‹ Fruits des pays chaudsChapitre 77 sur 152 · C. — Commerce · texte numérisé non relu

C. — Commerce

En Haïti, les grenadilles sont vendues de 0 fr. 15 à 0 fr. 25 pièce; les fruits sont oblongs, de 0m,20 de longueur sur 0m,10 de largeur; leur poids peut parfois atteindre 1 kilogramme.

On a tenté de transporter ce fruit d’Australie en Europe, mais les essais n’ont pas été heureux. Les grenadilles sont arrivées ridées et invendables.

Jacquier

Artocarpus integrifolia Famille des Moracées (Tribu des Artocarpées

PLANTES DE MEME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Arbre à pain, Artocarpus incisa , p. 346.

Figuier, Ficus carica , p. 243.

Mûriers, Morus , p. 265.

Historique et généralités. — On peut également écrire jaquier. 11 est originaire des Indes orientales. Un autre jacquier, dont nous parlons également ici, Y Artocarpus

Pohjphema, est originaire de la Malaisie et de la Cochinchine. Le jacquier est moins important que l’arbre à Artocarpus incisa. Dans certains pays, on l’appelle Pain de singe , nom également donnéaux fruits du baobab, page 480.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Asie. — Aux Indes orientales, il est dit tsjaka entelingua, pannas en hindoustani, pilam marnm en tamoul, Kantal en bengali, nangka en malais, pocusa en sanscrit, et ambi à Ternate; pèlapolan dans certaines castes, cata-harlh. Calcutta; dans cette région, la partie comestible dujacque est dite cata-harla è Koa. En Cochinchine, on cultive plusieurs variétés de jacquiers; cet arbre y est connu sous les noms de bat la mat ou de cay mit ou mit , ou de cay mit it par les Annamites. L 'Artocarpus Poly phema , qui est originaire de la Cochinchine, est appelé mit-nai parles Annamites; il mûrit en avril et en mai.

En Indo-Chine, on cultive V Artocarpus Polyphema, dont les fruits sont plus petits et meilleurs que ceux du jacquier ordinaire. Cet Artocarpus est dénommé nangka berrit en soudanais et champadak en malais. Les Annamites disent mitnai. Au Siam, il porte le nom d 'ajaque.

Le jacquier est très répandu dans toute Llndo-Chine où, sous le nom générique de mitp\ y a lieu de distinguer trois arbres :

Le mit mat , qui s’élève parfois très haut, mais qui n’atteint jamais plus de 4 mètres au-dessous des maîtresses branches. Bien qu’il soit réputé malsain, on le plante dans les jardins ; il se trouve aussi dans les forets. — Son bois jaune foncé est d’excellente qualité.

JACQUIER

Fig. 180. — Jacquier.

Dessin : Docteur II. Lenoir

Le mit-giai diffère peu du précédent, mais son fruit a un goût spécial.

Enfin le mit-rùng ou mit nài , Artocarpus Polyphema Person. Espèce sauvage dont le bois est recherché pour l’ébénisterie.

G est le champedak ou Polyphema champeden Loureiro. Son fruit est mangé par les populations de la Malaisie et de l’Annam. Il est rond, petit, renfermant des amandes relativement volumineuses. Ces graines se consomment comme les châtaignes.

Afrique. — A la Réunion, le jacquier est subspontané; on y distingue le jacque sosso.

Nous avons vu de grands jacquiers à Nossi-Bé et, en général, dans toute la parlie nord de Madagascar.

Cet arbre est très répandu au Congo ; on en fait de très belles allées.

Océanie. — Malaisie. — L’ Artocarpus Polyphema est originaire de la Malaisie. Il est dit champadak en malais, nangka herrit en sundanais.

A. — Agronomie

Botanique. — Artocarpus integrifolius Linné; Artocarpus integrifoUa. Tribu des Artocarpées.

