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C. — Commerce

Les principaux pays exportateurs de gelées et confitures de goyaves sont : Tahiti, les Antilles, l'ile de la Réunion, etc.

On en fait quelques envois de Madère sur l’Angleterre. Ces fruits sont enlevés au prix de 3 francs la douzaine.

Grenadier

Punica Granatum Famille des Myrtacées

PLANTES DE MÊME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Goyavier, Psiclium guayava , p. 491.

Jamelac, Eugenia malaccensis , p. 527.

Jamelongue, Eugenia jambolana, p. 531.

Pomme-Rose, Eugenia jambos, p. 618.

GRENADIER

Fio. 176. — Grenade (?/3 grandeur naturelle). Dessin : Dr H. Lenoir.

Historique et généralités. — Cet arbre, commun dans le nord de l’Inde, est maintenant répandu dans la plupart des pays chauds; originaire de l’Orient, il est naturalisé dans le Midi de l’Europe et dans le Nord de l’Afrique depuis les temps les plus reculés.

Desfontaines le trouva aux environs de l’ancienne Carthage, les Romains faisaient venir les grenades de uette contrée sous le nom de Malus punica.

Chez les Juifs, le grand prêtre portait sur ses habits pontificaux des figures de grenade et, dans un temple de Elle d’Eubée, on voyait une statue de Junon qui portait dans une main une grenade et un sceptre dans l’autre.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Europe. — France. — Le grenadier est commun en Provence; il existe même une variété dite grenadier de Provence.

A Foulon, on cultive le grenadier de Jaffa , dont les fruits sont d’un beau rouge.

Espagne. — Le grenadier, très répandu en Espagne, y donne lieu à un commerce important. Mais l’appellation grenade ne vient pas de la ville de Grenade, comme certains l'ont dit, mais de granatum , à cause de la grande quantité de grains.

Asie. — Il y a en Perse une belle collection de grenadiers ; le voyageur Chardin en a signalé de blanches, de roses, de rouges ; d’autres couleur chair et enfin une variété sans pépins.

Ces arbres sont également répandus aux Indes.

Afrique. — Les grenades les plus réputées sont celles

de Rosette, en Egypte.

Le grenadier est commun à la Réunion, il en existe

GRENADIER

également à Madagascar, et nous en avons eu quelques pieds aux îles Comores, notamment dans le jardin du gouverneur, a Dzaoudzi (ile Mayotte).

A. — Agronomie

Botanique. — Punica granatum Linné; famille des Mgrtacées.

Arbres. — C'est un bel arbrisseau que l’on aime toujours voir.

Le grenadier sauvage est armé d’épines qui le rendent propre à la formation de haies redoutables.

Les branches sont menues, anguleuses et revêtues d’une écorce rougeâtre.

Feuilles. — Légères et caduques ; d'un beau vert.

Fleurs. — Simples ou doubles par la culture ; en juinjuillet, elles sont d’un magnifique rouge sang.

Fruit. — La grenade atteint souvent et dépasse parfois le volume d'une grosse pomme. Elle est d’abord de couleur verte, puis rougeâtre; elle est arrondie et présente à son extrémité une couronne dentelée et résistante.

Les fruits naissent sur les rameaux de l'année précédente.

La pulpe est plus ou moins abondante, selon les espèces ; elle est aussi de qualité variable.

Graines. — Elles sont entourées d’une pulpe douce de couleur rose et souvent acidulée.

Ces graines sont disposées en compartiments par une membrane jaune.

Variétés. — Le grenadier commun est la souche de nombreuses et bonnes variétés, telles que : grenadier d Espagne , h gros fruits rouges vineux; grenadier de

Provence , à fruits doux; grenadier de Jaffa dont les fruits précoces sont d’un rouge vif; leur pulpe est très sucrée et très appréciée. Simplement au point de vue ornemen-

Fig. 177. — Grenad(e coupe longitudinale) (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Dr II. Lenoir.

tal, nous citerons le grenadier nain, à belles fleurs rouges et le grenadier à fleurs pleines qui donnent un fruit non comestible.

Culture. — Il faut au grenadier un climat chaud et sec.

