‹ Fuite de Louis XVI à Varennes, da̕près les documents judiciaries et administratifs déposés au greffe de la Haute cour nationale établié à OrléansChapitre 18 sur 29 · EXEMPLE · texte numérisé non relu

EXEMPLE

Siockolm, ce 1" février 1790.

J'ai reçu ma chère. — 1 Lun dilu nd ilund. — 2 497 08,a &2 58ueb. — 3 Lun dilu nd ilund. — 4 J'ai reçu ma chère. — 5

Pour se servir de ce chiffre, il faut prendre une clef, c'est à dire un mot quelconque, le plus commode et le moins aisé à deviner ; c'est de prendre le jour de la datte où Ton écrit, c'est à dire que si l'on met le 1" fev., la clef scroit lundi , puisque le 1» fev. est un lundi ; si c'est

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le 2, ce seroit mardi, le 3 mercredi, ainsi de suite ; pour changer, on pourroit dater la lettre de Stockholm ou quelque antre ville, mais alors mettre un trait dessous, afin d'indiquer que c'est là la clef; si l'on ne vouloit pas prendre le véritable jour de la datte, il faudroit alors récrire, comme par exemple mercredi lor fev. , mais dès qu'il n'y aura pas de jour écrit devant la datte, ce sera le véritable jour de la datte. Et quand Stockhom ou quelque autre endroit sera sous ligné, cela voudra dire que c'est la clef. Dans l'exemple ci dessus, le 1» fev. étant un lundi, c'est lundi qui est la clef. Lorsque vous voulés mettre en chiffre la ligne 1 , vous écrives dessous lundi tout le long de la ligne, de sorte que les lettres se trouvent les unes sous les autres, comme le no 2. Vous cherchés ensuite sur la table du chiffre du coté n° 1. Là vous suives cette ligne jusqu'à ce que vous trou vies la lettre J, alors vous remontés jusqu'à la première ligne du coté n° 2, et vous trouvés un 4 que vous écrives; vous retournés au coté n° 1, à. la lettre U ; vous suives la ligne jusqu'à la lettre A, vous remontés, et vous trouvés au coté n© 2 la lettre Q que vous écrives ainsi de suite, comme vous voyés n© 3 de l'exemple. Pour déchiffrer, vous écrives de même lundi sous le chiffre comme au n° 4. Vous cherchés ensuite, dans le chiffre coté n° i, la lettre L. Vous cherchés ensuite au coté no 2, et l'endroit où ses deux lignes se croisent, vous donne la lettre J. Ensuite au coté n° 1 un U, coté n°2 un Q, ce qui donne A, etc. 11 faut avoir attention de laisser entre les lignes du chiffre assés de place' pour écrire une autre ligne, afin de pouvoir déchiffrer, et quand vous voudrés chiffrer, il faudra écrire ce que vous voulés mander sur un autre papier avec des entre lignes assés grandes pour écrire entre deux. Lorsque vous aurés employée noire ancien chiffre, il y aura devant la marque 4s- selon les

(cotée 15.)

Parif.O juin 1791.

J'ai reçu hier au soir, ma chère petite sœur, ta lettre du 31 . Je n'en ai point encore de mon frère, quoique parti le 30. Si le retard que j'é-

prouve venoit de sa faute, je ne la lui pardonnerais en honneur pas. J'atlendois des nouvelles de sa route le 4 au plus tard. Tous ceux qui le savent parti trouvent qu'il ne pouvoit pas mieux faire ; les autres me demandent de ses nouvelles. Le comte de Ferssen s'informe des tiennes toutes les fois que je le rencontre, et je m'acquiterai volontiers des complimens dont tu me charge pour lui. Si nous nettions pas si loing l'un de l'autre, je te ferois une petite conûdance. J'espère que l'arivé

de ton mari t'aura

la première fois depuis le jeudi saint, ton mari

t'aura dit les raisons qui m'en avoient empêché. La Reine vint à moi dans la gallerie et s'arestat pour me demander des nouvelles de mon frère avec beaucoup de bonté. Madame Elisabeth en a fait tout autant. On disoit le Roy très fâché de ce qu'on lui avoit otté le droit de faire grâce; il n'y paroissoit pas. Le baron de Bezenval est mort le 3, à huit heures du soir ; j'avois resté chez lui jusqu'à six heures et demie, et j'ettois bien éloigné d'imaginer que ce seroit la dernière fois que je le veirois ; il nous assuroit au contraire qu'il se sentoit fort bien ; on lui avoit fait prendre le matin une médecine qui l'avoit fort tracassé et qui lui avoit occasioné des faiblesses ; il en a eu une qui lui a occasioné la mort. Il donne sa fortune à son héritier naturel et lui laisse plus de quarante mille livres de rente

(Fac-similé — cptée 26.)

(non cotée.)

De rAn le Roi. — François-Claude Amour de Bouille, lieutenantgénéral des armées du Roi, chevalier de ses ordres, commandant et général de l'armée de la Moselle et de la Meuse ; pays adjacens et frontières du Luxembourg.

