IV® GROUPE
I Médecins sanitaires maritimes.
Médecins de la Commission des coffres.
Médecins de l’Inscription maritime.
Médecins de la marine de \ l’Mat.
l Médecins civils exerçant en ) ville.
Médecins des hôpitaux municipaux.
Attributions :
Traitement des malades.
Surveillance du matériel médical.
Conflits entre marins et armateurs.
Accidents du travail.
Attributions ;
Traitement des malades, visite au départ.
Traitement des hospitalisés.
On voit par ce tableau que le personnel médical de la marine marchande présente de nombreuses unités, dont les attributions sont des plus variables. Leurs honoraires le sont également et dans tout ce corps médical, seuls les directeurs de la santé et quelques-uns des médecins sanitaires en Orient ont une solde qui leur permette — relativement — de s’adonner d’une manière exclusive à leurs fonctions. Quant aux autres ils ne reçoivent guère que des vacations ou des indemnités, voire même la simple promesse de récompenses honorifiques. Il n’empêche que ces emplois étant multiples et existant en nombre variable dans tous les ports suivant leur importance, la somme dépensée à la fin de l’année — tant par l’État que par les compagnies de navigation — est très élevée et ne répond pas aux services rendus effectivement.
Joignons à cela que le tout se répète dans chacune de nos colonies et si jamais un ministre curieux cherchait à établir intégralement le budget global du service médical de la marine marchande, il serait effrayé devant le total.
Les Américains — gens essentiellement .pratiques — ont centralisé tous ces services, les ont confiés à un même corps et ils ont obtenu de la sorte un organisme moins coûteux et d’un fonctionnement plus parfait.
Il nous est possible de les imiter et d’avoir même, en les suivant dans cette voie, de meilleurs résultats qu’eux.
l’organisation du service sanitaire et médical 311
car nous pouvons créer notre système en prenant pour point de départ le médecin sanitaire maritime que ses années de navigation ont tout à la fois familiarisé avec la police sanitaire maritime, le traitement des matelots, la pathologie exotique et la connaissance des langues étrangères.
Pour créer notre nouveau personnel il suffirait d'une entente entre les ministères de l'Intérieur, de la Marine et des Affaires étrangères et éventuellement le ministère des Colonies si l’organisation devait être étendue — comme elle l’est en Amérique — aux pays d’outre-mer.
Au point de vue budgétaire, un semblable système est-il réalisable? Bien que nous n'ayons en ces matières qu’une compétence limitée il nous paraît que la création proposée ne saurait souffrir de difficultés insurmontables, ni susciter de nouvelles charges au Trésor. Les sommes actuellement dépensées proviennent de sources diverses: il suffirait de les centraliser, comme le personnel, pour obtenir l'argent nécessaire au nouveau fonctionnement et même pour réaliser des économies sur le système actuel. Les sources qui alimentent le service sanitaire et médical de la marine marchande sont les suivantes :
Appointements du personnel sanitaire maritime.
■Soldes des médecins de VInscription maritime.
Vacations des médecins de l’émigration.
Vacations de la Commission des coffres.
Soldes des médecins sanitaires maritimes.
Honoraires des médecins civils p>our les visites ait départ ou le traitement des malades à bord.
Frais de traitement dans les hôpitaux municipaux.
De ces sommes, les unes sont payées parle Gouvernement — qui les perçoit lui-même sous formes de droits — les autres sont acquittées par les compagnies de navigation françaises ou étrangères. Si des difficultés se rencontrent pour la perception de ces revenus divers il serait peut-être possible
d’adopter le système américain qui consiste à prélever une taxe par homme embarqué et par année et de décharger les compagnies de tout traitement à riiôpital. Avec l’ensemble de ces taxes les États-Unis assurent eux-mêmes tout le service médical de la marine marchande.
Aurons-nous besoin de bâtisses nombreuses ? De ce côtélà non plus il ne saurait y avoir de graves difficultés. Pas n’est besoin de construire des hôpitaux spéciaux — tout au moins dans les ports de seconde importance ; — presque partout il suffira d’installer un système analogue à celui employé par le ministère de la Guerre. Dans chaque hôpital des ports il y aurait un pavillon maritime comme il y a déjà un pavillon militaire ; un marché serait passé avec la municipalité qui, pour une indemnité journalière et par malade hospitalisé, fournirait le bâtiment, les médicaments et la nourriture. Le pavillon d’isolement annexé à ces salles maritimes constituerait, en cas de besoin, un lazaret parfait et toujours en état de fonctionner.
La seule dépense en bâtiments exigerait l’installation en un endroit central du port d’un local pour la consultation externe des matelots.
Quant à notre législation actuelle elle comprend déjà dans son essence tout ce qui est nécessaire à cette nouvelle organisation. Des modifications seraient à introduire dans les textes suivants : règlement de police sanitaire maritime, loi d’émigration, ordonnance de 1819 sur le service médical à bord, réglementation visant le traitement des marins du commerce, loi sur les accidents dü travail du personnel de la marine marchande.
Il faudrait en outre que les nombreuses commissions maritimes relatives à la marine marchande comprennent désormais un représentant du nouveau corps parmi leurs membres. Citons au nombre de ces commissions :
Conseil supérieur de la marine marchande.
l’organisation du service sanitaire et médical 313
Commission de réception des paquebots-poste.
Commission permanente de surveillance des paquebots poste.
Commission de surveillance des bateaux naviguant sur mer.
Commission des engins de sauvetage.
Le jour où. le législateur aura ajouté à cet ensemble de modifications une loi d’hygiène de la marine marchande il aura achevé de créer de toutes pièces Y organisation sanitaire et médicale de la marine marchande française telle que nous la concevons.
TABLE DES MATIÈRES
Préface.