ACTE nUATRIÈAIl
LA BARONNE
Calmez-vous !
GILBERTE, se levant.
11 est allé se batlre... (Regard de la baronne^ Il nie l'a dil !
LA BARONNE
Ah!
GILBE RTE.
Je voux aller... Je veux empêcher...
LA BARONNE
Aller OÙ ?. . vous ne savez pas...
GILBERTE
Je Irouverai...
LA BARONNE
Et quand même vous trouveriez... Non... restez ici... Je comprends maintenant; monsieur de Cambri savait tout... il a voulu que je fusse près de vous... 11 a bien fait.
Je vous en prie... laissfz-moi...
Non !... .lo ne vous laisserai pas sortir...
Elle la fait asseoir sur le fauteuil.
i.I I. BERTE.
Mais que faire alors?
LA BARONNE
Ailondrc... Monsieur de Cambri viendra tout à l'heure.
GILBERTE
Attendre ?
LA BARONNE
Oui.
GILBERTE
Ah '
lU
LA BARONNE
Ce n'est qu'un duel, aprj» touL... Combien en avons-nous déjà vu de duels !... eijamais...
GILBERTE
Oh! mais relui-là... (Frappée d'une idée). Ah!
Elle se lève.
Quoi donc ?
GILBERTE, marcliant agitée.
Il ne se défendra pas!... j'en suis sûre... Pourquoi tout à l'heure n'ai-jepas dit qu'il ne se défendrait pas?... C'est cela (|u'il fallait dire... Si j'avais dit cela, il n'y aurait pas eu de duel !...
Elle rencontre une chaise, et machinalement la traîne (l>"rritTe elle. LA BARONNE.
Gilhcrie !
GILBERTE, se laissant tomber sur la chaise. La baronne se meta genoux devant Gilberte et l'embrasse.
Mon Dieu ! être lA... inutile... attendre... et ne pouvoir
faire autre cllOSe qu'attendre! (Grand silence prolongé autant qu'il
est possible.) Il y a irois mois tout au plus... vous rappelozvous?... dans je ne sais quel petit théâtre... on avait réuni les deux avant-scènes... et nous étions là, avec la comtesse Ismaïl et Mme de Lauwereins... Nous étions là toutes les quatre... en rang... et l'on nous rf'gardait... Tout à coup dans un entr'acte... sans aucune raison... je me suis mise à rire et à battre des mains en disant: i Comme je m'amuse!... Comme je suis heureusf! » Vous ne vous rappelle pas ?. ..
SI fait.
* Gilberte, l,i baronne.
LA BARONNE