D'après les ordres du Roy à nous adressés par le Ministre et Secrétaire d'état de la guerre, le t°r régiment de dragons laissera en dépôt

à Commercy les recrues et les remontes de ce régiment, avec le nombre d'officiers et de sous-officiers nécessaires pour surveiller leur instruction, et qui seront en outre chargés de recevoir les hommes et les recrues qui aniveront pour complelter ledit régiment. Metz, le 12 may 1791. Bouille.

(cotée 296.)

Monsieur le duc de Choi&eul , colonel du régiment rojal dragons ,

à Commercy.

Metx, leiîm*il79i.

Vous devés avoir reçu, Monsieur, les ordres du Ministre pour le depart de votre régiment. Je desirerois inGniment que vous puissiés vous rendre ici, avant d'aller à Sarreguemines, afin de pouvoir me concerter avec vous sur le nombre d'hommes que vous laisserés à votre dépôt, qui doit rester à Commercy.

Recevés, Monsieur le duc, les assurances du ires sincère attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur. Bouille.

Vous trouverez les ordres ci-joint.

(cotée 2Ô5-D

De par le Roi. — François-Claude Amour de Bouille, lieutenantgénéral des armées du Roi, chevalier de ses ordres, commandant et général de l'armée de la Moselle et de la Meuse ; pays adjacens et frontières du Luxembourg.

D'après le compte qui nous a été reudu de la situation du premier régiment de dragons et de la quantité de recrues et de chevaux de remonte qui exigent une instruction suivie, ainsi que de tous les détails

relatifs à ce régiment qui a ordre de se porter au complet de guerre; il est en conséquence ordonné au commandant du dit régiment (dans le cas où il recevroit Tordre de faire marcher trois escadrons), de laisser le dépôt à Commercy, et de ne fournir que 80 hommes montés par escadron. 11 laissera un nombre suffisant d'officiers et de sous officiers instructeurs pour suivre l'instruction à pied et à cheval, avec un officier supérieur.

Metz, le 13 mai 1791. Bouille.

(cotée 299.) Monsieur le duc de Choiseul.

Mets, le 13 moi 1791.

Je viens, Monsieur, de recevoir de nouveaux ordres du Roy qui changent la destination de votre régiment, et d'après lesquels il doit se rendre à Strasbourg. Je vous prie de vous, conformer à ces ordres et de vouloir bien me renvoyer les premiers ou de vous en charger si vous venés à Metz. 11 n'y a au surplus rien de changé pour le dépôt que vous laisserés à Commercy.

J'ai l'honneur d'être avec un inviolable attachement, Monsieur le duc, votre très humble et très obéissant serviteur. Bouille.

(cotée 298.)

Monsieur le duc de Choiseul.

Mels, le 15 mal 1791.

Je viens, Monsieur le duc, de recevoir la réponse du Ministre à la lettre que je lui avois écrite pour le prier de révoquer Tordre du départ

de votre régiment. Il s'y refuse formellement, et il me donne des motifs auxquels, dans les circonstances, on ne peut raisonnablement rien opposer. D'après cela je vous prie de vous conformer aux ordres que je vous ai adressés.

J'ai l'honneur d'être avec un inviolable attachement, Monsieur le duc, voire très humble et très obéissant serviteur. Bouille.

(cotée 115.)

Ce jourd'hui, le Directoire du district de cette ville assemblé, avec la municipalité de cette même ville, M. de Vellecour, commissaire ordonateur des guerres et président du district, arrivé en cette ville, a été amené en la dite assemblée, et a déclaré que M. de Bouille ayant annoncé un projet de cantonnement depuis la Mozelle jusqu'à la Meuse, et ensuite du camp sur la Chieze, avoit chargé les trois commissaires ordonnateurs dont les déparlemens sont à portée des dites rivières, savoir : M. de la Salle de l'envoi à Montmédy des effets de campement, M. d'Herville des détails à portée de la Meuse, et lui même de ceux relatifs à la Mozelle et à la Chieze, y compris Montmédy, lui recommandant Longwy et Montmedi, quoiqu'ils ne fussent pas de son département d'ordonnateur, parce que M. d'Herville, résident à Mezieres, en étoit fort éloigné; que M. Moreau, commissaire des guerres, chargé de la police de ces deux places et de Stenai, étoit absent par congé, et que M. de Reiville, commissaire employé à Sedan qui remplaçoit M . Moreau dans ses fondions, devoit être chargé de détails des cantonnemens vers l'extrémité de la Meuse françoise.

Que M de Klingling aïant eu ordre de faire les projets de deffenses pour les places de Thion ville, Sierck et Rodemack et Longwy, dont il avoit le commandement, avoit demandé au comparant l'état de toutes les dépenses possibles en cas de blocus et de siège ; que les ingénieurs e* officiers d'artillerie de Thion ville, Sierck et Rodemack, avoient fourni les états qui les concernoient, mais que les pareils états pour Longwy se trou voient incomplets ; que M. Desoteux, adjudant général, ayant été envoyé dans le district de Thionville, pour la reconnoissance des cantonnemens à établir, s'étoit adressé au comparant qui lui avoit

fourni et fait fournir par le secrétariat du district tous les renseignemens nécessaires, et lui avoit remis l'état du dit cantonnement

Que le comparant est parti pour I*ongwy dans sa toiture, et a donné une place jusqu'à celte ville seulement à M. de Klingling, qui y a fait venir ses chevaux de monture pour continuer sa route ; que son voïage à Longwy avoit deux objets: le premier de faire completter les dit* états à fournir par les officiers d'artillerie et du génie, et de les discuter avec eux, s'il étoit nécessaire.