Dans toutes les régions désertiques où Ton peut perforer un puits artésien, le grenadier végète normalement.

Multiplication — On multiplie par graines, par boutures, par marcottes, par drageons et par la gretfe.

GRENADIER

Il faut employer des semences fraîches récoltées sur des arbres à fruits acides; on sème en pépinière au printemps ; au bout d’un an, on repique, et la mise en place a lieu vers la troisième année.

Fig. 178. — Grenade (coupe transversale) (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Docteur H. Lenoir.

Les boutures et les drageons sont placés en pépinière en février-mars et transplantés deux ans après ; quant aux marcottes, elles se font par racines et en archet avec incision; on sèvre après un an et on repique l’année suivante.

Greffage. — On greffe en fente, en mars; la greffe est pratiquée à 2 ou 3 centimètres dans la terre. Généralement on préfère la greffe en écusson à œil dormant.

Taille. — On retranche les gourmands et les drageons qui naissent parfois nombreux.

Récolte. — Sur la côte méditerranéenne, on récolte du 15 au 30 septembre; les feuilles trop mûres s’entr'ouvrent et ne se conservent pas.

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B. — Technique

M. Mitouart a trouvé, dans l’écorce du grenadier sauvage, du lanin, une matière analogue à la cire, une substance sucrée, partie soluble dans l’alcool et partie soluble dans l’eau ; la première partie est cristallisable, l’autre a les caractères de la mannite et de l’acide gallique.

G. — Industrie

Fruit au naturel. — La grenade se mange crue ; c’est un fruit astringent qui calme la soif. En France, la récolte a lieu du 15 au 30 septembre. Quand la cueillette a été bien cond uite, la grenade peut se maintenir fraîche pendant tout l'hiver; on conserve alors sur des planchettes dans un lieu sec et aéré; dans du sable de rivière ou dans de la sciure de bois.

On expédie beaucoup vers les régions du nord.

Les gourmets en mangent aussi au sucre.

Sirop. — Avec le jus on fait un sirop très connu et apprécié. Pour l'obtenir, on commence par débarrasser le fruit de son enveloppe et de ses travées astringentes; malheureusement les grenadines dans le commerce sont fréquemment falsifiées.

Le sirop de grenadine du commerce est à base d’acide tartrique ; on aromatise avec de la vanille et la coloration est due à de Y éosine.

Nous donnons ci-dessous quelques formules usitées dans le commerce pour l’obtention de sirops de grenadine.

Acide citrique

Eau distillée

Sirop simple (sucre).

Essence de framboise Liqueur de carmin . .

25 grammes quantité suffisante quant, suf. p. 1 litre 85 gouttes quantité suffisante

GRENADIER

Autre formule

Acide citrique 20 grammes

Eau 20 grammes

On fait dissoudre à froid, puis on ajoute :

Sirop de sucre 900 grammes

Sirop de coquelicots 85 grammes

Teinture de vanille 40 gouttes

On mêle et on filtre.

Il existe encore bien d’autres formules, mais celles que nous venons d’exposer sont suffisantes pour donner une idée du peu de cas que l’on fait, bien souvent, de la grenadine dans les sirops... de grenadine !

Ecorce. — L’écorce de grenade ou malicorium ou cuir de pomme est un bon astringent; on l’ utilise pour le tannage des cuirs.

Maroquinerie et teinturerie. — Ces industries utilisent les fruits du grenadier. Les fleurs, d’un rouge écarlate vif, servent à faire une belle encre rouge.

La grenade en médecine

Avec l’écorce on fait des décoctions pour la diarrhée et la dysenterie. D’après le docteur Buchanan, la grenade est vermifuge et tænicide ; elle entre dans la composition du remède Parreau, employé en Cochinchine contre la dysenterie. On l’emploie aussi en gargarismes pour les maux de gorge ; les grenades douces calment la toux.

Ce fruit entre également dans une composition de vernis pour les dents.

