‹ Fruits des pays chaudsChapitre 90 sur 152 · C. — Commerce · texte numérisé non relu

C. — Commerce

Les mangues que Londres reçoit des Canaries sont de petite grosseur ; on les écoule à des prix variant de 5 francs à 7 fr. 50 la douzaine ; pourtant on paie 2 francs et même 3 francs les plus beaux fruits.

L'Angleterre a également essayé de s’approvisionner dans ses colonies de l’Inde et aux Antilles : Bombay, Jamaïque, la Trinité, etc. De la Trinité on expédie de préférence la mangue « Julie » ; Bombay a envoyé des mangues « Alphonse », mais sans grande réussite.

Aux Etats-Unis, c’est la Floride qui approvisionne les marchés; pourtant, certains pays tels que le Mexique et Porto-Bico tentent de lui faire concurrence.

À Paris, il n’arrive que peu de mangues et encore sontelles enlevées immédiatement au prix de 0 fr. 70 à 2 francs pièce. Pour Paris on expédie surtout de la Martinique.

Alcool de mangue. — Par fermentation, le jus de mangue donne un alcool de qualité moyenne.

Liqueur. — Il suffit de faire infuser dans de l’alcool la pellicule du fruit pour obtenir une liqueur aromatique agréable.

Bois. — Le manguier possède un beau bois rouge.

La mangue en médecine

La mangue est antiscorbutique et antidysentérique. Les fruits laissent exsuder une sorte de gomme qui serait efficace contre la gale et les manifestations syphilitiques de la peau. Le noyau est donné en infusion pour la gastralgie et aussi contre la blennorragie. Dans les éruptions varioloïdes de la peau, on frotte les boutons avec la peau du fruit.

Les feuilles et l'écorce écrasées et mâchées nettoient les dents et fortifient les gencives. Les décoctions de feuilles sont utilisées pour combattre la blennorragie.

lYlombins

Mombin jaune Mombin rouge

S pondias lutea Spondias purpurea

Famille des Térébinthacées

Plantes de même famille décrites dans ce volume

Anacardier, Anacardium occidentale, p. 339.

Manguier, Mangifera indica, p. 579.

Pistachier, Pistacià terebinthus, p. 327.

P omme-Cythère, Spondias dulcis, p. 613.

MOMBINS

Historique et généralités. — Les mombins sont originaires d’Amérique; on les croit également indigènes en Afrique.

Le mombin rouge est communément appelé prunier d'Espagne, prunier rouge, prunier à téter, prunier du Chili, etc.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Afrique. — Au Sénégal, il est appelé soh ou ninkom par les OuolotYs.

A la Côte d’ivoire, les bambaras disent ningo , les Abbeys ngua et les Mbonois haperrié.

Les mombins sont communs à la Réunion.

Amérique. — Le mombin est plus connu sous les noms de prunier -mombin, prunier mirobolan; c'est le hog-plum des Anglais.

A la Martinique, le fruit est dit prune-mombin .

On le voit dans toutes les Antilles françaises et à la

Guyane.

A. — Agronomie

Botanique. — Spondias lutea Linné, Spondias mombin Jacquin, Myrobolanus luteus Macfadyen, Spondias Cythera Tuss, Spondias aurantiaca Schumacher et Thonning.

Arbre. — Il peut atteindre de 10 à 15 mètres de haut; en Afrique, certains sujets s’élèvent même jusqu’à 25 mètres. Le tronc a de 0m,30 à 0m,50 de diamètre. L’écorce blanche est profondément entaillée de sillons irréguliers qui alternent avec des arêtes rugueuses.

Feuilles. — Llles sont pennées et tombent à la saison sèche, au moment où les lleurs paraissent.

Fleurs. — Extrêmement petites et portées sur de grandes panicules.

Fruits. — Les fruits globuleux ont de 25 à 30 millimètres sur 20 millimètres ; ils sont jaunes lisses etcomestibles.

Spondias pwpurea Linné. Les fruits sont relativement petits ; ils sont ovoïdes, de couleur pourpre noire et luisants. Le mombin rouge est encore connu dans certains pays sous le non d acaja. La pulpe est filandreuse, aromatique, acidulé.

Variétés. — Spondias B ivre a ou Sclerocarya Birrœa Hochst; originaire d'Abyssinie.

Spondias mangifera Persoon; assez répandu aux Indes.

Spondias pleiogyne Mueller; commun en Australie.

Spondias acuminata Roxburg. Se voit aux Indes.

Spondias nucrocarpa Richard ou Nussando , commun au Benguela. Ses fruits sont petits, noirs ou violets et assez recherchés.