Le second, de remettre à M. de Bouille le dit état des eantonnemens et de discuter avec lui la proposition d'établir deux escadrons et deux compagnies d'infanterie sur la rive droite de la Mozelle, pour assurer la deffense de cette rivière qui est guéable en plusieurs endroits; qu'après les dits objets remplis, M. de Reiville, qui se trouvoit à Longwy, n'ayant pu accompagner M. de Bouille à Montmédy, ce général ordonna au comparant de l'y suivre ; que ses fonctions y furent de vérifier les dépots des effets de campement que M. de la Salle y envoyoit depuis quelque tems, et d'arrêter les revues du régiment de Bouillon et d'un convoi d'artillerie qui devoit partir de Montmédy les 21 et 25 juin, et de rendre compte au général que la paille alloit manquer, et que s'il persistoit dans un projet de camp sur la Ghiêze, il étoit nécessaire d'augmenter l'approvisionnement de farine et de se pourvoir de paille; que M de Bouille aîant annoncé qu'il partiroit pour Stenai le 21, le comparant lui représenta qu'il lui seroit inutile dans cette ville et lui demanda la permission de retourner à Thionville; que M. de Bouille lui dit qu'il auroit besoin d'un commissaire à Montmédy, et qu'il étoit nécessaire que le comparant y vint de tems en tems, ou y envoyé quelqu'un; que lui général y devoit revenir le 22, et que le commissaire s'y trouveroit, ou en cas de changement des ordres chez M. de Remond, commandant de la place ; que le comparant repondit qu'il y viendroit le 22 et y feroit un second voyage avant la fin du mois, mais qu'au commencement de juillet, il étoit obligé d'aller à Saupigni, près Commercy, pour inspecter les caissons des vivres et ensuite àSarrelouispour une Cour martiale, et qu'alors il enverroit de tems à autre un commissaire des guerres à Montmédy ; que le comparant est parti le 19 de Montmédy, pour venir couche.r à Longwy ; qu'il est ensuite reparti seul eu cabriolet de Thionville le 21 au soir pour coucher à Lonwy, et qu'il est arrivé le 22, entre onze heures et midi, àMontmedi; que n'aiant trouvé ni M. de Bouille, ni ordre chez M. de Remond, il a appris par les rumeurs publique que M. de Bouille s'étoit porté vers Varennes. Il étoit

revenu à Manille, ne pouvant pas aller au delà, parce que ses chevaux étoient fatigués des courses continuelles, il s'étoit empressé de revenir le lendemain à Thion ville; qu'il n'a voit aucune connoissance quelconque de l'évasion du Roy, ni des projets qui pouvoient être masqués par le prétexte de cantonnement et de camp définitif sur cette frontière ; "que la preuve en est qu'il a laissé à Thionville sa femme, ses enfans et tous ses papiers ; qu'il n'a point pris de cheval de monture, et ne s'est muni d'argent que pour sa route ; qu'il ne sait point ce que sont devenus les officiers généraux qu'il a quitté, et dont il n'a eu aucune nouvelle depuis le 19 ; qu'il est arrivé des bœufs achetés par ordre d'un aide de camp, qu'on s'est adressé à lut pour leur logement et nourriture ; qu'il a dit de les placer dans une écurie de cavalerie et de donner à chacun une botte de foin, et de s'adresser pour le surplus à celui qui les avoit commandé, et à la municipalité. Après avoir fait ouvrir la mâle, on y a trouvé des modèles pour asseoir un camp, et des ordonnances militaires, et des cartes géographiques qu'il a dit avoir emportées, les trois cartes de la route, et les autres papiers pour établir la dépense des cantonnemens et d'un camp, si l'état étoit demandé par M. de Bouille. — Signé Tirlure de Vellecour.

Pour copie :

(Signature illisible.)

Charle George, cocher à M. de Vellecour, interrogé quand il étoit sorti de Thionville, a dit être parti avant hier et a couché le même soir à Longwy, de Longwy à Montmédy, d'où il est reparti hier pour venir à Marville, d'où il s'est rendu ici avec son maître ; qu'à Montmédy il a vu les chevaux et voitures de M. Bouille; que son maître y lit enfermer des bœufs qui y étoient venus ; que lui et son maître ont logé au Lyon d'Or et qu'il y a vu le régiment de Nassau, et a déclarer ne savoir signer

Pour copie :

(Signature illisible.)

(Fac-similé. — cotée 313.)

(cotée 235.)

De par le Roi. — François-Claude Amour de Bouille, lieutenantgénéral des armées du Roi, chevalier de ses ordres, commandant et général de l'armée de la Moselle et de la Meuse; pays adjacens et frontières du Luxembourg.

