‹ Froufrou (volume 2)Chapitre 61 sur 168 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

GILBERTE

Eh bien ?

LA BARONNE

Huml.. voilà qui ne me salisfait pas. Trop de sérieux sur ce joli front; beaucoup trop de sérieux.

GILBERTE

C'est cela qui vous inquiète?

LA BARONNE

C'est très-mauvais signe, le sérieux, chez les personnes qui n'en ont pas l'habitude... Ce qui m'inquiète surtout, c'est qu'il ne m'est pas très-ditTicile de deviner le motif....

GILBERTE

Oh ! vous vous trompez... .

LA BARONNE

Je me trompe....

GILBERTE

Oui, je vous assure....

LA BARONNE

Tant mieux si je me trompe vraiment, et si certain écervclé de ma connaissance, nommé Valiéas, n'est pour rien....

GILBERTE

Monsieur de Valréas?

LA BARONNE

Non?

GILBERTE

Eh bien ! si fait, c'est de lui qu'il s'agit.

LA BARONNE

Vo\on?, Gilberfe, voyons...

C'est de lui qu'il s'agit, maia vous vous trompez fort si vous vous imaginezqu'il iaille craindre... Dans un instant, sans

doute, je pourrai vous prouver.... (Entre le domestique apportant une lettre.) C'cst la répOnSG ?

LE DOMESTIQUE

Oui, madame.

GILBERTE

Ah !.. (Le domestique sort. Gilierle après ayoir lu, tend la lettre à la baronne.) Tenez...

LA. BARONNE, lisant.

« Vous m'ordonnez de partir, je partirai ce soir. »

GILBERTE

Vous voyez bien !

LA BARONNE

Je vois... je vois que le mal est bien plus grand encore que je ne supposais. Pour qu'il vous envoie une pareille réponse, il faut que vous lui ayez écrit, vous, une lettre....

GILBERTE

Une lettre dans laquelle je lui ordonnais de partir, nalurollement.

LA BARONNE

Dans laquelle vous lui ordonniez de!... Voilà oîi vous en êtes!.. Voyons, Gilberte, voyons..., Ah! vous vous rappelez comme cela m'a amusée dans les commencements, pendant ces répétitions, il y a combien?... deux mois. Tanlque j'ai pu croire que ce n'était là qu'un jeu, une façon agréable de passer le temps... Est-ce que je pouvais supposer, moi?... Je croyais avoir affaire à une femme raisonnable.... à'une femme comme moi... parce que, moi, voyez-vous, si l'on venait me parler d'aimer sérieusement un autre homme que monsieur de Cambri, ce serait absolument comme si, après avoir reçu cinquante coups de bâton par devoir, on venait me proposer d'en recevoir cinquante autres par pbùsir... Voilà mes principes!.. Qui ciîtpu deviner que ces principes n'étaient pas les vôtres?., qui eût pu deviner surtout que ce Valréas, ce charmant garçon, cetamoureux pour rire, s'aviserait d'inspirer un sentiment réel, et de devenir... je ne dis pas dangereux...

G ILBERTE , souriant.

Vous pourriez le dire...

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