D. — Commerce

En Espagne, ce sont les provinces de Valence, de lMalaga, de Cordoue et de Grenade qui donnent le plus de

grenades ; surtout celles de Valence et de Malaga. C’est ainsi qu’en 1910 l'exportation par le port de Malaga a été de 936 tonnes, dont 858 tonnes pour l’Angleterre.

Grenadille

Passiflora edulis Famille des Passiflorées

PLANTES DE MÊME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Barbadine, Passiflora quadrangularis, p. 376.

Pomme-liane, Passiflora lauriflorâ , p. 615.

Historique et généralités. — Originaire du Brésil, cette plante est très répandue dans toutes les régions tropicales, mais il ne faut pas oublier que, sous le nom de « grenadille », on désigne parfois des espèces botaniques voisines. La grenadille estencore nommée bois d'ébène rouge.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Europe. — La grenadille mûrit en plein air en des endroits privilégiés du littoral méditerranéen, notamment à Menton, la Mortola, etc.

Asie. — Elle a été introduite tout d’abord dans l’ile de Ceylan.

Afrique. — Cette plante se rencontre dans plusieurs pays d’Afrique où elle a été importée assez récemment.

Amérique. — Diverses espèces de grenadilles sont très répandues en Amérique centrale et dans toutes les Antilles.

Océanie. — La Passiflora edulis est naturalisée dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, mais elle n’y est pas extrêmement répandue.

GRENADILLE

A . — Agronomie

Botanique. — Passiflora edulis Sim. Famille des Passiflorées. Passiflore à fruits doux.

Fig. 179. — Flore de la côte ouest à Madagascar.

Tiges. — Grimpantes et portent des vrilles oppositifoliées qui leur permettent de s’accrocher; la plante est vigoureuse.

Feuilles. — Elles sont trilobées et profondément découpées.

Fleurs. — D'un beau bleu, mais présentant du blanc et du pourpre.

Fruits. — Baies de la grosseur d'un œuf de poule; ils sont pourpres ou brun foncé ; leur enveloppe est épaisse ;

la pulpe jaunâtre possède une saveur agréable, un peu acide.

Variétés. — Des auteurs pensent que la gronadellina de Madagascar répond à cette espèce.

La passiflora alata , Aiton, est également brésilienne; ses leuilles ditlèrent de l’espèce que nous venons de décrire : elles sont entières, ovales, cordiformes; les tiges sont à quatre ailes; les franges florales sont bleutées et l'involucre est à trois feuilles. C est la Grenadille de la Réunion.

Culture; récolte ; rendement. — La Passiflora ednlis donne deux récoltes par an à Ceylan.

Aux Antilles, un pied peut donner une vingtaine de fruits; on reconnaît que ceux-ci sont mûrs quand leur pelure lisse et brillante prend un relief jaune citron.

Pour reproduire, on a rarement recours aux grains ; à la saison des pluies, on fiche des boutures d’une vingtaine de centimètres en terre, en ménageant à la partie enterrée une longueur de 10 centimètres environ. Au bout d'un mois, la bouture émet plusieurs tiges, qui rapidement s’étendent et grimpent sur les arbustes et les arbres voisins. C'est avec les grenadilles que les Haïtiens obtiennent leurs tonnelles toujours vertes, toujours fleuries, d'où pendent, en toute saison, de beaux et excellents fruits.

Pour la zone méditerranéenne, une terre légère et une exposition chaude sont indispensables.

/>. — Industrie et usages

Fruit. — Presque toujours les grenadilles sont mangées au naturel; le fruit est ouvert, puis on écrase, dans la cavité même, la pulpe des graines, ou arille, qui donne un

JACQUIER

liquide frais, sucré et parfumé. On peut encore ajouter du rhum, du kirsch, etc.

Confiserie. — On peut aussi faire bouillir la pulpe blanchâtre et épaisse de la pelure; on ajoute de la graisse et du sel, le plat obtenu n’est pas à dédaigner.

Bois. — Le bois est très pesant, brun rougeâtre ou brun olivâtre. On distingue le vert bâtard et le blond bâtard ; le premier est d’un vert noir, l’autre d’un vert rougeâtre. Ce bois est utilisé dans l’ébénisterie, la marqueterie et la tabletterie.

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