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C. — Commerce

A l’île de Ceylan, où la récolte se fait de juin à août, on vend de 75 cents à 1 IL, 50 la douzaine.

MANGUIER

Manguier

Man gi fer a indica Famille des Térébinthacées

PLANTES DE MÊME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Anacardier, Anacardium occidentale, p. 339.

Mombins, Spondias lutea et Spondias purpurea, p. 596.

Pomme-Cythère, Spondias dulcis, p. 613.

Pistachier, Pistacia terebinthus, p. 327.

Historique et généralités. — La mangue est inégalement appréciée des Européens. Il y a ceux qui ne l’aiment pas parce qu'elle sent la térébenthine, et d’autres qui hument la térébenthine parce qu’elle rappelle la mangue. A vrai dire, ce fruit ne plaît généralement pas quand on le goûte pour la première fois, mais « on s’y fait vite » ; alors on mange des mangues tant et plus, car la pulpe d’une bonne mangue est juteuse, fine et parfumée.

Le manguier est d’origine indienne. 11 en existe un grand nombre de variétés.

Les Anglais désignent la mangue sous le nom de mango.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Asie. — Indes. — C’est le pays d’origine du manguier.

En sanscrit cet arbre est appelé mahapahla et, sous le nom d'amra , sa fleur est célébrée dans les poèmes hindous comme une des cinq flèches de Kama, le dieu de l'amour.

En hindoustani, dans l’Inde, on dit : am.

La limite des plantations dans le nord de l'Inde est Ilampar.

Dans ce pays, c’est à la greffe qu’on a recours pour la multiplication; du reste, c’est aux Indes que la greffe du manguier fut, pour la première fois, tentée avec succès, vers la fin du siècle dernier.

Les meilleures variétés sont : Yinerna , dont le fruit pèse près de 2 kilogrammes, le gowraya malcla , à pulpe fondante et parfumée, le bomba, le sa fada , le kakoria , Yafooz , etc. Certaines variétés, telles que le kerbuza , musquées. Parmi les espèces tardives, il faut citer le Mohar thakoor , le Durbkungah budaya , etc.

Les mangues les moins appréciées sont les barramas sia.

A citer encore : A/phonso , Arbuthnol , Augnst, Arihal , Bombay (Alfooz), Bhadouria , Bindabannée , Bhutoroa , //c//, Batarie , China , Chuckcukea, Desi Bhadouria, Dodol, de Crazes , Feroghabannee, Gopaf Bohg , Goa, Heenghia , Kidncy , Kysapatee, Langera, Lucknow, Ala/da, Mazayong, Moorshebad, Madras, Madame, Nagroo, Peter, Patheria, Singapoore, Sondershav Soondoria, Su f aida, Tarse.

Les mangues précoces sont : FwaA Darbung, ah

budaya, Nursing bogh, ou mangue bleue.

Cochinchine. — Le manguier y est assez connu sous le nom de æoæL

Les deux meilleures variétés sont le æoém arz/q/ ca, qui est le Mangifera siamensis de Loureiro et le awzzz voz qui est le Mangifera elephantina, également de Loureiro. Ces deux variétés ont ceci de caractéristique que leurs pétales sont velus à leur extrémité et qu’elles se conservent aussi bien par le semis que par la greffe.

Ensuite viennent d’autres variétés, telles que : a;ozzz c/mzz, à gros fruits; ocoai com, xoai mat et xoai nep à fruits de moindre volume, tachetés de noir, très sucrés et pari limés.

MANGUIER

Une première floraison une seconde en mars; la

se produit en janvier-février; récolte principale est celle de

Fui. 201. — Mangue (2/3 grandeur naturelle). Dessin : Docteur H. Lenoir.

mai, juin et juillet; celle de mars-avril est moins importante.

Ile de Ceylan. — • Une variété très appréciée est le rupee manrjo.

Le manguier y fructifie en mai-juin.

Les mangues se vendent à Ceylan de 40 à 50 cents la douzaine; mais la rupee mango atteint fréquemment le prix de 20 à 25 cents pièce.

On y remarque encore Yamra.

Afrique. — Iles cote ouest : Canaries. — Quelques pieds de manguiers y végètent; généralement les fruits tombent, à l'automne, avant maturité.