Il est ordonné à deux escadrons du 6m* régiment de hussards, que Ton portera au complet de 100 hommes et de 100 chevaux, chacun, de partir de Toul avec armes et bagages, le 3 juin, pour se rendre, savoir : un escadron et demi à Dun et un demi escadron à Varennes, où ils resteront jusqu'à nouvel ordre. Ils seront commandés par le second lieutenant colonel qui résidera à Dun; ils seront armés en guerre, et ils emporteront avec eux un certain nombre de cartouches à balles ; vivant en bonne discipline et police sur la route; l'étape et le logement leur seront fournis, conformément aux ordonnances.

Metz, le 31 may 1791. Bouille.

(Fac-similé. — cotée 489.)

(cotée 217.)

De PAn le Roi. — François-Claude Amour de Bouille, lieutenantgénéral des armées du Roi, chevalier de ses ordres, commandant ei général de l'armée de la Moselle et de la Meuse ; pays adjacens et frontières du Luxembourg.

Le commandant du détachement de dragons, à Clermont, fera monter sa trouppe à cheval, au jour et à l'heure qui lui seront indiqués par le Sr de Goguelat, officier de l'état major de l'armée, porteur du présent ordre.

A Stenay, le 20 juin 1791. Bouille.

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(cotée 236.)

De par le Roi. — François-Claude Amour de Bouille, lieutenantgénéral des armées du Roi, chevalier de ses ordres, comm; ndant et général de Tannée de la Moselle et de la Meuse; pays adjacenset frontières du Luierabourg.

Il esl ordonné à un lieutenant, un maréchal des logis, et quarante hommes du O régiment de hussards, de partir de Varennes le 20 juin pour se rendre à Pont de Sommevesle, sur la route, avant Chaalons sur Marne, et d'y attendre un convoi d'argent pour la subsistance des trouppes, et de l'escorter jusqu'à Sainte Menehoud. Il lui sera remis par l'officier qui le conduit. Les hussards et les chevaux seront logés de gré à gré daus les auberges. Les fraix seront remboursés à l'officier commandant le détachement, et il sera payé à chaque homme 1 5 sols pir jour au delà de la paye, pour tenir lieu d'étape. La dépense pour la nourriture des chevaux sera faite par le commandant du détachement, et lui sera remboursée.

Montmédy, le 18 juin 1791. Bouille.

(cotée 237.)

De par le Roi. — François-Claude Amour de Bouille, lieutenantgénéral des armées du Roi, chevalier de ses ordres, commandant et général de l'armée de la Moselle et de la Meuse ; pays adjacens et frontières du Luxembourg.

Le commandant du détachement à Pont Sommevesle en partira aussitôt le présent ordre reçu, pour se rendre à Varennes le V juin, el y attendra de nouveaux ordres pour la conduite du trésor qu'il est chargé d'escorter.

A Stenay, le 20 juin 1791 . Bouille.

(cotée 303.) M. de Girardi"ry lieutenant-colonel du régiment de Castella, à Metz.

Montmcdy, le 18 juin 1791.

La nécessité, Monsieur, de porter des troupes sur la frontière me force de faire sortir de Metz votre régiment, et je joins ici Tordre de marche pour le faire venir à Stenay, Marville et Carignan. Vous voudrés bien le faire exécuter exactement, et suivre la disposition qui est marquée sur l'état de route. L'étape ne pouvant pas être préparée, vous voudrés bien faire vivre vos soldats à raison de 15 sols par jour, qui leur seront délivrés au delà de leur paye, pour tenir lieu d'étape.

J'ai l'honneur d'être, avec un très sincère attachement, votre très humble et très obéissant serviteur. Bouille.

(cotée 44.) Monsieur Gournay, vile Saint Jacques, n<> 27, à Paris.

Mets, le n juin 1791.

Le régiment suisse de Castella est parti de Metz le 21 juin, pour se rendre, savoir : le second bataillon, à Stenay; la compagnie de grenadiers du 1er bataillon et 4 compagnies, à Marville; les 4 dernières compagnies, à Carignan.

(cotée 232.)

Stenay, la 15 juin 1791.

J'ai l'honneur de tous envoyer, Monsieur, un ordre de M. de Bouille pour faire passer un demi-escadron de Dun à Varennes, pour raison de l'insuffisance de l'établissement de Dun.

J'ai l'honneur d'être, avec un inviolable attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. D'Offelize.

(cotée 230.)

Monsieur le comte,

Je reçois à l'instant un ordre de M. de Bouille pour faire passer une compagnie à Varennes, pour raison de l'insuffisance de l'établissement de Dun. Elle doit partir d'icy le 19, et comme ma compagnie y est déjà, je compte moy même l'accompagner pour m'y établir. J'en rends compte au gênerai, de qui j'yray prendre les ordres avant mon départ.

(cotée 304.)

De Varennes, la 10.

Je vous envoyé le commandant du détachement de Varennes, n'ayant trouvé d'autres moyens de m'en débarrasser : vous pouvez le retenir aussi longtemps que vous le jugerez à propos. L'officier qui part pour Pont Sommevesle est un homme raisonnable dont j'espère beaucoup. Il reste ici un jeune homme dans de fort bons principes, dont il sera facile de tirer bon parti.

