CII.BERTE
Eli l)i('n !. . qu'avcz-vous ■? N'esl-cc pas là ce que vous vouliez ?
BIIIGAUD.
Si fait, mais...
GII.BF. RTE, souriant mal-ré elle
iMais?...
BRI G ART), prenant son parti.
Enfin, ce n'est pas de cola qu'il s'agit maintenant... (uoua.iiit la tu(iac à Pauline). Faitcs, jo VOUS prie, portCF dans ma voiture... (Pauline sort.) Le diable m'emporte, il ne sera pas dit que je n'aurai pas joué mon rôle de père une l'ois dans ma vie... Viens ici, fillette, et, très-rcisok'iincnt. dis-moi pourquoi tu pleurais tout à l'heure?
GlLBKRTli, qui s'c-st levée.
Mais pour ri'Mi, mon pArc.
P>Mir rien ?. ..
On a des jours comme cela, vous savez...
BRIGARD
Oui, je sais.,, il y a' d:;s moments, el moi-même quelipietois... pas souvent... mais enfin, an milieu de tout ça, il y a ([uelque chose de sérieux, fillette, c'est l'afrectic-u que j'ai pour toi ; tu n'en doutes pas, je pense, el si tu avais besoin <rnn guide, d'un soutien, tu n'hésiterais pas... lium! Rien vi'aimenl ■?... ces larmes? une petite contrariété sans importance'?... les nerfs... oui, n'est-ce pas? .l'en étais sûr, alors
ACTH TUOISIKME 103
il n'y a plus besoin de penser h loi... n'y pensons plus, linibrasse-moi, oL inainlenant...
GILBEUTE.
Maintenant ?...
lîRIGARO.
rarlons de mademoiselle Louise. Je ne serais pas fâcht^ de m'occuper un peu d'elle aussi, pcndmt que je suis en train !...
(HLIJEUTK.
Louise !
BRIG.\RD, s'asseyant dans le faulciiil A droite du guéridon.
M. de Yillaroel vient souvent ici, n'rst-ce pas ?
GILBERTE
M. de Villaroël ?
BR IGARD.
Oui.
(ilLBEKTi;.
Il vient., assez souvent.
BRI GARD
Très-souvent?
GILBERTE, souriant.
Je veux biea...
BRIGARD
El tu n'as rien suppose?...
GILBERTE
Que voulez-vous que j'aie supposé?... Qu'il nie liisait l'honneur de ttic trouver jolie...
BRI GARD, riant.
Et qu'il 6[a.\i amoureux de toi?... Oh! je ne peux pas l'en vouloir... je l'ai cru comme toi... (se levant). C'est une chose dont je ne peux j'as me corriger, moi; dès que j'en-
mi FROUFROU
lemJs raconter que quelqu'un Cailla cour à l'une de mes filles, je n'iicsile pas, je me dis : c'csl à Gilberte.
GILBERTE
Eli bien ?...
BRIG AUU.
Eh bien ! j'ai lorl... Cela est d'un mauvais père... Car enfin j'ai deux filles el il scrail de mon devoir de supjioser que de Icuii'S à autre... C'est justement ce qui arrive celle foisci... J'ai reçu tout à l'heure la visite de monsieurdeVilhirocl... Ce n'est pas du tout pour toi qu'il vient ici tous les jours... c'est pour Louise...
GILBERT E, avec joie.
Pour Louise !
BRIGAUl), aUaiit s'asseoir sur le canapé.
Oui, il l'aime et il est venu me demander sa main
GILBERTE, s'asseyant sur ses genoux.
Ah I... petit père .. (Elle l'embrasse ) Ah ! quc je suis coulente!.. Vous ne pouvez pas savoir comme je suis... .Monsieur de Villaroël... il n'y a vraiment aucune bonne rai^on à donner ])Our refuser un pareil mariage. /