Guinée française. — Il y existe deux variétés de manguiers :

1° Le mango ordinaire, de couleur jaunâtre, d’un petit volume, mais jouissant d’une bonne saveur;

2° Le mango-pêche, qui ressemble beaucoup à la mangue Julie et de qualité supérieure à la précédente.

Au commencement de l’année 1902, les variétés suivantes de mangues gretfées ont été introduites : mangue gouverneur; mangue Raynaud; mangue Julie; mangue Divine ; mangue Gordon ; une variété sans nom.

Le mango ordinaire et principalement le mangopècbeont été utilisés à Konakry pour planter des avenues et fournissent un épais ombrage pendant toute la saison sècbe. Un assez grand nombre de ces manguiers sont à fruits, et il serait possible dès maintenant de les utiliser. Un essai, fait en mars 1902, a démontré que, placés en chambre frigorifique et cueillis à maturité, ces fruits supportent facilement le transport et peuvent arriver dans la métropole en parfait état de conservation.

Congo. — Les manguiers y ont été introduits.

Sénégal. — Les limies des Sénégalais correspondent à la variété Xang cà, citée d’autre part.

Madagascar. — On y reproduit ordinairement le manguier par semis ; en Imerina, la maturité a lieu de mars à mai, tandis que sur la côte on compte de novembre à

MANGUIER

janvier. Le manguier est très répandu à Madagascar ; c’est surtout dans le Bouéni et sur la côte orientale qu’on

le rencontre. Le manguier ou manga se trouve aux alentours des lieux habités ; il donne souvent son nom aux villages : Analamanga, Ambodimanga,

Ambohimanga, etc.

A Madagascar, on préfère de beaucoup les espèces cultivées, provenant delà Réunion, aux espèces indigènes.

Iles Mascareignes. — La Réunion. — Le manguier y est devenu spontané ; il fleurit d’août à décembre.

Les mangues les plus communes sont Amélie ,

August , Cedot, Crœsus ,

Freycinet , Gabriel le, Isabelle, Jcicot , José , Julie ,

Mang ue d' or , Martin ,

Zœufs Codinde , etc. Ces fruits sont très renommés.

Ile Maurice. — La lloraison y commence en juin; les fruits mûrissent d'octobre à avril.

Amérique. — Le manguier se rencontre dans les principaux pays de l’Amérique centrale, mais surtout aux Antilles et en Guyane française. A la Guadeloupe, la Martinique, en Dominicanie, en Haïti, etc., il en existe de bonnes variétés. Au Brésil, la meilleure saison pour la vente des mangues va de mai à août.

Fig. 202 . — Mangue (coupe longitudinale) (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Docteur II. Lenoir.

Dans tons ces pays, on reproduit par greffe.

Les races de choix des Antilles proviennent de Cayenne. C’est ce qui explique le nom générique de mangos de Cayenne donné, aux Antilles, aux mangues de cette origine, pour les distinguer des mangos ordinaires; ceux-ci, importés les premiers, provenaient, affirme-t-on, de 1 il e Maurice; on prétend, en effet, qu’en 1782, une frégate française était partie de l’ilc Maurice, portant quelques pieds de manguiers à destination de Saint-Domingue; mais, ce navire ayant été capturé par les Anglais, les plants furent dirigés sur la Jamaïque et c’est delà qu’ils se répandirent dans le reste des Antilles.

Quoi qu’il en soit, voici une énumération des meilleures variétés de mangues aux Antilles :

Mangue Crassom , verte, oblongue, peu fibreuse;

Mangue Raynaud, couleur pâle, chair blanchâtre, petite et ronde; elle provient de l’archipel indien;

Mangue divine , pulpe brun clair et sans fibre ; elle est allongée, légèrement aplatie; assez térébenthinée ;

Mangue d'or, pulpe très sucrée, pellicule épaisse et adhérente, presque ronde, un peu arquée;

Mangue Reine- Amélie, pellicule fine qui se détache facilement ;

Mangue Freycinet , pellicule rosée, pulpe rougeâtre, pas de fibres ;

Mangue Parnasse, pellicule vert pâle; fruit ovale et aplati, pas de fibres, qualité supérieure;

Mangue Martin, pellicule jaunâtre, parfois rosée, pulpe légèrement térébenthinée;

Mangue sans-pareille doit son nom à sa grosseur, mais non à sa qualité.

