation. Beaucoup d’entre eux étaient des intempérants, des morphinomanes ; quelques-uns côtoyaient les frontières de la folie dans le domaine de laquelle ils avaient même fait parfois de rapides incursions, ainsi qu’en témoignaient les séjours accomplis dans des maisons spéciales. Actuellement les grandes compagnies n’engagent pas plus ces médecins qu’elles ne prennent les retraités. Il
faut dire aussi que si parmi ces praticiens malheureux il en est de vraiment dignes, ils ont vite fait de subir leur examen de médecin sanitaire maritime. Ceux chez qüi toute vitalité morale est éteinte ne se soucient pas de passer l’examen, et nous devons avouer que la navigation a plutôt intérêt à ne pas les voir encombrer ses cadres. Certaines compagnies n’ont pas dû oublièr le nombre de suicides, d’internements, de morts subites qui se sont produits successivement dans les rangs de leurs médecins en ces dernières années.
Une autre cause est venu diminuer à certains moments le nombre des médecins employés dans la navigation. Voici comment : les troupes coloniales ayantpassé du ministère des colonies à celui de la guerre, ce dernier a supprimé un grand nombre de postes confiés à des médecins militaires dans notre empire d’outre-mer, postes dont les fonctions étaient purement civiles. Les gouverneurs de nos grandes colonies ont d’autre part constitué des cadres de médecins civils sur leurs territoires. Un grand nombre de ces emplois ont été demandés et obtenus par des médecins sanitaires maritimes appartenant aux cadres des compagnies de navigation desservant les pays où ces postes ont été distraits de l’autorité militaire, ou nouvellement créés.
On voit donc que le décret de 1896 n’a eu qu’une influence très restreinte sur le recrutement du corps des médecins de la marine marchande. Il a supprimé simplement quelques unités âgées dont les grandes compagnies ne veulent plus, même quand elles remplissent les conditions d’examen exigées par la loi.
Les lois militaires, les nouveaux règlements de scolarité, l’ouverture de débouchés nouveaux et lucratifs dans les colonies pour les jeunes médecins doués d’un esprit aventureux ont eu ceux-là une action beaucoup plus forte pour clairsemer les rangs des médecins de la navigation.
Que le certificat spécial de médecin sanitaire existe ou
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n’existe pas, le recrutement des docteurs nécessaires à la navigation sera toujours difficile tant que les conditions actuelles subsisteront. Nous nous trouvons devant un problème purement commercial : un certain nombre d’individus sont titulaires d’un diplôme de docteur dont ils cherchent à tirer le parti le plus rémunérateur. Plus de 600 docteurs ont subi l’examen spécial, mais peu s’embarquent attendant qu’on leur offre une situation pécuniaire en rapport avec les études qu’ils ont faites, les efforts qu’ils ont accomplis. Les grandes compagnies d’ailleurs ne rencontrent que peu de difficultés pour recruter leur personnel; quant aux compagnies moins importantes, si elles se trouvent quelquefois aux prises avec ces difficultés, c’est à une organisation intérieure défectueuse qu’elles le doivent. Gomme le disait fort bien la circulaire du ministre de la Marine du 8 mai 1884 : « Si dans certains cas le recrutement du personnel médical des navires de commerce présente des difficultés, cela tient surtout à la modicité des honoraires offerts par les armateurs. Or l’administration ne saurait, sans compromettre la santé des équipages et des passagers, favoriser de pareils calculs d’économie. »
Services rendus par les médecins sanitaires maritimes. — Il est impossible — avec la documentation sommaire dont nous disposons en France — de se rendre compte des services que peut rendre un médecin à bord d’un navire. Les administrateurs des grandes compagnies ont une tendance à le considérer comme un officier de luxe, et le mot a été prononcé par l’un d’entre eux et non des moindres. C’est aux statistiques de M. le professeur Nocht, médecin en chef du port de Hambourg, que nous emprunterons les renseignements suivants qui feront voir que le médecin est un rouage indispensable sur’le navire moderne G
* B. Nocht. üeber Tropenkrankheiten im Seeverkehr. Communication Congrès Colonial Allemand de 1905.