P. Sagot a proposé : Artocarpus Tsjacka.

Arbre. — Il est d’un port majestueux et atteint fréquemment 15 mètres déliant; il est donc plus grand que l’arbre à pain; son tronc a de 1 mètre à lm,20 de diamètre. Les branches sont nombreuses, à moelle abondante. L’écorce se crevasse à la base du tronc et les fragments sont d’un rouge rouille. Les extrémités des branches et des feuilles sont prises dans une enveloppe qui tombe quand la feuille s’ouvre.

JACQUIER

Feuilles. — Entières, alternes, souvent incisées dans le jeune âge; cunéiformes, coriaces, plus ou moins ellip-

Fig. 181. — Jacquier (coupe longitudinale). Dessin : Docteur II. Lenoir.

tiq ues, rondes ou ovales; deux fois plus petites que celles de l’arbre à pain ; elles n ont que de 10 à 20 centimètres

de longueur. Leur couleur est d’un beau vert foncé, avec nervures jaunâtres.

Fleurs. — Les fleurs des deux sexes sont sur des inflorescences séparées : plantes monoïques ; les chatons mâles sont caducs, courts, cylindriques, grêles et pédonculés ; ils ont de 5 à 10 centimètres de longueur sur 3 à 4 centimètres de diamètre. Les chatons femelles sont globuleux. Tous sont entourés de deux spathes caduques. Les chatons mâles se trouvent placés aux aisselles des feuilles des jeunes rameaux, tandis que les femelles sont sur le tronc et sur les grosses branches où se forment les fruits.

Beaucoup de fleurs avortent et restent à l’état de filaments; quelques-unes se développent, s’épaississent et deviennent des fruits.

Fruit. — 11 peut mesurer de 50 à 70 centimètres de longueur sur 25 à 40 de largeur. Son poids peut atteindre une dizaine de kilogrammes.

La surface jaunâtre est hérissée de pointes courtes émergeant du milieu d’une petite aréole ; ces aspérités sont insérées chacune sur une petite surface polygonale correspondant à un fruit développé ou à un filament.

Dans les jacqnes, on utilise deux parties: la pulpe charnue et huileuse, provenant de la transformation et de l'épaississement du réceptacle et les graines.

Graines. — Elles sont au nombre d'une cinquantaine, plus ou moins longues, recouvertes d’une pellicule ocreuse et sont enveloppées d’une membrane qui devient cornée; couleur blanchâtre ; elles portent un hile attaché à une enveloppe molle entourant la graine ; un bout est libre, l’autre est pris dans l’extrémité de la gousse qui adhère au réceptacle.

Les filaments constituent les tripes du jacque. Ces filaments et les gousses sont soudés par la hase sur le

JACQUIER

réceptacle, et par le sommet à la peau du fruit ; les filaments et les gousses sont distincts les uns des autres.

Variétés. — On distingue les jacquiers à fruits durs et ceux à fruits mous.

Fig. 182.— Jacquier, (coupe transversale). Dessin : Dr II. Lenoir.

a) Jacquiers à fruits durs. — Les jacques restent adhérents à l’arbre; ils y pourrissent si on ne les cueille pas. A maturité ces fruits restent fermes ; pourtant ils se dépriment légèrement sous la pression de la main. Ils émettent une odeur spéciale quand ils sont mûrs.

b Jacquiers à fruits mous . — Quandles jacques sont mûrs et qu’ils tombent sur le sol, ils s’écrasent. Sous simple pression du doigt, l’écorce se rompt facilement.

Le pédoncule du jacque a une longueur moyenne de

0m,05; il se trouve à l’extrémité d’un rameau fructifère assez court et de fort diamètre, partant du tronc ou des branches de l’arbre ( fig . 183). Ce rameau porte souvent des feuilles et il continue à se développer après l’enlèvement des fruits.

