SCÈNE V
FRONTIN, seul, avec la robe de chambre sur les bras.
— Plaît-il? — Eh ? — Qu’est ceci? — Voyons, ami Frontin, Réfléchissons un peu; c’est grave! — Hum! — Ce matin, Géronte, après t’avoir bàtonné, d’importance,
Te chasse de chez lui; — très-bien! — Toi, tu commence A faire ton paquet; — bon! — Géronte, à l’instant,
Te rappelle; — tu crois le trouver mécontent?
— Point! — Il est plein d’égards et de délicatesse!..
— Quel âge as-tu?
(Riant.)
Malgré toute ta politesse,
Dans son dos, il te fait bailler un coup de poing!
Tu l’assommes, il rit et ne se fâche point!
(ün silence. — Regardant l'anneau de Géronte.)
Sa folie a du charme et le rend fort bon diable!..
— 11 est divertissant!.. Oui ! — mais, c’est effroyable De penser qu’il pourrait reprendre sa raison!
— Tout pesé, j’aurais dû quitter cette maison!..
(Pause.)
— Hélas! que je faisais, autrefois, bonne chère Lorsque j’étais laquais chez le seigneur Valère!..
— Quel maître! quel grand cœur ! — toujours ivre à demi !
Ne comptant jamais l ien ! — Ah ! — Frontin, mon ami ! Pourquoi ta main, — ta main, jusqu’alors sans reproches, — S’cgara-t-olle un jour dans le fond de ses poches?
— Il m’a chassé, l’ingrat !..
fil soupire, et touille dans les poches de la robe de chambre que Géronte vient de quitter.)