C. — Industrie et usages
Fruit. — Dans les jacques ou jaques , on utilise la pulpe charnue et les graines.
A vrai dire, la pulpe au naturel n’est guère recherchée que par les indigènes. Son odeur est repoussante, elle rappelle celles des roses... pourries.
Le latex qui reste aux doigts est enlevé par un lavage au pétrole ou à la graisse, puis au savon.
Pour que les Européens puissent apprécier la saveur acidulée et agréable du jacque, il faut faire tremper, au préalable, la pulpe dans de l’eau salée, ou mieux, recou-
rir à la cuisson. Les émanations sont grandement atténuées et même disparaissent.
Cuisine. — Si le fruit est jeune, on peut, après avoir enlevé l’écorce et le réceptacle, couper la pulpe en morceaux de la grosseur d’un pois et préparer comme on fait pour les pois, haricots, etc.
On ajoute souvent dans ce cas de la poudre de kari ou de curi. On sait que le kari ou carry est un condiment épicé qu'on prépare dans l’Orient, dans l'Inde et en Amérique. On distingue donc le kari de l'Inde et celui d’Amérique.
Le premier est fait avec le curcuma Terra mérita , en poudre, plus coriandre en poudre, poivre et piment enragé Capsicum frutescent Linné. Quant au kari d’Amérique, il contient du poivre noir et du piment enragé.
Confitures. — A Ceylan et en Cochinchine, on fait cuire le fruit entier dans un four, après avoir enlevé l’écorce ; avec la pulpe obtenue on fait des confitures très fines ayant un léger goût d’amandes, mais il faut avoir soin de bien sucrer.
Graines. — On en fait des purées analogues à celles de pois, d'haricots, etc.; on peut encore les manger grillées.
Feuilles. — Les feuilles du jacquier sont recherchées parles bœufs, les cabris, les moutons. A la Réunion, on prétend que ces feuilles augmentent la production laitière chez les races bovine, caprine et ovine. (Voir page 524, composition des feuilles.)
Fruits pour bestiaux. — Tous les bestiaux mangent ces fruits, surtout les porcs qui les consomment en morceaux bouillis à l’époque de la véraison.
Latex. — Toutes les parties du jacquier donnent un latex qui se coagule en un caoutchouc visqueux utilisé pour prendre les oiseaux.
JAMELAC
Bois. — Le bois du jacquier est de bonne qualité; il sert en construction, en charronnerie et en ébénisterie, car il est susceptible d’un beau poli.
Sa couleur jaune passe au brun, après une longue exposition à l'air.
Ce bois est constitué de fibres courtes et de grains serrés et fins. On doit le vernir au tampon.
Avec le cœuron fait des jantes et des moyeux très solides.
Jacquier, arbre d’ombrage. — Les nombreuses branches à feuillage persistant du jacquier font de cet arbre un précieux abri contre l’ardeur du soleil; mais il faut se méfier de la chute des fruits qui peut occasionner des accidents graves et parfois mortels.
Le Jacquier en médecine
Les graines du jacquier sont carminatives, c’est-à-dire qu’elles chassent les gaz de l’estomac et de l’intestin.
Les racines sont antiasthmatiques et, avec le suc des feuilles on attrape des mouches, des insectes, etc.
Jamelac
Eugenia malaccensis Famille des Myrtacées
PLANTES DE MEME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME
Goyavier, Psidium Guyava, p. 491.
Grenadier, Punica Granatum , p. 504.
Jamelongue, Eugenia jambolana, p. 531.
Pomme Rose, Eugenia Jambos , p. 618.
Historique et généralités. — Son fruit ne pourrait certainement pas figurer parmi les meilleurs; mais, aux colonies plus qu’ailleurs, faute de grives...
Le Jamelac est originaire de la presqu’îlede Malaccad’où on l’introduisit en Malaisie, puis en Polynésie ; plus tard on l’acclimata dans l'Inde, enfin en Afrique et en Amérique.