M. Fifine-Gabrielle , M. Joséphine, etc.

MANGUIER

Quant aux mangues ordinaires, on peut citer comme principales variétés :

Le mango vert , très volumineux;

Le mango-pêche, à pulpe iondante ;

Le mango-prune , petit et dont le goût rappelle celui des prunes de la zone tempérée;

Fig. 203. — Mangue (coupe transversale et noyau) (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Docteur II. Lenoir.

Le mango-abricot , ayant la forme de l’abricot;

Le mango-crabe , très gros, mais dont la saveur et l’odeur sont détestables ;

Le ntango empereur , très volumineux.

Terminons en disant qu’aux Antilles le manguier fleurit et fructifie presque toute l’année; la meilleure saison s'étend de mai à septembre, dans la région de Saint- Pierre et de mars à juillet, à Fort-de-France.

La Martinique. — On y distingue d’abord le mango ordinaire, puis la mangotine; enfin les mangues Martin r Julie , Divine , Amélie , Sans Pareille , Freycinet , Pêche.

Le mango-quenette, fruit de la grosseur d’une prune et à colorations diverses; enfin la mangotine Bassignac, de qualité extra.

La plupart de ces fruits ne sont pas filandreux et se mangent à la cuiller.

Océanie. — Malaisie. — Le manguier y est différemment dénommé : mangga , mahampalam , mamplan , maenpalam , Kapalani, palam , Dapang , Sonten , O ///>«’ sentok, Idjou , Kelapa.

Archipel de la Sonde : Java. — La multiplication s’y fait par semis.

L’une des bonnes variétés indigènes, à Java, est le dodol ou mango pao ou Mangi fera amboinensis. La variété limies se rapproche du c« de Gocliinchine.

Le bindjai n’est autre que le Mangi fera cæsia Jackson; le kweni est le Mangi fera fœtida Loureiro; le Pelem; le Pari, le Maron nda ; YOudang , le Telor, etc.

Polynésie. — Les mangues, vipapa , littéralement pommes étrangères, y deviennent volumineuses.

J . — Agronomie

Botanique. — Mangi fera indica Linné. Famille des 7Vrébinthacèes.

Arbre. — Le manguier est un arbre de forte végétation;

il atteint lomètres de hauteur. Ecorce brune et rugueuse. Sa cime magnifique s’étale largement. Il est imprégné d’un principe résineux.

Feuilles. — Glabres, lancéolées ou oblongues; ondulées sur les bords et présentent de 22 à 30 nervures jaunâtres, parallèles, inégalement pétiolées.

Fleurs. — Petites, disposées en longues panicules; rougeâtres et pointées au centre d’une tache rouge sombre.

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Elles sont à cinq étamines, dont une seule, plus développée que les autres, est ordinairement fertile.

Fruit. — La mangue est une drupe avec gros noyau monosperme. Quand larbre est greffé, le fruit est appelé mango.

Le volume et la couleur des fruits varient avec les variétés ; il existe des mangues de la grosseur d’un œul de poule et d’autres pèsent plus d'un kilogramme.

La qualité de lachairvarie également selon lesespèces.

Variétés. — En outre des variétés de mangues dont il a été parlé, il existe encore des Mangifera consommés par les indigènes. On cite, par exemple, les fruits du Mangifera cæsia Jackson, qui correspond au bindjai de Java; ceux du Mangifera fœtida Loureiro, dits bindjei à Riow, bâte à Timor, bachang à Banka, Banda et Palembang, Kweni à Java, dodeko à Menado, xoai hoi en Cochinchine, batel à Bali, etc.

Sans oublier les variétés laurina , altissima , aux Indes; racemosa , etc.

M. Maries, de Darbhangah, a indiqué comme suit les meilleures races et variétés de l’Inde.

lre Section : Afooz , Kuabolig , Darbhangah- Bombay , Safada , Gopalbogh , Kakoria, Kurrelna, Banka, Ameercola. Dilpusund , Derrima, Kishenbogh darbhangah, Kishenbogh Lerrua, Shah pusund ou Malda, Gowraya malda ou Thikari, Safada malda, Kumukht, Buhpati, Inerna , Nusinghbogh, Maharaj-pussund.