J'ay vu le maire, le commandant de la garde nationale, qui sont à cent lieues du voîage. Ils désirent que vous veniez ici ; je lrur ay dit que j'allois vous faire part de leurs vœux et que j'esperois que vous vous y rendriez. Je couche cette nuit à Sainte Menehould avec le détache ment, et demain, nous serons à deux heures à Pont Sommevesle. Soyez tranquille sur tout ceci ; je crois que cela se passera bien. Au surplus, daus le cas contraire, vous serez averti à temps.

P. -S. — M. Deslon est persuadé que l'objet de sa mission est son établissement ici; il faut l'entretenir dans cette idée. L'établissement est très bon ; je lui ay dit que je vous en rendois compte.

Détails relatifs à la conduite de M. Charles Damas à Clermont et

à Varenne les 21 et 22 juin i791.

J'ai fait un voyage à Metz le 14 de ce mois. M. de Bouille me dit qu'il al loi t faire marcher des troupes sur la frontière; qu'il éloit sûr que les Autrichiens faisoient des mouvements ; qu'il ne pouvoit ?e dispenser de garnir la Meuse, et même qu'il comptoit établir bientôt un camp à Montmedy. 11 m'indiqua Mouzon comme le quartier qu'il d«stinoit à la partie du 13" régiment de dragons restée à S. tint Mihiel et à un détachement du le* régiment, en quartier à Commercy.

J'étoîs venu prendre les ordres, ayant le projet d'aller dans le département du Haut-Rhin visiter un détachement de 160 dragons de mon régiment, qui avoit eu ordre de s'y rendre le 1*' avril, et que je n'avois pas encore été rejoindre, étant occupé du recrutement du régiment porté au pied de guerre et de la remonte qui n'étoit pas encore arrivée en totalité.

M. de Bouille me témoigna qu'il desiroit que j'établisse dans ses quartiers, à Mouzon, l'escadron de mon régiment qu'il y alloit faire marcher, et l'excédent des deux autres qu'il m'ordonnoit d'y joindre pour former une troupe de 150 hommes.

Je repartis le lendemain avec des ordres pour me mettre en marche le 18, et j'en avois d'autres pour le 1er régiment de dragons, à qui je les fis passer à Commercv.

Le 17, je reçus une lettre de M. de Bouilié, qui m'annonçoil qu'ayant a pris que le quartier de Mouzon ne pouvoit être prêt que le 23 du mois, il m'envoyoit Tordre de retarder d'un jour mon départ. A cette lettre étoit jointe un autre ordre de route ; la lettre est dans mes mains; j'ai remis la route à la municipalité de Verdun.

Le détachement du 1er régiment arriva à Saint Mihiel le 18, et nous nous mimes en route le 19. Nous allâmes loger à Ueippe, et le lendemain à Clermont en Argonne, où nous avions séjour.

M. de Bouille m'a voit envoyé un ordre pour le 1er régiment de dragons, qui enjoignoit à un capitaine de se rendre avec un détachement à Sainte Menehould, pour y attendre un convoi d'argent qui y devoit être amené par un détachement de hussards. Je commandai un détachement de 30 dragons prêt à partir pour l'escorte de ce convoi lorsqu'il seroit amené par celui de Sainte Menehould.

Le 20, jour de notre arrivée à Clermont, un officier de l'état major vint me remettre un paquet dans lequel il y avoit un ordre de M. de Bouilié qui m'enjoignoit de faire monter à cheval le landemain, à l'heure qui me seroit indiquée par lui. Le paquet contenoit uue lettre que cet officier m'avoit écrit te, ne sachant pas qu'il me verroit, dans laquelle il me prescrivoit de faire monter à cheval le landemain, à 5 heures du soir.

Il me prévint que je parlirois peut être pour Varenne, afin de racourcir la journée de marche de Clermont à Stenay, qui est longue. 11 ajouta que M. de Bouilié étoit à Stenay, et qu'il viendrait peut être jusqu'à Clermont pour faire un choix de différents quartiers de cantonnement. Je fis rendre compte à la municipalité de cet avertissement de M. de Bouilié et lui demandai des chevaux de trait pour les équipages ; ils me furent accordés.

Le 21 , à 5 heures, nous étions prest à monter à cheval, lorsque la nuit vint. N'attendant plus d'ordre pour me mettre en marche ni M. de Bouilié, je lis desseller et sonner la retraite.

Vers 9 heures et demie, il passa des voitures sur lesquelles je ne jettai aucun soupçon; je demandai même à un des courriers à qui il appartenoil ; il me dit à la M"" la baronne de j'ai à peine entendu le nom.

A 10 heures et demie, j'appris qu'il y avoit de la rumeur dans la ville. 11 vint un hussard qui avoit ordre, à ce qu'jl me dit, de venir au devant de moi. J'appris en même tems que le détachement de dragons à Sainte Menehould avoit été arrêté et desarmé.

