PUA LOIS
Mes témoins!
SAINT-ANDÉOL
Avez-vous oublié le motif qui m'amène?
FlALDÉS-
Non... mais asseyons-nous et causons.
SAINT- AXDÉOL, mm t'iMCOir.
Terminons promptement , car j«; sen*que je ne pourrais être longtemps maure de mon émotion et de ma colère.
nttlMS «lui »*HI «ttit.
Vous me baissée, monsieur le comte?
SAIXT-ANDEOL.
Oui! je vous hais, et je veux vous tour.
FCALDÊS.
Vous ne me tuerez pas.
SAIVl-ASBÊoi, froidenwM.
Alors c’est donc vous qui me tuerez? •
FUALUES.
Ni l'un'ni l’autre... Êcontez-moi... poun|Uoi voulez-vous ma mort?
SAINT-AXDEÛL, iWyaxil.
Je vous l’ai dit... parce que vous avez fait condamner mon père.
FU AL DÈS, d'un tw» f»r«e.
Votre |>ère était coupable.
SAINT-ANDE3L, »»ee «aiporlciMal.
Monsieur!
fualdIs.
11 avait laissé passer les délais accordés à l’émigration. Puis, rentré secrètement en France, il avait conspiré contre l’empereur, conspiré les armes à la main.
SAINT-anpèûL, m levant.
As-cz! je ne suis pas venu puur entendre accuser mon père, mais pour le venger.
Ft'.vl.DÈS , M levant anwi.
Laisscz-moi finir... Votre père était donc coupable... if fut justement condamné.
SAINT-AXDÉOL.
Par vous, par le* vôtres.
FUALDÈS
Par la loi, qui ne me permettait pas de l’absoudre.
SAlXT-AXPÊQL.
Qu'importe! il fut jeté dans un cachot, puis exécuté secrètemi'nt dans les fossés «le la prison de cette ville.
FL'ALDÈS.
On vous l*a dit ; on se trompait!
SAtXT-ANDÈOL, «ü«nd.
Comment !
FlIALDks.
Votre père n’a pas été frapj>é par des balles françaises : il a trouvé en Espagne, sons les drapeaux de Ferdinand, une fin plus digne du nom «te scs ancêtres. •
SAlYT-ANDKm..
Que dites-vous! Mais non, je ne puis vous croire... la rumeur publique...
FUALDÈS
S’abusait, vous dis-jc!... I.a politique de Napoléon exigeait qu’on crût partout que force était restée à la loi:
SA ItAT-A NDÉOI. .
Mai» mon père avait donc reus.-i k s’évader?
FUALDÈS
Un homme... un magistrat, qui avait «lit | «trier sévèrement au nom des lois, sc souvint que l'humanité avait aussi les siennes. Il sc jeta aux genoux de l'empereur: if obtint la vie sauve pour le comte de Saint-Andéol, le reconduisit lu i-même jusque hors des murs de cette ville... et là, n’nyanl «pie Dieu pour hmioin, les «leux ennemis politique* se séparément «près s’être jetés dans les bras l’un de l'antre.
SAINT-ASDEOL.
Qu’entcnds-je ? El cet homme, ce sauveur ! c’était?...
Fl Al DÈS, hIIiiiI ouvrir le MrrrUire «( y iirenfiRl mie Utlrc iju'il k
S«io»-A«i'Wil.
Lisez.
FUAIDES.
8AINT.ASl>éOt.
Une lettre de mon père! (il la prêtât «r %** ijtm. lsobl) • Mon . a cher fils, je ne sais si jamais je reverrai la France; mais,
« avant de la quitter, j’y veux laisser ce témoignage éternel de « ma reconnaissance pour celui qui a préservé notre nom de « l’infamie d'une exécution. Cet ennemi généreux qui m’a sauvé < la vie, qui a protégé ma fuite, cet homme qo'aprè* moi tu « dois aimer et bénir, c’est... » (siatarrooipaii h mm eipiotSm.) vous!... c’est vous!...
FDM. DÉS, «itc bon*!.