2e Section : Mangues musquées ou Kerbuza, Naroika, Kerbuza, Mohedenugger kerbuza, Dhoola walla, Kerbuza.

3e Section : Budayas ou Maldas vrais. Espèces tardives. Khari budaya, Terha kellua, Furbee bewa, Jalli bund, Durbhungah ou {Souria) Budaya, Nukkna lungra, Mohunbogh , Mohurr, Thakoor, Tars.

4e Section : Barramassia. Mangues très médiocres, donnant des fruits toute l’année.

5P Section : Luttea, Mangos penchés dits à tort mangos rampants.

Autres Térébinthacées. — Bonea macrophylla et Bonea burmanica Griffith, dont le nom, au Siam, est Maprany • Le fruit, gros et pulpeux, se rapproche de celui de la mangue, mais l’arrière-gout est amer. Dans la région de Baria, à Phu Quoc et à Mu Xoai, des montagnes entières en sont couvertes.

Sorindeia pinnata Desion laines. Appelé Voua sorindi à Madagascar ; le fruit est une petite drupe charnue, de médiocre qualité.

Poapartia borbonica Lamarck. Son fruit, de la grosseur d'une prune, est assez agréable.

S chinas Mol/e Linné. Connu au Chili sous le nom de Molle. C’est un petit fruit juteux à peau très fine; sa saveur est douce. Il est répandu .maintenant dans la région méditerranéenne oùon lui donne le nom de faux poivrier , à cause de la saveur épicée et aromatique que possède l’amande.

Lithræa caustica Miers et Lithræa molle Gay. Fruit comestible du Chili.

Habitat; exposition; altitude. — On peut dire que le manguier est un arbre des basses altitudes; c’est ainsi qu’au delà de 400 mètres la floraison est défectueuse et la fructification insignifiante.

Un climat chaud lui est nécessaire.

Il donne une ombre tellement épaisse que rien ne croît sous lui, pas môme les graminées.

Sol. — Le manguier aime un sol riche, profond et bien drainé; trop d’humidité lui est nuisible; le sous-sol ne doit pas être d’argile compacte.

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Reproduction. — La multiplication s’opère de diverses manières : semis, greffe.

Semis. — On brise le noyau, puis on dépose l'amande dans une terre très meuble; huit à douze mois après, on transplante dans des trous larges et profonds. En Cochinchine il existe deux races qui conservent parfaitement leurs qualités quand on les reproduit par semis, alors que la greffe semble rapetisser les sujets. Ce phénomène a été confirmé par les expériences que fit Pierre sur les Voi et les Xcing cà.

Qreff'e. — C’est la greffe par approche qui réussit le mieux et procure les meilleurs résultats. Comme sujet, on se sert ordinairement d’un jeune pied obtenu degraine qu’on transplante dans un panier, puisqu’on rapproche de la branche à greffer en suspendant de façon quelconque.

Il arrive souvent que par la greffe on obtienne desarbres plus petits, mais ils bénéficient des avantages ordinaires du greffage ; c’est ainsi qu’ils rapportent plus tôt, que leur fructification est abondante etque toutes les qualités acquises se conservent parfaitement.

On a également proposé comme sujet Y Anacardium occidentale, page 339. Voici ce qu’en disent Annales de la Société d'agriculture de la Martinique (t. II): « Un manguier à mangues franches, qui, dans son état sauvage, est un arbre de haute futaie, perd au moins la moitié de ses dimensions quand on le greffe sur un pommier d’acajou. Les manguiers déjà greffés, mais que l’on regreffe de nouveau sur des sujets francs de pied ou greffés, fleurissent ou fructifient souventdès la première année ou la seconde année. Les mangues franches greffées doublent presque de volume ; leurs noyaux diminuent dans la même proportion, perdent leur chevelu et souvent leur faculté germinative.

