SCÈNE XII
LOUISE, GILBKRTE”
liilhrrlf iV»'. redressée, s’est levée, a passé derrière le piano et *p trodte on face de an sœur qui rn sortir à gauche.
GILBKRTE.
Où vas- in?
• r.illiorlr, Sari or y s, Louise.
’* f.lltiertc, Louise.
A CT K THOISIÈME
LOUISE
Clucrchcr un li\rc que Georges mo demande cl qu’il a laissé dans la chambre.
GILBEllTE.
Georges attendrir son livre. (Louise »'nrréle et recule étonnée d*‘ ce ton et du regard de Gilbert*?.) Amsi, CO mariage... Tu IV*
fuses?..
LOUISE
Mais... oui, je refuse.
GILBEUTE.
Ah ! El cVst pour continuer à veiller sur noire bonheur à tous les deux ?
LOUISE
Gilberte !
G I L 11 E H T E, descendant.
Eh vérité, cela esi fort méritoire... et je dois l’en remercier ; ce que je te reptoçlicrai cependant, c'cst de ne pas avoir également partagé les soins... entre nous deux... cl de t’être occupée de l’un plus volontiers que de l’autre.
LOUI SE, qui est descendue aussi.
Mou Dieu!...
UltBBRTB.
Tu l’es occupée de mon mari... tu t’es o a upée de mon enfant... mais moi?... Tu m’as un. peu négligée, moi... et lu as eu toit... car si lu avais l>icn n gardé, tu aurais vu que de tous les dangers qui pouvaient menacer celte maison que lu t’étais chargée de défendre, le [dus grave assurément était de mou côté.
LOUISE
Je ne te comprends pas.
GILBERTE
Il y a une heure, monsieur de Valréas était ici... prés de
moi, me jurant qu'il m'aimait... Je lui disais, moi, que je ne J’aimais pas ..
LOUISE
Eh bien?...
G1LBEBTK.
Cela n’était pas vrai ; je l’aime.
• LOUISE
Ali!
01 LBEBTE.
Votlà ce que tu n’avais pas vu, ma sœur... et ce que lu ' aurais dù voir cependant, si tu l’avais bien rempli, ce rôle accepté par loi avec une si héroïque abnégation.
LOUISE
Gilberte !
Cl I.BEBTE.
Mais peut-être que le trop d’attention que lu apportais d’un côté l’empêchait de regarder de l’autre.
LOUISE
Ce que lu viens de dire., que tu aimes monsieur de Valréas, cela n’est pas? .
UILUEB^E.
Cela est: il y a deux mois, co'a n’était pas... mais, pendant ces deux mois, bien des choses se sont passées... Cet amour a eu le temps de uaitre et de grandir. Ce qui d’ahord n’était qu’un jeu a eu le temps de devenir un danger, un danger tellement sérieux que, voyant que décidément lu no songeais pas du tout à me sauver, j’ai essayé de me sauver moi- même. Mon mari, mon enfant !.. J’ai voulu revcniràeix... c’était le meilleur moyen, n 'est-ce pas?... Mais mon enfant n'était plus à moi... Entre lui et moi toi. loi toujours !..
LOUISE
Je partirai, Gilberte, je partirai !...