AVANT -PROPOS
Celte Encyclopédie a pour caractéristique que les Monographies qui la composent sont poinçonnées aux Colonies.
En parcourant nos Possessions coloniales et, de façon générale, les Pays de Zone tropicale, nous nous rendons mieux compte, chaque année, de tout ce qu’ont encore de rudimentaire les procédés de « Production », d’ « Exploitation » et de « Fabrication ». C’est parmi les Travailleurs européens et indigènes que nous glanons nos documents, groupant aussi simplement que possible les desiderata nombreux, afin de mettre en évidence les innovations et les perfectionnements qui s’imposent.
Aux Colonies, la meilleure main-d’œuvre est celle de l’Ingénieur, du praticien consciencieux qui, en outre d'une technique approfondie, connaît et apprécie l’ouvrier à quelque race qu’il appartienne. Il le considère comme un compagnon, un collaborateur, sait
l’intéresser à l’œuvre et obtenir le maximum de rendement.
Le jour où nous aurons développé chez llndigène les connaissances et le goût de l’Artisan, nous aurons fait faire un grand pas à la Civilisation. Peut-être admettra-t-on, alors, que les Commerçants, les Industriels et les Planteurs jouent, chaque jour, un rôle insoupçonné dans ce qu’on est convenu d’appeler la Conquête 'pacifique. Leur tache s’accomplit sans bruit, sans fracas, sans réclame tapageuse. Les résultats n’en sont que plus remarquables et de haute portée morale.
On ne saurait trop admirer ces pionniers modestes de la Civilisation qui, tout en exposant leurs capitaux et ne comptant que sur eux-mêmes , risquent leur vie. Ils tombent au champ d’honneur, pour eux le champ d’oubli. Nul ne s’occupera ni de la veuve, ni des orphelins; pourtant chez eux aussi, les jeunes entrent dans la carrière !...
Paul HUBERT.