Si F on ne considérait, dans ces fruits, que la qualité fondante et juteuse de la pulpe, l’absence de filaments et la diminution du noyau, on serait forcé d'accorder une grande supériorité à ces mangues, comparativement à celles de la meme espèce non greffées; mais si, d’autre part, la douceur et la saveur sont des qualités non moins estimables, il faut avouerquenos mangues greffées sur pommier d’acajou sont fades, aqueuses, et ont plutôt perdu que gagné sous ce rapport, en les comparant surtout à certaines variétés de mangotines à pulpe naturellement fondante et sucrée. Dans ce cas, on est naturellement porté à conclure qu'il doit êlre préférable de greffer la mangue franche sur la mangotine, ou celle-ci sur l’autre, que de les associer au pommier d’acajou. »

M. Ch. Baltet dans son traité : l'Art de greffer , a préconisé le greffage en fente, au collet, pour le manguier, mais seulement lorsque la sève monte ; il a également signalé le greffage en approche herbacé, d’octobre à décembre.

C'est ainsi qu'il dit : .

« Aux Indes et en Cochinchine, on greffe h l’air libre, en fente ou en couronne, de préférence à l’état mi-herbacé.

« Les indigènes intelligents emploient le greffage en approche sur de jeunes sujets obtenus par semis autour d’un manguier de bonne variété. A Bombay, on élève les sujets en pots pour rendre leur transport plus facile à l’endroit où ils doivent être greffés. Aux Antilles, le greffage a lieu en décembre-janvier et le sevrage 3 mois plus tard; le sujet préféré est le manguier vert ou le manguier-pêche .»

M. G. Olivier recommande aussi le greffage en approche et il dit que dans l’Inde, les sujets sont souvent accou-

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plés dans le meme vase pour recevoir la branche à greffer.

La greffe par approche, à l’anglaise, remplace parfois la greffe par approche de côté.

De nombreux essais ont été faits dans les serres du

département de l’Agriculture des Etats-Unis, à Washing-

Fig. 204. — En bordure de mer.

ton, et il a été reconnu que les écussons doivent être prélevés sur du bois âgé de 1 à G ans.

D’autre part, il faut tenir compte de l’épaisseur de l’écorce de l’arbre ; l’adhésion de l’écusson sur l’aubier est rendue difficile et il faut avoir soin de recouvrir la greffe de mastic et de ligaturer sérieusement pour éviter des soulèvements de l’écusson et fatalement le dessèchement.

Comme sujets, on choisira des scions de 2 à 3 ans de

semis ou des arbres dont la tige aura un diamètre moyen d’un pouce.

A Washington on préfère Y écussonnage en placage a l’écussonnage ordinaire, comme cela se fait pour les essences à écorce épaisse : châtaignier, olivier, mûrier, figuier, etc.

On sait que le procédé consiste à détacher, sur la branche-greffon, un rectangle d’écorce muni d’un bourgeon au centre ; on plaque sur le sujet qui a été amputé d’un morceau de dimensions égales ; à cet effet on s’est servi du métrogreffe ou simplement du greffoir.

Les écorces juxtaposées sont recouvertes de mastic à grelfer et une ligature maintient l’ensemble ; on évite, en même temps, l’action du soleil.

Au bout de dix à quinze jours on relâche la ligature surlout si elle menace de provoquer un étranglement.

On rabat, en partie, le sujet dès que la soudure de l’écusson est complète ; ce tour de main favorise le départ du bourgeon. Enfin, il ne sera procédé à l’ é l étage , audessus delà greffe, que lorsque l’œil de greffe aura développé une bonne pousse. Il reste à enduire la coupe d’une couche de mastic à greffer.

Floraison. — Elle a lieu presque toute l’année aux Antilles; pourtant la saison réelle va de mars à juillet. En Cochinchine, on obfient une première floraison en janvier-février et une seconde en mars.

A la Réunion, le manguier fleurit d’août à décembre : à Maurice, c’est durant le mois de juin.

Fructification; cueillette. — Nous avons dit que l emango est le fruit d’un manguier greffe ; s’il s’agit d’arbre venant de graine, le fruit est appelé mangotine. Par extension, les manguiers portentle nom d amangotins. Aux Antilles, la fructification dure toute l'année ; au Brésil, le commerce

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des mangues va de marsàaoût. En Gochinchine, lagrande récolte dure de mai à juillet. A Madagascar, les fruits mûrissent de mars à mai et, à Maurice, d’octobre a avril.

