FRONTIN, ISABELLE
ISABELLE, à elle-même.
— Agissons!
(a Frontin.)
— Frontin ! — dis, m’aimes-tu, Comme un père aimerait son enfant?
FRONTIN, de franc cœur.
— Je le jure !
ISABELLE, avec joie.
— Merci, mon bon Frontin! — merci! — J’élais bien sûre...
FRONTIN, »e reprenaul.
— Comme un père, c’est vrai!., mais, je vous aime aussi .. D'amour!..
ISABELLE, stupéfaite.
— D’amour?
FRONTIN, un peu troublé, avec un sourire houteui.
— Oui!
ISABELLE, eu riant.
— Toi?., n’est-ce pas... tout ceci
N’est qu’un jeu ?..
FRONTIN, sérieusement.
— Mais, du tout !..
ISABELLE, riant aui éclair.
— Pauvre Frontin 1.. il m’aime! ! !
(Tournant Frontin vers la glace.)
— Regarde en ce miroir, vieux fat, et l is, toi-même !
(Frontin ne se trouve pas déjà si mal.)
— A ton âge, peux-tu penser à moi, vaurien?
(Frontin devient triste.)
— Oh! ne t’attriste pas !
(Avec amitié.)
Mon ami... tu sais bien,
Quand j’étais tout enfant, et qu’à la promenade,
Nous allions, tous les deux, — Frontin, mon camarade.
Me portait, dans ses bras, — se mêlait à mes jeux,
Me prêtait ses genoux 1 . Quand je disais : — Je veux.
Il faisait, pour calmer ma colère enfantine,
Mes quatre volontés! — mais, aussi, la mutine L’aimait bien ! — Si, le soir, on te querellait, moi,
Je dérobais des vins, des conserves pour toi 1
— Que de sirops!., de fruits 1 — dis, quelle friandise A jamais refusé ta vieille gourmandise?..
— T’en souvient-il ?..
FRONTIN, avec mélancolie.
— Hélas 1 — depuis lors, mes cheveux
Ont grisonné!..
ISABELLE, câliné.
— Ce soir, mon bon Frontin, je veux