ACTE OUATRIEMH
SAP.TORVS.
Il s'agil de volro fortune.
G ILBERTE.
De ma l'orluno?...
SARTORYS
Oui... de votre dot... Cet argent que vous avez renvoyé, il faut que vous le repreniez. Je ne veux pas que vous soyez exposée à...
fil LUE RTF.
J'ai ri^pondu drjà...
Je sais... je sais... il faudra capendant...
GILBERTE
Non, vous dis-je, je ne reprendrai rien...
SARTORYS
Me forcerez-vous donc à vous donner une autre rai-^on V
(Gilberte le regarde d'un air effr.nyé.) Je HO XCHX pas que nion flls
ait un sou de cette fortuno .. Je ne veux pas... vous entendez.
Ah!
SA RTOK V S.
Et comme il ne faliail pas qu'une autre personu;; eût à vous dire... je suis venu moi-même... et je vous laisse ceci.
Il dépose un pli car'iolé sur le guéridon et fait un pas pour sortir. GILBERTE.
Vous partez ?
SARTORYS
Oui, maintenant que lout est terminé comme je le voulais...
GII. BERTE.
Vous allez vous battre?...
SARTORYS
0 li C'rte<, je vais me hatire... El je vous jure bien i[Ue si
142 FKOUFUUU
j'avais ou assez de force pour venir plus lot... Vous n'en doutez pas, je suppose?...
GILBERTE
Vous battre!... à cause de moi... Deux liommes s'entreluer... à cause de moi, Froufrou !... Est-ce que cela est possible?... Songez donc, Froufrou!... des fêtes, des chiffons... toute ma vie était là... C'est pour cela que j'étais faite... pour cela seulement. Qui donc m'a jetée au milieu de ces choses, si terriblement sérieuses et qui m'épouvantent! (ii veut sortir, elle l'arrête.*) Vous ne VOUS battrez pas!... Un liommc comme vous se battre à cause d'une femme comme moi I... Voyez-vous, vous m'avez toujours placée beaucoup plus haut qu'il ne fallait... Je m'en apercevais bien... et je ne disais rien... j'avais tort. Mais je ne vous laisserai pas aller jusqu'à tuer un homme... Non, je ne veux pas!... je ne veux pas !.. Ah ! je n'oublie rien... mon Dieu! Ce que j'ai fait, je pourrais dire cependant que je ne l'ai fait que dans un moment de folie... Celte scène avec Louise... Ah! je sais maintenant que j'avais icrl et j'en demande pardon... Pourtant, si cette scène n'avait pas eu lieu, moi, je n'aurais pas... Mais je ne veux pas chercher à me défendre... Vous devez vous venger... Oui, je le comprends... Vengez-vous donc, mais autrement... Vous battre?... non... quant à cela, je vous l'ai dit, je ne veux pas!... Mais n'est-il pas d'autres moyens de satisfaire votre honneur?...
SAUTOR YS.
Mon lionneur !...
GILBERTE
Le monde!... Mais vous savez bien que, quoi que vous puissiez faire, le monde ne doutera jamais de votre cour.ge.
SARTO RVS.
.Vil ! vous vous trompez bien si vous croyez que c'est de * Sartorys, Gill)erlu.
AT, TE OUATUŒMI-: 143
mon lionnour qu'il s'agit maintonant, et qtio je m'occupe un instant de ce que le monde a pu penser de votre faule et de ce qu'il pourra penser de ma vengeance!... Je ne suis pas un mari qui vient tuer l'amant de sa femme... Je vous aimais; vous m'avez trahi parce que vous en aimiez un autre... et je vais essayer de tuer cet auîre. Voilà tout. Cela est net.
11 so dirige vers la porto.
G ILBERTE.
Non, non... je ne veux pas... Moi seule je suis coupable! Écrasez-moi... mais moi, moi seule !...
Ellfi sn cramponne à lui. Il essayo de so dégager. S ART OR Y S.
Laissez-moi...
GILUERTE.
Quelle vengeance vous faut-il?... Voulez-vous que, moi, jo disparaisse?... Ah! je ne parle pas de mourir... Je n'en aurais pas le courage... mais il y a des couvents... Tenez... tout près d'ici, justpment, il y en a un.... Plusieurs fois, en passant devant, j'en ai regardé la porte. J'y puis aller frap- [>er... Vous-même vous pourrez m'y conduire... Celle porto retombera sur moi... et jamais, plus jamais, l'on n'entendra parler de la femme qui vous a offensé.
SAUT OR Y s, cssiiyant toujours de se dégager.
Voyons... je vous ai dit...
GILRERTE.
N'est-ce pas assez, cela... mon Dieu ! Si ce n'est pas assez, cherchez un autre châtiment... J'accepie toul. Oui, tout, vous entendez... Mais ne me condamnez pas h vivre avec celle horrible pensée ({u'un homme est mort à cause di! moi !...
SARTORYS, essuyant d'écarter los doigts de Gilberte.
Tout cela est iniuile...
CI LIîEUTK.
l*ar grâce. . par pitié! ..
? \RTOR YS.
Non !
GIT.DERTE.
Henri...
.SARTOrSVS, cherclmnt à so tlpljnrrassor d'elle par la force.
Ah!
GILBiîRTE, folle , monrnnte.
N'y vi pas, je t'aimerai !...
SAUTOR vs.
Ah ! ah !
Elle s'est évanouie en tenant tonjoirs les moins de son mari Celui- ci fait quelques pas avec elle; il finit enfin par écarter les doigts crispés de Gilberte. Celle-ci alors tombe sur le canapé. Sartorys va pour sortir. Au fond de la scJne il s'arrê'.e, revient, regarde Gilberte évanouie et pendant quelques instants demeure éperdu. La baronne paraît sur le seuil de la porte. Sartorys alors, sans rien dire, lui montre Gilberte et sort.
LA BARONXE.
Gilberte!... Gilberte!...