Les jacques des arbres de la première variété se subdivisent en de nombreuses catégories selon leur forme, leur dimension, leur couleur, etc. On peut les ramener à quatre groupes :

1° Le jacque jaune ordinaire. — C’est le plus volumineux; il peut atteindre 0m,80 de long sur 0m,50 de diamètre. Son poids, dans ce cas, est d’environ 40 kilogrammes; son écorce jaunâtre est couverte d'aspérités pointues; l’intérieur est d’un blanc tirant sur le jaune.

2° Jacque rouge. — L’écorce est rougeâtre; elle présente parfois des mamelons, surtout vers la partie supérieure du fruit. L'intérieur est blanchâtre tirant sur le jaune.

3° Jacque b/eu. — Ecorce bleuâtre à aspérités peu prononcées ; pulpe blanche. Son volume peut atteindre celui du jacque jaune ; l'écorce se gerce fréquemment à la pluie.

4° Jacque sirop ou de miel. — C’est ainsi qu’on le dénomme à la Réunion, parce que sa chair est sucrée. Ses gousses sont roses et leur pulpe épaisse.

Habitat; exposition; altitude. — Aux Indes, le jacquier est cultivé jusqu’à 1.000 mètres d’altitude. Pour cet arbre, le climat peut être moins chaud que pour l’arbre à pain.

Il faut une terre légère, riche et profonde, car la racine pivotante est puissante ; pourtant on voit le jacquier, comme à la Réunion, par exemple, croître dans des sols assez pauvres et rocailleux.

Culture. — Le jacquier se propage par graines; la

JACQUIER

semence est placée en terre meuble, à une profondeur de un à deux centimètres; les poquets sont distants de 5 à 10 mètres ; trois graines suffisent par poquet ; en tous cas, on ne laisse qu’un plant de belle venue.

Si l’on craint la sécheresse, les graines sont enfoncées

Fig. 183. — Fructification du jacquier.

Cliché : Missions belges.

jusqu’à 20 centimètres. Parfois les fosses sont en forme de V. Quelle que soit la profondeur de la fosse, on ne recouvre, dès le début, que de 2 centimètres de terre fine.

On peut encore semer en pépinière.

La transplantation se fait par temps pluvieux.

Au niveau de la mer, un jacquier commence à produire dès 1 âge de cinq ans. Un arbre peut fructifier jusqu’à quatre-vingts ans et vivre durant un siècle.

Floraison ; fructification. — En Cochinchine, les fruits mûrissent de septembre à octobre.

A la Réunion, les jacques sont à maturité de juillet à septembre et de novembre à février.

Un jacquier peut donner annuellement de trente à cent fruits.

Ennemis; maladies. — Plusieurs variétés de mouches déposent leurs œufs sur les jeunes fruits. L’ennemi le plus sérieux du jacquier est le Bcitocera rubus, longicorne qui attaque le bois et dont les larves creusent de longues galeries. L’insecte parfait attaque les jeunes fruits. On le combat au moyen d'injections de gaz toxique dans les galeries. Cet insecte est appelé bébête jacque, bébete coco ou taon à la Réunion.

B. — Technique

Composition de feuilles du jacquier d'après M. Bonâme :

Principes bruts

/ Cellulose brute

' Extractifs non azotés

1 Matières grasses

, Matière azotée totale

/ Matières hydrocarbonées. .

Matière grasse

1 Protéine

Azote

Principes alimentaires,

Principe fertilisant. . . .

Coefficient de digestibilité p. 100 55

Rapport nutritif ' 7,1

Valeur pour travail 2,06.

Valeur pour élevage 2,10

Les feuilles seules ne constituent pas un aliment suffisant pour la plupart des animaux. Le coefficient de digestibilité est trop faible et le rapport nutritif trop lâche.

JACQUIER

Il est donc bon d’ajouter des tourteaux de coprah ou d’arachide, si l’on veut atteindre un rapport nutritif suffisant.

Le tableau suivant résume les compositions pour cent des diverses parties du jacque :

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