ACTE TROISIÈME
G1LITE RTE.
Tu m’as pris mon enfant, cl quant à mon mari...
LOUISE
Ton inari?
GII. B K HT K.
Sais-tu qu’en te voyant là près Je lui, en me rappelant le passé, en réunissant mes soupçons d’autrefois à mes soupçons d'aujourd’hui ?..
LOUISE
Tes soupçons?...
GILBERT K
Allons, c’.st bien ! ne me force pas. à dire ce que je ne veux pas...
LOUISE
Eh ! dis-le donc, ce mol qui le brûle les lèvres. . Ton mari, il y a quatre ans, je l'aimais, n’cst-ce pas ?
GII.RERTE.
Mais...
LOUISE
Eh bien I oui, je l'aimais.
GILBBRTE.
Ah!
LOU I SE
Mais lui, c’était toi qu’il aimait! Alors, croyant que ton bonheur, à loi, serait dans cet amour, j’ai pris moi-méme sa main cl je l’ai mise dans la tienne, et je l'aimais ! Pour que lien ne t’cmpèchàt de consentir à ce mariage, j’ai faitscm- ’blant d’ôlrc gaie... j’ai dit que je n’aimais pas... et cependant, oui, au moment Où je me sacrifiais ainsi pour vous deux... oui, je l'aimais I
GILBERT E
Et du jour au lendemain, n’est-ce pas, cet amour a disparu ?...
LOUISE
Non, pas du jour au lendemain ..J’ai souffeil longtemps, très-longtemps, et peut-être que ces souffrances, peut-être qne les eft'orts que j'ai dû faire pour triompher de moi méri-
laicnl une récompense autre que celle... Mais tu as donc tout oublié... et tes instances si souvent répétées pour me décider à venir vivre auprès de vous... et l’étonnement que te causaient mes refus?.. Tu as donc oublié que. moi, je refusais toujours ?
GILBERTE
Mais tu as fini par consentir.
Parce qu’alors j’étais sûre de moi, parce que je n’aimais plus.
GILBERTE
Ou parce qu’alors lu pensais que le moment était mieux choisi.
LOUISE
Gilberte... ce n’est pas loi qui parles ainsi ?..
GILBERTE
Oui, oui, c’est moi.
LOUISE
A quel épouvantable sentiment es-tu' en proie pour qu’il te vienne de pareilles pensées?.. Voyons... rappelle-loi, est-ce que je voulais venir, moi ? Cette fois comme les autres, eslcc que je ne refusais pas ? Est-ce que ce n’est pas toi qui a voulu ?...
GII.RERTB*.
Ah ! comipe tu as bien su me faire vouloir ce qun lu voulais !.. Comme tu es habile, ma sœur, et comme je ne suis, moi, qu’un enfant près de loi !... Comme lu savais bien ce que lu faisais, quand, après nous avoirmariés tous les deux, après t'étre Sacrifiée pour nous, lu refusais tous les mariages que l’on le proposait à toi... cl comme il t’a suffi d’un instant pour reprendre tout ce que tu le vantais de m'avoir donné... Comme il est bien & toi, maintenant !
L O (JI S F, t’-pouvantée.
Je partirai, Gilberte, je partirai!
* Louise, Gilberte.
ACTH TROISIÈME
<; il ni; h te.
Tu partiras... vraiment!... Encore te sacrifier!* non, ma sueur, ce n'est pas loi qui partiras LOUISE.
Comment?..