Incertain au milieu de cette allarme généralle, ignorant les motifs des ordres consécutifs que j'avois reçu et craignant d'avoir mal interprété mon ordre d'être à cheval à 5 heures, je pris le parti d'ordonner à ma troupe de se rassembler pour me mettre en route pour Stenay, et je fis partir M. (1J, quartier maître trésorier, avec le logement.

Peu de moments après, il arriva chez moi une députation de la municipalité, qui me demanda- par quel ordre je faisois monter à cheval ; je montrai celui que j'avois reçu de M. de Bouille, et je lui dis que je ne pouvois m'empecher de l'exécuté ; que je m'apercevais qu'il y avait quelque chose d'extraordinaire ; que je serais responsable de tout événement ; que d'ailleurs, il y avoit un décret qui prescrivait aux municipalités de ne pas s'opposer à la marche des troupes ; ces messieurs me demandèrent de ne pas partir avant une demie heure; je le leur promis.

Pendant ce tems là, les dragons montaient à cheval ; j'y montai moi même. L'alarme s'augmentait, on battait la générale, on sonnait le tocsin. Je me rendis sur la place; les dragons s'y rassemblèrent, et toutte la troupe étoit presque à cheval lorsque MM. les officiers municipaux y arrivèrent. Je renouvelai mes instances de me laisser partir ; ces Messieurs me demandèrent de faire mettre pied à terre à ma troupe ; ue voulant pas enfreindre cette réquisition formelle, j'en fis le commandement, et j'ordonnai aux dragons de conduire les chevaux aux écuries.

Je suis obligé de repondre à l'accusation qui a été portée contre moi, d'avoir crié dans la rue : A moi, dragons! Je jure que ce mot n'est pas sorti de ma bouche ; je n'ai jamais eu le projet de commettre aucune violence; je n'ai pas non plus commandé : Marche! J'étoisloin de vouloir employer la force pour partir et de risquer quelqu'événemens fâcheux.

Lorsque les dragons ont été rentrés, j'étois dans la plus grande incertitude sur tout ce qui se passoit. J'avois reçu des ordres à la hâte pour me mettre en marche; je me décidai donc à prendre de ma personne le chemin de Varenne pour y prendre des informations. On m'accuse d'avoir fui, et la preuve que je n'en jamais eu l'intention, c'est qu'aprenant en route que ces voitures étoient arrêtées, je continuai mon chemin, et j'entrai dans la ville où on m'aprit que c'étoit le Roy.

Je conduisis mes chevaux à l'auberge, et j'allai m'adresser à la municipalité, qui me mena dans la maison où étoit le Roy, à qui je té-

(1) Ici un mot passé : c'est Remy qu'il faut lire.

moignai mon étonneraent. 11 me dit que son intention étoit de se rendre a Montmedy, et que son intention n'étoit pas de sortir de France. Je passai une partie de la nuit dans la chambre qu'il occupoit ou dans la chambre voisine. Je ne proferai pas une parolle que pour recommander à tout ce qui l'entouroit de veiller à sa sûreté. La municipalité de Varenne étoit loin de porter sur moi aucun soupçon ; elle ordonna, lorsque le Roi se mit en route, que mes chevaux, qui étoient dans une écurie fermée, me fussent amenés. J'étois au moment de monter à cheval quand quelques paysans eurent l'idée d'arrêter l'aide de camp de M. de la Fayette, M. de Choi seuil, et moi.

L'éloignement de la municipalité, qui a\oit suivi le Roy, fut cause de nôtre arrestation. Nous attendions son retour à la maison commune. Le soir, un des membres de la municipalité, resté seul, et quelques membres de la commune, à qui nous représentâmes que nous desirions repartir, qu'on nous avoit arrêté saus le moindre motif, nous donnèrent notre liberté. Nous prenions la route de Glermont, lorsque nous fumes encore arrêtés, ramenés à la maison commune, et de là conduits en prison par les volontaires de Verdun, qui nous prirent sous leur garde; nous devons la vie à leur constance ferme et courageuse.

Le landemain, nous fumes amenés à Verdun par la garde nationale de cette ville, et l'aide de camp de M. delà Fayette fut remis en liberté à Varennes.

M. de Floriac, capitaine au régiment, à qui j'avois dit de m' accompagner, et M. Remy, quartier maître, parti avec le logement et arrêté en passant à Varennes, ont partagé notre sort, et ces deux officiers n'ont donné aucun prétexte aux soupçons.

Je ne me permets de justification que le récit exact des faits. J'affirme avec vérité que tous mes ordres, que j'ai remis aux municipalités de Glermont et Verdun, sont positifs pour me rendre à Mouzon ; que j'ai reçu celui de monter à cheval le 21 au soir (je l'ai remis aux officiers municipaux de Glermont); que j'ai insisté pour l'exécuter, mais que je n'ai commis aucune violance, et que sur la réquisition expresse de la municipalité, j'ai fait mettre pied à terre ; que je ne me suis rendu à Varennes qu'avec un officier et deux maréchauds des logis et dans l'intention d'éclercir nos soupçons et de connaître l'objet d'une si grande ail arme.

