SCÈNE II
' LE COMTE, seul.
Ah ! les maîtres ont beau faire, ils seront toujours dupés par leurs gens ! Eh ! pardieu, pourquoi ne nous servons-nous pas nous-mêmes, plutôt que de réchauffer à notre foyer cette race maudite de serpents corrompus et gourmands! Les mâles boivent notre vin; les femelles perdent nos femmes ! La camériste la plus recommandée est souvent la plus dangereuse. Ne doit-elle pas ses meilleurs certificats aux intrigues galantes qu’elle a su bien conduire? Ah ! ma tante de Norlac m.’a fait làun joli cadeau de noces ! Dans l’exercice de ses fonctions, mademoiselle Ma-
riette se sera composé un recueil de morale facile et delibertinage musqué. Et, vrai Fron tin en jupons, quand elle sert d’honnêtes femmes, elle met à leur service les fruits de sa pernicieuse expérience. Heureusement me voilà averti à temps. Eva est une enfant qui ne peut pas avoir encore d’elle-même l’idée de s’insurger. Vertines est un vieux garçon... en herbe qui ne peut réussir qu’à l’aide d’intelligence dans la place. Plus de Mariefle, plus de danger ; et dans cinq minutes, il n’y aura plus de Mariette, et dans dix, je serai chez la baronnede Milia...