‹ Fualdès drame en cinq actes, et huit tableauxChapitre 19 sur 121 · LES PAYSANS · texte numérisé non relu

LES PAYSANS

Vive Monseigneur! (SAmi-Amieot rtqoii la* tovt««u «t <» charge m

dMMMM)«tt-)

ANDRÉ, l Madeleine qoi rient d'entrer par la g*uch«.

Mais regarde* donc, Madeleine, comme il a bon airelle jeune cbfigneur !

MADELEINE, r«*arda»l Aaiat-Andéol.

Maurice! c'est Maurice!

BANCAI., bai, h Madeleine.

Eh bien, oui, c’est Maurice, l’orphelin, le paysan... 11 m’a reconnu tout de suite... il n’est pas fier, Monseigneur!

MADELEINE, à pari.

Oh! mon Dieu! je n’ose approcher!

LA BANCAL, pointant Madeleine.

Veux-tu te tenir droite, et ne pas le mettre derrière les auti es !

MADJU.MNC, « pari. •

Lui! riche, d'une grandi: famille!... Oh ! je ne dois plus raimtr maintenant !

ANDRÉ, à ptrt.

Quèehc donc qu’elle a maiifzclle Madeleine?

SAINT-ANDÉOL, aux p*ya*u»ei.

Jfc vous rendrai vos bouquet' avec usure... Et quant à vous, mes amis, je ferai percer vingt feuillettes de la dernière vendange; mes fermiers, mes vignerons seront nmUmis de mm... El vmri au'Si, messieurs les bourgeois!... pourvu que unis ne fassiez fias trop la guerre à mon gibier... Ou! je sais de* votriü, messieurs les chasseurs !

BASTIDE, t'aprotbanl.

Monsieur le comte connaît donc noire pays?

JAllSMtt.

■ Pourtant il ne l’a jamais habité?

SAINT-ANDÉOL

| J’y ai pas-é mon enfance et une partie de ma jeunesse.

MADELEINE, à part.

Oh! oui, je m'en souviens!

SAKAT-ANDÉOL.

Oui, dans des circonstances difficiles, à l’époque où la noblesse était forcée di sorbr de France, mon père avant de uartir pour l'émigration me confia, dans un village à quelques lieue* de celle ville, à l'ancien aumônier du chiite, au. Force de cacher mon nom, qui était alor* un titre de proscription, c'est «ma celui de Maurice que /arrivai à n»t*s vingt ans, obscur, ignoré...

MADELEINE; i pari.

Et pa« un mol de moi !

SAINT-.VNDF.UU

M us la Pruvidcnee me réservait un dédommagement. La llcs- , taure tion arriva : je couru* a Pari» réclamer U prix des souffrances de mon père... Et grâce aux bienfaits de* princes, grâce \ à nia part de l'indemnité, je pus arracher des mains d'un usurpateur avide l’ancien manoir de ma famille, ou iespère bien faire revivre non ses privilèges, mais tes bienfaits Oh! de tous les droits qu’on nous rend, c’est A celui-là que je tien* le plus! (t rèt-fiitaMi .| Je ferai danser chaque dimanche mes muni et mes vassales sur lu grandi; (iclouse du château... je tiendrai vos enfants sur les fonts de baptême... el parmi vous, jeune* filles, je choisirai line rosière. . si vous êtes bien sages! (s'»»rèuai dmat Miitcieiac.) Que voit-Jc! en imite no no sont pas i il connus!

BANCAL

C’est Madeleine, Monseigneur.

SAINT-ANDÉOL, au* kntort».

Madeleine! ma petite Madeleine!

MADELEINE, A part

Il m'a reconnue enfin!

SAINT-ANDÉOL

Quoi? tu baisses les yeux?... tu ne me dit rien?... tn ne te sou viens donc plus de moi?

MADELEINE

Oh! si Maurice... (a* reprenant. ;i Si, Monseigneur, j'ai de la mémoire.

SAINT-ANDÉOL

Et moi aussi, mon enfant... Aussi je ne serai pas ingrat envers celle qui u rendu quelquefois si doux les tristes jours de uia jeunesse.-. Choisis un bon mari et je me charge de lu dot!

MADELEINE, t part.

. Un mari !

ANDRE, i part.

Un bon mari! comme cha obérait mon affaire!

MADELEINE, leluiguant l*ae IriMetM.

Merci, Monseigneur, mais je ne me marierai jamais !

LA BANCAL, A part.

Petite sotte! *

SAINT-ANDÉOL

Bah! toutes les jeunes filles disent cela et pensent tout lé contraire- (a«» jcuaca fille».) N’cst-cc pas. Mesdemoiselles?

LES JEINKS FILLES.

| Vive Monseigneur!

SAINT-ANDÉOL

Vous le voyez, vous ne serez pas si maltieureux avec ces nobles dont on vous taisait si peur... Nous mènerons ici une vie de

bonheur et de plaisir... (S'arrêtant (o«t à coup et changeant de lu*.)

Mais à quoi pensé-je?... la joie de mon retour m’avait fait oublier un instant le plus sacré de* devoirs!

TOUS, te rapprochant.

' Que dit-il?

SAINT-ANDEOL.

Écoutez! écoutez tous !... et je suis bien une de vous trouver réunis sur celte place... car la déclaration que je vais faire doit être publique! Le comte de Saint-Andéol, mon père, l'ancien seigneur de ce pays, victime sous Bonaparte de sou murage, de

FtTAVJDÊS.

ki fidélité à ses ancienne» croyances, a clé jugé, condamné <t nrsppc à mûri dan» ceUo ville môme. A la cour j’ai appris, la ragi ilatiN le cœur, de la bouche Ho quth|un vieux genhbhomnu"-, tes détails île celle affreuse catastrophe! Oc Ions les juge» de mou père, les Uns sont morts, les autres ont quitté le pays; mais il reste ici un homme qui a pris la plus grande paH a cet infâme jugement !... Cet homme, ancien procureur impérial...

U BA>CAL, vi ««oient-

FuaWès?

uuiu-Aitntoi-

Oui, Fualdès! c’est son itnm!.., Cet homme, j'ai juré de n’avoir ni paix ni trêve avant de lut avoir fait payer la dette du sang!

nvstuur, à J union.

Db donc, toi qui cherchai» une vengeance... voilà monsieur le comte qui pourra bien nous épargner «le la besogne.

JAi'ftmn, bot.

Oh ! ce n’est pas la même chose !

saint-ardAoé.

Vnus frémisse;, n'esl.cc pas? Cliarnn de vous, à ma place, en fenil .autant? Eh bien! fiez-vous» moi! S’il refuse de risquer sa vie contre la mienne, je le tuerai! oui, je le tuerai! Pour le sang de mon père, le sang de Fualdès!...

Page 1