Je jure sur l'honneur que je n'ai point fui, et que je retournois à Glermont pour rendre compte de ma conduite à la municipalité, lorsque j'ai été arrêté contre toute vraisemblance.

Signé : Gharles Damas.

(cotée 92.)

Extrait du procès verbal de la marche du détachement composé des gardes nationales de Longwy et des troupes de ligne qui se sont portés sur Varennes, d'après la réquisition du Directoire du district.

Le détachement, composé de soixante hommes de la garde nationale, de cent cinquante hommes du régiment d'Armagnac, de vingt artilleurs du régiment d'Auxone qui accompagnoient deux pièces de campagne, el de trente hussards de Chamborant, party le mercredy 22 juin, à sept heures du soir. Après avoir marché loute la nuit, il s'arrêta à Juvigny, village situé à huit lieues de Longwy. Un courier, dépêché par la municipalité de Dun, conlremanda le détachement, en apportant la nouvelle que le Roi et la famille royale étoient repartis pour Paris la veille à huit heures du matin, et que la plus grande tranquilité régnoit dans ces cantons. Alors, ce détachement revint à Marri lie, et le lendemain 21 à Longwy.

Ce voyage ne fut pas infructueux, en ce qu'il procura des renseignements exacts sur les manœuvres de M. de Bouille pour protéger l'évasion du Roi. Voici les faits.

M. de Bouille étoità Longwy le 16 juin; le lendemain, il passa en revue toute la garnison. Les bons citoyens virent avec peine les couleurs autrichiennes dans les plumets de ses aides de camp; on remarqua particulièrement l'air inquiet et rêveur de ce général, et l'on pensa qu'il tramoit quelque complot cou Ire la Nation. Il partit de Longwy le 17, disant qu'il alloit à Montmedy; maison a sçu depuis qu'A avoit été à l'abbaye d'Orval, afin de donner ses ordres sur les préparatifs qu'on y faisoit pour recevoir le Roi. M. de Rouitlé n'arriva que le 20 à Montmedy, en même tems que le régiment de Nassau. On observera qu'il en avoit fait partir le régiment de Bouillon, parce qu'il n'avoit pu parvenir à le corrompre. Pour détourner les soupçons des habitants de la ville de Metz, il avoit donné des ordres pour qu'on lui prépara à diné chez lui le 22. Le 21 il se rendit à Stenai, où il prit son logement hors de la ville, à l'hôtel du Palais Royal. En entrant dans la ville, il reçut avec

dédain lf s honneurs que lui rendit la municipalité et la garde nationale. Il sortit de Stenai dans la matinée, avec le régiment Royal Allemand pour le faire manœuvrer; en rentrant en ville, il distribua de l'argent pour faire boire les soldats ; on observera que les officiers du dit régiment arrêtèrent le même soir leur compte dans les auberges. A la nuit tombante, M. de Bouille envoya un détachement à Mouza, village situé sur la roule de Dun à Stenai ; ils y sont restés chez les habilans sans déseller ny débrider. Ces dispositions ont éveillé des soupçons; plusieurs citoyens, s'étant rependu dans les campagnes, ont apperçu M. de Bouille qui alloit à la découverte, et qui entroit dans la forêt de Saint Dagobert par le chemin des fonds, qui conduit à Ballon. Il avoit disposé des hussards de Lauzun sur la route de Mouza à Dun. On a vu M. de Bouille entre une heure et deux heures du matin sur le haut de Serre, entre Chauvency et Montmedy ; les généraux qui l'accompagnoit et les aides de camp qui l'accompagnoit étoient distribués chacun à leur poste. M. de Bouille se présenta devant Stenai vers les deux heures du matin. Il avoit donné ordre au régiment de Royal Allemand de se tenir prêt à marcher à la pointe du jour. Il les attendit pendant deux heures en témoignant de la plus vive impatience; enfin, il se mit à leur tête et prit la route de Dun, précédé des hussards de Lauzun et suivi du second bataillon du régiment de Nasseau. Il avoit aussi disposé, aux environs de la foret de Saint Dagobert, un escadron de chasseurs du régiment de Champagne. Un de ses aides de camp étoit parti de Meiz l'avant veille avec le régiment de Castella suisse, et après une marche forcée, il étoit parvenu à le conduire sur la route que le Roi devoit tenir. M. de Bouille, impatienté de ne point voir arriver de voiture, mai choit sur Dun, lorsqu'il apprit que le coup étoit manqué et que le Roi étoit arrêté à Varennc ; sur quoi il rebroussa chemin avec tout son monde; le même soir, il est passé dans le pays de Luxembourg. Le maire de Tellancourt a fuit la déposition suivante : que le dix huit juin, M. de Bouille avoit passé à Tellancour avec M. Desoudes, lieutenant du Roy à Lougwy, et le colonel des hussards de Chamhoran. Ce dernier a été àTorgny, sur les terres d'empire, a remis au maire dudit Torgny un paquet de lettres d'un demy pied de hauteur, pour le faire passer à Luxembourg sur le champ.