Maladies. Ennemis. — On signale, aux îles Hawaï, comme principal ennemi, le Crgptovhynchus mancjiferæ dont la larve cause de sérieux dégâts non seulement aux manguiers, mais aussi à certaines autres essences.

Cette larve est encore nommée Mcingo-weevil.

B. — Industrie et Usages

Fruit au naturel. — Les mangues, mûres et pelées, sont mangées comme les autres fruits; mais, pour opérer proprement, il faut une certaine habitude, si bien que les coloniaux de carrière seuls prétendent savoir manger la mangue !

C’est sans doute pour ce motif qu’on a imaginé, au Mexique, un appareil spécial pour peler les mangues; pourtant, il nous est bien souvent arrivé de manger de ces fruits à bord des paquebots, ou dans des hôtels où l’on n'a pas pour habitude de se sucer les doigts... en public, tout au moins ; toujours un couteau, une fourchette et, à la rigueur, une petite cuiller suffisent.

La fourchette mexicaine a, néanmoins, été défendue et voici ce qu’en dit Collins dans son ouvrage : The Mango in Porto-Rico :

« Certaines mangues, parmi les plus fibreuses, sont préférées par les connaisseurs qui apprécient leur parfum intense. Mais manger une mangue fibreuse est chose si compliquée et si fastidieuse qu’on s’en rebute facilement. La fourchette mexicaine, très recommandable toutes les fois qu’on disposera de mangues à volonté, permet de profiter de la majeure partie de la chair de ces mangues

fl b reuses et en même temps très juteuses ; et ceci, sans se salir les doigts.

« On fait des incisions circulaires aux deux extrémités

de la mangue, et on les rejoint par une incision longitudinale. La bande du milieu, ainsi délimitée, s’enlève d’une pièce et les calottes de peau laissées aux deux bouts garanlissent les doigts contre le jus. Cependant c’est justement aux extrémités sacrifiées que la chair est la plus sucrée; et c’est pourquoi il est préférable d’éplucher à leur tour ces extrémités et de piquer le fruit sur la fourchette annoncée. La dent longue du milieu s’enfonce aisément dans la graine, et les dents courtes latérales fixent cette dernière par les côtés, suffisamment pour l’empêcher de tourner. »

On pont encore faire cuire ces fruits, les saler, les confire au vinaigre, en faire macérer des tranches dans du vin, etc.

Pour les expéditions de mangues, au loin, on a fait des essais à l’aide de chambres frigorifiques et on a constaté que, dans ces conditions, la mangue se comporte mieux que l’avocat. Voir tome 11, Fruits des Pays chauds.

Voici à ce sujet des conseils qu’a donnés M. Hume dans la Cuba lie view :

« Il faut attendre, pour la cueillette, le jour de l’embarquement et ne prendre que les fruits dont le changement de couleur indique l’approche de la maturité.

« Le temps doit être sec. 11 ne faut manipuler les fruits qu’avec grande précaution afin de ne pas essuyer la pruine qui recouvre l’épiderme.

« Les mangues sont enveloppées dans du papier fin et on emballe dans des caissettes à compartiments en isolant au moyen de paille de bois très fine. »

En Guyane anglaise, le département d’agriculture avait

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tenté la conservation des mangues en utilisant une solution de formol à 3 0/0; on immergeait pendant dix minutes.

Ce traitement ne donna aucune satisfaction.

Confitures et marmelades. — On fait d’exellentes marmelades de mangues en sucrant et en aromatisant.

Condiment. — Les Indiens font confire les mangues au vinaigre; c'est ce qu'ils appellent atchar de mangue.

Fécule de mangue. — Pour obtenir cette farine, il faut cueillir les fruits avant maturité ; après râpage, lavage et tamisage, on obtient une fécule à laquelle on attribue des propriétés stomachiques.

Poudre de noyaux. — C'est surtout aux Indes que cette opération se fait : les noyaux sont séchés et finement moulus; la poudre est alors mêlée aux aliments, comme condiment.

Teinture. — Les feuilles, en décoction, servent à teindre en bleu foncé la plupart des textiles.

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