Asie. — Cochinchine. — On l’y désigne sous le nom de dao kuong tau.
On le rencontre également aux Indes.
Afrique. — A la Réunion on dit jamalac.
En Algérie, on l’appelle poirier de cire ou poirier de maluquc.
Amérique. — Aux Antilles, ce fruit est connu sous la désignation d q pomme de Tahiti.
Océanie. — Malaisie. — On l’y connaît sous les noms de Djambou mer ah , Djambou malacea et Kavika.
Nouvelle-Calédonie. — Il y porte le nom de K au.
Polynésie. — Aux Marquises, il est dit Keika; à Tahiti, Ahia ; aux Sandwich, oia; aux Fidji, Kavika.
A. — Agronomie
Botanique. — Eugenia Malaccensis Linné; Jambosa domestica Rumphius ; Jambosa Malaccensis de Candolle. Famille des Myrtacées.
Arbre. — 4 mètres de hauteur; branches horizontales présentant des jeunes rameaux comprimés.
Feuilles. — Brièvement pétiolées, ovales, parfois elliptiques ou oblongues; longues d’environ 30 centimètres sur 10 de largeur.
Fleurs. — Grandes, rouges ou roses, disposées en cymes trichotomesnombreusesdont sont recouvertes les branches dépourvues de feuilles.
JAMELAC
Fruits. — A peu près sphériques ou turbines, de la grosseur d’une petite pomme; couleur extérieure pourpre foncé; chair blanche à légère odeur de rose, mais a saveur indécise. Le noyau est arrondi et anguleux.
Fig. 184. — Fruits des pays chauds.
Variétés. — 11 en existe plusieurs variétés citées d’autre part.
Autres Eugenia. — Eugenia uniflora Linné, Eugenia Micheli Lamarck ou Stenocalyx * Micheli Berg ou cerise carrée ou cerisier <le Cagenne . Fruit rouge à côtes saillantes dont la grosseur est celle d’une cerise; pulpe rouge acide et rafraîchissante, d'un goût aromatique résineux. C'est un i. 34
arbuste très fructifère dont le fruit est assez apprécié. Cet arbre est commun dans l’Amérique centrale et aux Antilles.
Eugenia ligustrina Willdenow. Feuilles étroites. Le fruit noir est de qualité médiocre.
Eugenia agueci Burmann, ou Jambo-ayer.
Arbre assez rustique, à fruit blanc ou rose et gros comme une nèfle du Japon , page 195.
Sa saveur est fraîche, agréable.
Eugenia javanica Lamarck. Commun dans la presqu’île de Malacca, aux Nicobar et aux îles Andaman; son fruit blanc est rafraîchissant.
Eugenia pyriformis Desvaux, très répandu au Brésil; le fruit est jaune, à peau tomenteuse ; sa grosseur moyenne est celle d une prune.
Eugenia Uealha Cambessédes. Fruit volumineux, acide, très apprécié.
Eugenia brasiliensis Lamarck; connu au Brésil sous le nom de Grumichana.
Eugenia myrti folia Sim, Eugenia australis Wendland, Jambola australis de Candolle. C’est une espèce voisine de Y Eugen ia jambolana ou Jamelongue , page 531.
11 ne faut pas confondre YEugenia myrti folia d’Australie, qui atteint les dimensions du Jamelongue, avec YEugenia myrtifolia de l'Inde, qui est un tout petit arbre et qu’on appelle encore native myrtle ou brush cherry.
11 y a lieu d'indiquer ici le Syzigium Guineens de Candolle, qui rappelle, par ses propriétés et ses caractéristiques, le jamelongue.
E. Arnoltiana\\\g\\\. , E. calophylli folia Wight, E. caryophylla Wight, E. claviflora Roxburg, E. formosa , Wallich, E. heyneana Wallich, E. oblata Roxburg, E. operculata Roxburg, etc.