Certifié véritable. Fait et arrêté à Longwy le vingt quatre juin mil sept cent quatre vingt onze. Duclos,

Grenadier volontaire, faisan' 1rs fondions de Secrétaire du détachement.

(cotée 204.)

Extrait du regître des délibérations du Conseil général de la commune de Dreux.

Aujourd'huy vingt deux juin mil sept cent quatre vingt onze, le Conseil général de la commune assemblé au lieu ordinaire de ses séances, s'est présenté le sieur Lebeau, gendarme, accompagné de plusieurs Messieurs de la garde nationale de noire ville, lesquels nous ont déclaré qu'ayant demandé les passeports du nommé Gaudin, voiturier, il leur avoit repondu qu'il n'avoit que sa lettre de voiture, par laquelle il est constaté qu'il est chargé de huit caisses d'armes, de plusieurs malles et ballots destinés au vingt cinquième régiment (ci devant Poitou), pour lors en garnison à Orléans, ce que nous avons constaté par la sus ditte lettre de voiture à nous présentée par le dit sieur Gaudin, et le conseil général n'ayant point voulu prendre sur lui de prendre aucune délibération sur la destination des dittes armes, ensemble de deux chariots qui suivaient la ditte voiture, il a été arrêté que Messieurs les administrateurs du district seraient priés de vouloir bien se transporter en l'hôtel commun pour délibérer, conjointement avec le Conseil général, sur les mesures et précautions nécessaires.

Et Messieurs les administrateurs étant intervenus, la matière mise en délibération , il a été arrêté que, vu les circonstances de l'évasion du Roi et de la famille royale, il étoit important de laisser en lieu de sûreté les dittes caisses d'armes, malles et ballots destinés au vingt cinquième régiment (ci devant Poitou), pour lors en garnison à Orléans: précautions d'autant plus essentielles que la lettre de voiture annonce la destination des dittes armes à Messieurs Brécard et Simonet, chargés des transports des convois militaires, rue du Ponceau, n° dix huit, à Paris, et qu'il nous a paru surprenant que l'on fît venir ces armes à Paris, pour les faire transporter ensuite à Orléans ; et sur le vu des lettres de voiture des deux autres routiers, il s'est trouvé également dans l'une d'icelles une caisse d'armes à la même adresse, pour laquelle il a été décidé de prendre les mêmes précautions. Desquelles mesures et précautions il sera donné avis au département de Chartres, pour en

ordonner ce qu'il conviendra dans les circonstances présentes; ensemble à la municipalité de Paris, et que dans les lettres d'avis il seroit exposé tant au département de Chartres qu'à la municipalité de Paris le besoin où se trouve la commune de Dreux d'avoir des armes en quantité suffisante pour armer ces concitoyens; et quant aux malles et ballots fermés à clef dans lesquels on soupçonne qu'il peut y avoir des cartouches et autres munitions de guerre, le département est prié d'authoriser la municipalité d'en faire faire l'ouverture; et vu la disette où se trouve la ville de Dreux de ces" munitions qui dans ces circonstances pourraient devenir nécessaires, l'authoriser à les employer à ses besoins. Fait et arrêté les mêmes jours et an que dessus ; signé au regttre : Lemenestrel, maire ; Vabois, Voyenne, Ruel, Viel père, Lemaitre, Langelai Dechaulne, Maugars, Héron, Ménage, Laplanche, Doucher, Reaunier, Fricault, Barrois, Hache, G. Quilhert, Baudran, Rochereûil, Buré, Salin on, et Desjardins. Pour expédition conforme, signé : Asselin, secrétaire grefûer.

Pour copie conforme :

Barré.

(cotée 202.) COPIE d'une lettre de voiture.

Régie générale des convois militaires pour le compte du Roi.

A Hennés, ce il juin 1791.

À la garde de Dieu et sous la conduite du nommé Charles Roch, il vous plaira recevoir les effets détaillés de l'autre part, appartenant au vingt cinquième régiment d'infanterie, ci devant Poitou, pesant ensemble, suivant l'arrêté ensuite du détail susdit, 440 livres, lesquels effets ayant reçu bien conditionnés, dans quatorze jours vous voudrez bien en donner votre reconnoissance au dos de la présente, pour que sur icellc il puisse recevoir le prix de sa voiture, à raison-de six livres du cent, qui lui sera payé par MM. Brécard et Simonnet, à Paris, en raportanl la présente en bonne forme et duement déchargée.

Pour raison duquel transport et en vertu des arrêtés du Conseil dés 26 septembre 1775 et 31 décembre 1778, il ne sera perçu aucun droit de péage, bacquetage, potage, passage, douanne, traites et autres quel-

conques appartenans au Roi, villes ou seigneurs, ni aucuns .octrois établis ou à établir sur les chevaux ou voitures destinés au service de l'entrepreneur ou de ses sous traitans.

Votre très-humble serviteur. Signé : Le Prieur, avec paraphe.

Et plus bas est écrit : A Messieurs, Messieurs Brécard et Simonnet, chargés du transport des convoys militaires, rue du Ponceau, n° 18, à Paris.

Détail des effets appartenant au fégiment 2fcm* d infanterie (ci devant

Poitou) , à Orléans.

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