... Durant les dix dernières années il s’est produit en cours de route parmi les équipages arrivés à Hambourg, annuellement et en moyenne : 12 cas de fièvre jaune, 24 de béri-béri, 22 de dysenterie tropicale', 21 de scorbut et environ 700 de malaria. En ce qui concerne les passagers je n’ai la statistique que des deux dernières années. D’après elle on compte chaque année parmi les passagers : 250 cas de malaria, 10 de bilieuse hémoglobinurique, 17 de dysenterie, 7 de béri-béri, plus quelques lépreux et quelques cas de maladies tropicales rares.
En tout, sur environ 1200 voyages effectués par des bateaux à passagers avec une durée moyenne de 80 jours se sont produits 54000 cas d’affections internes, ce qui donne une moyenne de 45 malades par voyage, dont 10 atteints d’une façon grave. En consultant ces nombres, vous vous apercevrez que les médecins de nos navires ne jouent pas à bord le rôle de Badegâste mais qu’ils ont au contraire assez de travail...
Nous ferons remarquer qu’il n’est question ici que de maladies tropicales et que l’auteur du travail ne signale pas le nombre des malades atteints d’afîections ordinaires pas plus qu’il ne parle des accidents toujours fréquents à bord des navires.
M. Nocht est amené à la même conclusion que nous, à savoir : que le médecin est indispensable à bord et qu’on doit lui assurer une instruction spéciale pour pouvoir exercer son art utilement.
Et ce qui est vrai en Allemagne l’est encore plus en France ; nos nombreuses colonies causent un déplacement continu de fonctionnaires, de colons et de troupes. Il n’y a peut-être pas de ligne française où le médecin ne,rende des services aux ministères des Colonies ou de la Guerre. Sur la ligne du Levant elle-même, ce sont les médecins des Messageries qui rapatrient tous les malades revenant de Crète. Sur celle de Madagascar il n’a jamais été placé un médecin convoyeur et tous les malades rapatriés par les paquebots des Messageries ont été soignés par les médecins de cette compagnie dont
' Touristes de villes d’eaux.
HYG. INTERNAT
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quelques-uns effectuent ce service depuis 1 occupation de cette île. Constatons en passant que jamais encore le ministère des Colonies n’a songé à marquer sa gratitude, cependant si légitime, à aucun de ces médecins sanitaires maritimes!
Tournons-nous vers un autre rivage nous verrons ces médecins examiner aA'ec le plus grand soin, avant leur départ, les émigrants à destination des États-Unis ; ils continueront cette surveillance en cours de route et là, la moindre de leurs défaillances retentira lourdement sur lebudgetdelacompagnie. Aussi n’est-ce pas sur le navire à émigrants que le médecin est un officier de luxe. Suivons ce médecin dans sa visite matinale sur un grand paquebot et nous verrons combien — pour peu d’argent — il joue de rôles successifs. C’est d’abord la visite des équipages où le médecin sanitaire maritime doit montrer la sagacité du médecin militaire pour découvrir la simulation d’un paresseux qui souhaite une place à l’infimerie, sans cependant pour cela risquer de méconnaître un vrai malade, car les syndicats, l’inscription maritime, la compagnie, tout le monde est là pour reprocher la moindre erreur de diagnostic.
Puis commence la visite dans les faux-ponts où grouillent les émigrants ; ici il faut être polyglotte, déceler le simulateur qui désire une côtelette ou un lit plus moelleux à l’hôpital, découvrir la tare jalousement cachée par ceux qui craignent d’être refusés par le service de l’émigration américaine, enrayer les fréquentes épidémies de rougeole qui éclatent au milieu des enfants. Le médecin sanitaire maritime se trouve comme à la tête d’une clientèle de faubourg ouvrier, d’une société de secours mutuels, où personne ne paie le médecin ni le pharmacien, et où chacun veut s’assurer quelque bénéfice, si possible, ne fut-ce que celui d’une consultation qui pourra être utilisée plus tard.