Eb bien! Monsieur, voulez-vous encore me tuer?
baint-andéol.
* Oh ! pardon, pardon ! (Il tomb» A paon «final FuildAi qui lo relève,) Vous ne savez pas jusqu’à quel point j'étais coupable... Dans ma rage, dans ma fureur aveugle, j'avais soif de votre sang, à vous le sauveur de mon père .. Savez-vous, après vous avoir lâchement insulté, menacé , savez-vous quel était mon dessein en venant ici, si vous aviez refusé de vous mesurer avec moi? Je vous aurais poignardé ! car mou bras s'était muni à l'avance de
l'arme de l'assassin ! (U j*U« »««e horreur wr l« borwa an poifitrd qu'il 'iool do tirer 4t ion nia )
roAmts.
Un meurtre ! Oh ! non, vous n'auriez pas fait cela : vous vous seriez arrêté au moment de frup|>cr, en voyant dans votre main no poignard au lieu d'une épée.
SAINT-ANDÉOL
Non, j'aurais frappé, j’aurais commis un crime! Ahicommcnt jamais m’acquitter envers vous!
FUAl.PBS, a?oc boulé.
En consentant à m'écouter un instant avec calme, car j’ai à vous confier un fait qui intéresse aussi votre famille.
SAINT-ANDÉOL
Encore un bienfait!
Il résulte des interrogatoires, des pièces du procès de Saint— Andéol, que votre père n’était pas rentré seul en France. Il avait dû sc charger de In fille do sa sœur morte pendant le voyage... L’enfant avait tout au plus deux ans, et craignant pour elle les basants de la lutte qu'il engageait contre le gouvernement impérial, le comte déposa la petite fille chez un honnête fermier, avec une somme d’argent, dernier débris de la fortune de sa f«eur..i et destinée à élever la pauvre orpheline.
saint-andéol.
Que m'apprenez-vous? Jamais celte circonstance ne m'avait été révélée!... Et cette orpheline, cet enfant?...
WMJdkS.
J'ignore sa destinée. Avant de partir, soit prudence, soit préoccupation de son propre salut, votre pète ne me confia pas le nom du dépositaire, et toutes les démarches que j'ai pu faire à cet égard ont été infructueuses.
SAINT-ANDÉOL
Sans doute les mêmes événements qui m’ont rendu mon rang, ma fortune, changeront aussi le sort de ma cousine, et quelque jour je la rencontrerai dans le monde, éblouissante de grâce, de beauté, et nous serons deux pour vous aimer... si toutefois je suis encore digne de vous aimer? (ruaMta lui tend u main n «iie«#.) Vous me pardonnez donc du fond du coeur?...
FUALDÉS.
Du fond du cœur!
SAINT-ANDÉOL
Eh bien! vous pouvez m’en donner une preuve, rouait.
Parlez.
SAINT- ANDÊOL.
Vous m’avez dit qu’en vous quittant mon père vous avait presse dans scs bras?
FUALDÉS.
Avec l’oubli de toute haine, de toute inimitié.
SAINT-ANDÉOL
Eh bien ! que votre noble cœur balte aussi contre le mien, et je me croirai pardonné!
FL aLUÈS, lsl tmiUui In btu.
Maurice!
SAINT-ANDÉOL, ijirh *’y fcr* jHé.
Et maintenant c’est entre nous à la vie à la mort. Avez-vous un ennemi? cet ennemi est le mien, fut-il noble, fût-il puissant! Avez-vous un ami dans la peine? cet homme est mon ami, fûtce un conspirateur! Oui, vous avez sauvé un des plus fermes soutiens Jo notre cause, et comme fils, comme royaliste, c’est une dette que je veux acquitter. Je le inre à la face du ciel, qu'un de vos proscrits, le plus coupable de tous, se présente devait moi, réclame mon appui... le salut de cct homme est un devuir pour le comte de Saim-Audc»l. Au noiu de mon ticre, Fu aidés, recevez mon serment!... Au nom de mon père, rual-
dès. Soyez béni ! (Il prai« tiicnnl fii iritiot de Fuldh M wl p*r U fottd.)