Spondias faùerosa Arrud. Son fruit est très estimé en République Argentine.

Habitat; culture; entretien. — Ils se reproduisent aisément par bouturage.

En Afrique, cet arbre est naturalisé autopir des villages et sur Remplacement d’anciennes cultures.

B. — Industrie

Fruits. — Ils se mangent au naturel. Danscertains pays, en Haïti, par exemple, on prétend qu'il ne faut pas abuser du fruit du mombin, car il peut provoquer la fièvre.

Confiserie. — On fait d’excellentes confitures et de bonnes marmelades en partant des mombins rouges; leur goût rappelle un peu celui du raisin sec.

Eau-de-vie. — Le mombin jaune peut donner une bonne eau-de-vie.

PAPA Y ER

Bière. — Avec les fruits du Spondias Birrea ou ber des Ouoloffs , les Sénégalais préparent une bière enivrante.

Arbres d’ombrage. — Ces arbres magnifiques donnent beaucoup d'ombrage, ce qui permet aux bestiaux de se mettre à l’abri durant les heures chaudes de la journée.

Bois. — 11 est blanc, demi-tendre; à l’état frais, ildonne des rellets, mais il devient gris en vieillissant. Sa densité est de 0,438. Malheureusement le bois de mombin est inutilisable.

Papayer

Carica papaya Famille des Papayacées

Historique et généralités. — D'après de Martius, le mot papayer proviendrait d dtmbapaya, terme de la langue tupi, du Brésil.

On le croit donc d’origine américaine; il se serait propagé aux Antilles, puis dans toute l'Amérique tropicale; entin il aurait été transporté, vers le commencement du xvnc siècle, dans l'Inde.

Ce ne serait qu'au siècle dernier qu’il aurait pénétré dans les iles du Pacifique, en Indo-Chine et en Afrique.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Asie. — En Coch inchiné, le papayer est connu sous le nom de cay du du, en langue annamite.

Dans 1 île de Ceylan, il donne des fruits en toute saison ; on les vend de 4 à 6 cents pièce.

Afrique. — Congo belge. — Le Carica papaya se développe rapidement au Congo; il y atteint la hauteur de

10 et 12 mètres en peu de temps et donne des fruits au bout d’un an.

Congo français. — Cet arbre est également très répandu au Congo français.

Afrique occidentale française. — Le papayer pousse vigoureusement dans la plupart des colonies du groupe et ses fruits figurent dans toutes les « popotes ». A la Côte d’ivoire surtout, il n’est point de village sans de nombreux pieds de papayers.

Madagascar et dépendances. — Il y est très répandu ; à Nossi-Bé, par exemple, on le voit en quantité sur les anciennes plantations sucrières.

On peut en dire autant pour les iles Comores.

Amérique. — Cet arbre est commun dans plusieurs régions de l'Amérique centrale, mais surtout aux Antilles, k la Guadeloupe, Martinique, Saint-Domingue, Haïti, etc.

Océanie. — A Tahiti, le papayer est connu sous le nom de i-ita ; on dit Kamh en Nouvelle-Calédonie; vi et atclijand aux Marquises; beteh beti et bed en Malaisie.

A Sumatra, les Battas l’appellent pohon bodick ; en Nouvelle-Guinée, les noms vulgaires sont Kloa fareng et sansoun .

A. — Agronomie

Botanique. — Carica papaga Linné, Papaya carica Gaertner. Famille des P ap agacées.

Arbre. — La hauteur varie de 8 à 15 mètres; le tronc simple est nu est marqué de cicatrices de feuilles tombées.

Feuilles. — Files se présentent en couronne; elles sont palmiséquées ou palmipartites : Divisions ovales ; glabres aiguës, inégalement dentées, molles bien qu à nervures épaisses.

PAPAYER

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Fig. 205. — Papayer.

Cliché : Vérascope Richard

Fleurs. — Dioïques, d’un blanc sale ou jaunâtres. Les males sont en panicules axillaires que porlent des pédoncules très longs ; les fleurs femelles sont en corymbes courts, également axillaires. Les pieds mâles ont le tronc grêle et portent des fleurs sur des panicules ramifiées de grandes dimensions.

Le bois mou contient une moelle très développée.

Fruit. — Le fruit ou papaye est une baie d’une trentaine de centimètres de diamètre, ovoïde et à côtes peu prononcées. A maturité sa couleur est d’un beau jaune orangé. La pulpe, un peu plus ferme que celle de l’abricot, est douce et sucrée, mais presque dépourvue de parfum; à sa surface est un mince épicarpe. De nombreuses petites graines sphériques et arillées sont à l’intérieur dans une cavité. Nous verrons d’autre part une propriété spéciale des fruits.