Les secondes classes reçoivent ensuite la visite médicale : clientèle de petits bourgeois dont il faut savoir supporter les
manies, et respecter les habitudes, avec cette complication que les unes et les autres sont internationales.
Revenu de sa tournée le médecin sanitaire maritime rentrera dans sa cabine et attendra que tel ou tel passager de première réclame ses services Ici c’est à la clientèle des grands maîtres qu’il aura affaire : beaucoup de tenue, beaucoup de tact et encore plus de patience sont indispensables pour faire bon ménage avec le malade riche qui s’ennuie à la mer et considère souvent que le médecin est là pour lui offrir une constante compagnie.
Ajoutons que les autres passagers — les bien portants ceux-là — entendent rencontrer chez le docteur un agréable compagnon de table, de fumoir, ou de salon. Par surcroît de besogne la compagnie octroie au médecin, une comptabilité de médicaments ou de matériel, et le service de l’émigration lui demande une série de renseignements qu’il faut recueillir pendant la traversée.. Comme on le voit le service d’un bon médecin sanitaire maritime à bord d’un grand paquebot s’éloigne singulièrement d’une sinécure ; aux qualités qu’on exige de lui, combien de nos confrères doivent se sentir impuissants à remplir ce rôle?
Conclusions. — On a souvent parlé des difficultés survenues entre certains capitaines de navires et des médecins sanitaires maritimes ; on a incriminé les premiers, ou bien on a accusé les médecins de vouloir opposer leur autorité à celle du seul maître qui puisse exister à bord. Que si certains capitaines — mal préparés à leur rôle — n’ont pas su comprendre qu’il y avait quelquefois nécessité à suivre un avis médical, d’autres bien plus nombreux heureusement, sont doués de la meilleure volonté mais restent quelquefois paralysés par la crainte des armateurs.
Dans le monde de la navigation il s’est conservé une mentalité un peu spéciale qu’on ne trouve pas chez les indus-
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triels de nos grands centres ouvriers. Lorsqu’on visite une vaste entreprise établie en quelque faubourg de cité populeuse, le chef de la maison après vous avoir promené à travers ses ateliers, et ses machines, après vous avoir fait constater la bonne tenue des uns et la marche régulière des autres ne manque pas de faire remarquer les soins qu’il a apportés à améliorer la vie matérielle de son ouvrier ; crèches, économats, pharmacies, bibliothèques, maisons ouvrières, jardinets. Les initiatives de ce genre germent naturellement autour de la moindre usine ; souvent elles sont dues à la générosité bienfaisante de la femme de l’industriel ou d’un groupe de dames patronesses. Quelle que soit l’origine de ce mouvement, il existe, il fait sentir son action, il crée un courant de sympathie entre le patron et l’ouvrier.
Dans la navigation, dans l’industrie qui transporte les hommes, il faudrait que nul soupçon ne puisse persister, que l’atavisme du négrier pèse encore sur l’armateur moderne !
Quand on construit un navire on se soucie trop peu du logement de l’équipage : quand on exploite ce même navire le malade n’entre pas en ligne de compte. En voici une preuve, l’extrait du compte rendu financier lu aux actionnaires d’une de nos grandes compagnies subventionnées ' :
«... Sur un des navires de votre compagnie nous venons de réaliser une recette comme on n’en avait jamais vu sur la ligne à laquelle il est affecté. Le commandant, dans un rapport spécial, a rendu à tous ses collaborateurs de tous ordres un hommage que je vous demande la permission de faire passer sous vos yeux. Évidemment je n’envie pas le sort des passagers qui se trouvaient à bord... Mais enfin si le bien-être des passagers est une chose respectable, l’intérêt de la compagnie et celui des actionnaires est particulièrement appréciable quand nous sommes dans cette salle et je crois que nous ne pouvons que remercier nos agents de comprendre leur devoir ainsi.
