‹ Froufrou (volume 2)Chapitre 71 sur 168 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

bien inutile que moi... Il me parle comme à une enfant, ou comme à une maîtresse...

BRI G A RD, tapotant sur le piano.

Très-gentil, très-gentil!...

GILBERTE, ne pouvant plus se contenir et fondant en larmes.

Ah!...

BRIG.\RD, stupéfait, se levant,

Eli! mais... des larmes?.., qu'est-ce que cela veut dire, Gilbcrie, qu'est-ce que cela veut dire?...

GILBERTE

Non, mon père, non...

BRIGARD

Qu'arrive-l-il, voyons?... rien de grave, sans doute; quand même ce serait grave, est-ce que je ne suis pas là, moi, ton père ?

GILBERTE *

Ah!

BRIGARD

Comment... ah! il ne faut pas dire : ah ! Je sais bien que par-ci par-là j'ai pu te paraître un peu... et puis ces diables de cheveux... mais, sac-à-papier, tout cela n'empêche pas

que je ne sois un père, après tout... (Entre Pauline apportant la

toque.) et comme père...

PAULINE**

Est-ce cela, madame ?

GILBERTE

Qu'est-ce que c'est?... Ah! oui, c'est cela... (Eiio prend in

toque et la donne à son pure.) TenCZ, VOllà ce qUC VOUS mavez

demandé...

* Giiberte, Brigard.

** Pauline, Giiberte, Brigard.

BRI GARD, tenant la toque d'un air très-embarrassé.

Comme père... Oui, c'est cela, merci... (Reprenant son air grave). Commc pèfo...

r. ILBERTE.

Eh bien!... qu'avez-vous ? N'est-ce pas là ce que vous vouliez ?

BRIGARD

Si fait, mais...

GILBERTE, souriant malgré elle,

Mais?...

BRI GARD, prenant son parti.

Enfin, ce n'est pas de cela qu'il s'agit maintenant... (Rendant la toque à Pauline). Faites, jo VOUS prie, porter dans ma voiture... (Pauline sort.) Le diable m'emporte, il ne sera pas dit que je n'aurai pas joué mon rôle de père une fois dans ma vie... Viens ici, fillette, et, très-résolûmcnt, dis-moi pourquoi tu pleurais tout à l'heure?

GILBERTE, qui s'est levée.

Mais pour rien, mon père.

BRIGARD

Pour rien?...

On a des jours comme cela, vous savez...

BRIGARD

Oui, je sais... il y a des moments, et moi-même quelcpiefois... pas souvent... mais enfin, au milieu de tout çn, il y a quelque chose de sérieux, fillette, c'est i'affecli{>n que j'ai pour toi ; tu n'en doutes pas, je pense, et si tu avais besoin d'un guide, d'un soutien, tu n'hésiterais pas... hum! Ricr. vraiment?... ces larmes? une petite contrariété sans importance?... les nerfs... oui, n'est-ce pas? J'en étais siir, alors

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