La papaye, brièvement pédonculée, sort de la tige audessous des feuilles.

Variétés. — Carica candamarcensis souvent dénommé Papayer de montagne. C’estun petit arbre que l’on trouve dans les Andes de l’Equateur jusqu'à 1 .000 mètres d'altitude; le fruit n’a que 0m, 25 de longueur; il est préférable à la papaye ordinaire et a un peu la saveur de la pêche.

Cet arbre résiste assez bien dans les régions de l’oranger. On pourrait développer sa culture en Tunisie et en Algérie.

Bâillon ne fait pas de distinction entre le Papaya carica et les Vasconcella; il cite aussi comme donnant de bons fruits : Papaya cauliflora Pon, P. dodecaphylla , P. mamaya Poiret, P. microcar pa Poiret, P. nana , P. pyrif orinis ,

Autres Papayacées. — Vasconcella caudicans , de Candolle. Au Pérou il est nommé Mitos. A maturité, le fruit est de bonne qualité. Sur la côte du Pacifique de 1 Amé-

PAPAYER

r iq ne du Sud, dans l'Amérique centrale et au Mexique, se trouvent divers Vasconcella.

Leur tronc est ramifié, et les feuilles, de formes variées, sont plus petites que celles du papayer.

Fig. 206. — Premiers papayers et citronniers introduits dans le Haut-Ôubangui (1897).

Cliché : A. Chevalier (Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française).

Pangiinn edule Reinw. Commun en Malaisie. Le fruit est volumineux et contient de grosses graines dont on mange l’albumen, mais dont on a soin de retirer l’embryon qui est toxique.

L’arbre est de belle hauteur ; ses feuilles sont entières ou sublobées et laissent, après leur chute, une cicatrice - apparente ; elles sont vénéneuses.

< )n extrait une huile comestible des graines.

Culture. — So /; fumure. — Le papayer, étant riche en azote, demande un sol naturellement riche ou fumé.

Abri j ombre j irrigation ; brise-vents. — Le papayer est un arbre très tendre , il ne résiste pas aux grands vents ;

Fig. 207. — Le papayer. Détails botaniques : 1. fleur mâle; 2. fruit;

3. coupe de la fleur mâle ; 4. fleur femelle; 5. graine; 6. embryon.

on dit qu’il « casse comme verre », aussi faut-il le planter à l’abri des vents ordinaires ou encore le protéger au moyen de grands arbres touffus : avocatiers, manguiers, citronniers, orangers, etc.

Reproduction. — On le multiplie facilement par graines.

PAPAYER

Los semis sont faits en pépinière ; puis, on transplante en terrain riche ou fume, il tnut noter (]ue, dans clin cj u e

Fig. 208. — Papaye.

Dessin : Dr H. Lenoir.

semis, il y a ordinairement plus de pieds mâles que de pieds femelles.

Préparation du terrain ; plantation. — A \Trai dire, le papayer pousse un peu partout; mais, en terres médiocres,

les fruits sont moins nombreux, moins volumineux et leur qualité devient très inférieure.

Quand on transplante, on s’arrange de façon à ne mettre que deux ou trois pieds mâles pour une vingtaine de pieds femelles.

Entretien. — La culture et l’entretien sont des plus simples. On peut espacer les pieds de 6 à 10 mètres en tous sens. Souvent on préfère former de vrais rideaux de papayers autour des maisons d’habitation, car on a remarqué que ces arbres éloignent les moustiques. Personnellement nous pouvons affirmer ne jamais avoir vu, en aucun pays, de moustiques se poser sur les papayes.

Récolte ; rendement . — Le papayer ne commence à rapporter qu'au bout d’un an et demi à deux ans.

En conditions normales, chaque pied rapporte annuellement de soixante à cent fruits.

Cueillette ; époques. — Dans certains pays, tels qu'aux Antilles, la lloraison dure toute l’année; dans d’autres, comme en Cocbinchine, la principale fructification se manifeste à époque fixe, en novembre-décembre, par exemple.

B. — Technique

La papaye de même que toutes les parties du papayer contient un latex, sorte de lait blanchâtre dont les propriétés sont connues. Si l’on en met quelques gouttes dans l’eau, on forme une solution qui attendrit les viandes coriaces; le même résultat est obtenu en enveloppant la viande avec les feuilles et en abandonnant durant une nuit.

Le principe actif qui agit est la papaïne , isolée par Wurtz ; elle intervient, ou à peu près, comme la pepsine,

PAPAYER

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