La vie financière , 29 mai 1905.
Voici comment s’exprime le commandant en rendant compte, dans son rapport, de cette belle recette :
« Si les recettes sont aussi élevées nous le devons à tout le personnel de la compagnie.
« Ce sont d’abord les agents qui, après entente avec nous, délivrent aux passagers les plus impatients de partir les billets sans garantie de couchette ou plutôt avec garantie de ne pas en avoir... Enfin d’un trou qui sert de descente, le second capitaine tire une cabine à quatre lits vraiment très présentable... La femme de chambre trouve un abri dans une salle de bains.
« Une note gaie est donnée par le médecin à qui je prescris le plus sérieusement du monde ; « Vous savez, docteur, votre hôpital est ma suprême ressource, je ne veux donc pas de malades... » « C’est entendu, commandant, vous n’en aurez pas. »
Ce ne sont donc ni lès commandants, ni les médecins qui sont coupables lorsqu’aucune règle d'hygiène n’est observée à bord; le médecin a réclamé parfois et si le capitaine a refusé de l’entendre c’est qu’il savait que son armateur n’avait pas souci de ces sortes de choses.
Aujourd’hui — avec le médecin sanitaire maritime — cet armateur se trouve devant un élément nouveau, instruit, à idées larges, qui sait voir, observer et au besoin écrire, qui possède une profession donnant l’indépendance pour tout dire et pour gagner sa vie librement en dehors de la navigation.
L’armateur ne tient donc pas à introduire sur, ses navires cet élément de plus en plus sélectionné et partant de plus en plus indépendant ; ce n’est pas le rôle sanitaire du médecin qu’il redoute, bien qu’il mettre la chose en avant, mais plutôt le rôle social que le médecin a toujours joué partout où il est passé.
Si en efiet une loi d’hygiène de la marine marchande est jamais votée par le Parlement ce sera à l’instigation - des médecins sanitaires maritimes que nous la devrons.
En résumé nous signalerons les principaux points suivants :
LA PROPHYLAXIE
1" L’institution des médecins sanitaires maritimes doit être conservée et une entente doit intervenir entre le ministère de la Marine et celui de l’Intérieur afin de rendre uniformes les règles présidant à l’embarquement des médecins.
Cette entente aura pour point de départ :
A. Embarquement de docteurs en médecine français sur les navires faisant une navigation française ou algérienne.
5. Embarquement de médecins sanitaires maritimes sur les navires effectuant une navigation internationale.
2° L’ordonnance du 4 août 1819 étant revisée en ce sens, il sera ensuite nécessaire que :
A. Le ministère de la Marine rende réglementaire le matériel médical et chirurgical ainsi que les locaux utiles pour assurer le traitement normal des malades à bord.
B. Le ministère de l’Intérieur obtienne des compagnies de navigation les garanties qui sont indispensables pour que le médecin sanitaire exerce librement son service à bord, dans sa partie sanitaire ; en revanche il attachera à la présence de ce médecin un certain nombre d’avantages. Afin de reconnaître les services ainsi rendus par les médecins sanitaires il sera accordé des primes aux plus méritants d’entre eux.
3° L’organisation médicale et sanitaire du bord étant ainsi constituée il faudra rendre stable la situation de ces médecins afin de les attacher au service et, dans ce but, le ministère de la Marine leur accordera les avantages de retraite donnés aux autres officiers de la marine marchande.
Grâce à ces mesures, nous assurerons le recrutement normal des médecins sanitaires maritimes et nous formerons le corps des médecins de la marine marchande, qui nous permettra de recruter plus tard notre service sanitaire des ports.