SECTION DU JARDIN DES PLANTES
Ce jourd'huy dix neuf juin, à six heures de relevée, est comparu devant nous, commissaire de police de la section du Jardin des Plantes, le sieur Louis Thomas Lambert Charlier, citoyen de cette section, y demeurant, rue des Fossés Saint Bernard, lequel nous a déclaré que
ce jourdhuy, entre quatre ou cinq heures de relevée, étant dans le Palais Royal à parler à diverses personnes, une dame Ta accosté et a demandé à lui parler. S'étant retiré avec elle en particulier dans une porte cochere, rue Neuve des Petits Champs, au dessus du perron, cette dame lui a dit qu'elle avoit connoissance certaine par des personnes attachées au service des dames de France, que des serruriers avoient travaillés à force pour mettre en état les voitures pour faire partir demain matin secrètement les enfans de France, par les appartements de M. de Villequier, et que lendemain matin le Roy devoit prendre le même chemin.
D'après cette déclaration, le sieur Charlier a arrelé celte dame, Fa conduit au corps de garde du Trésor national , où il a fait le récit de la déclaration de la ditte dame qui Ta elle même confirmée en présence des gens de la garde, les quels ont été d'avis de la conduire à l'officier de service aux Thuilleries, n'ayant point alors d'ofQcier à ce poste ; mais sur la représentation de cette dame, qu'elle étoit très connue aux Thuilleries et que cela lui feroit un tort considérable, les gens de gardes de ce poste, ont jugés à propos de la laisser aller.
Le sieur Charlier et plusieurs citoyens qui se sont trouvés là, se sont chargés dans faire part sur le champ, chacun dans leur section ; laquelle déclaration le sieur Charlier a signé. Signé : Charlier.
L'expédition de la déclaration cy dessus a été signée et portée par nous, commissaire de police de la section du Jardin des Plantes, à Monsieur Perron, administrateur de police, le dimanche dix neuf juin, à sept heures et demie de relevée.
Le lundy vingt juin, M. Perron a dit à nous, commissaire de police, qu'il avoit eu d'autres déclarations de la part de différentes sections.
Le mardy vingt juin, M.Cizone a dit à nous, commissaires, que la veille on s'étoit occupé de cet objet. Naudon.
(cotée 261.)
Il y a au service de Madame, belle sœur du Roy, une femme qui vivait mal avec son mary, lequel étoit garçon limonadier, chez îe sieur ***, limonadier, rue Neuve S* Marc, n° 5 de la rue et n« 410 de
la section. Ce garçon fut voir sa femme au Luxembourg; elle lui dit qu'ils alloient quitter Paris et que le Roy seroit peut être de la partie. Cet homme exposa à sa femme qu'il seroit dans le dessein de s'en aller aussi. Sur sa prière, sa femme en parlât à Madame qui, sur l'aveu que laditte domestique avoit dit à son marri que le Roy pourroit être du voyage, lui dit : Et bien, je Tameneray ; et quand le marry eut reçu cette réponse, il dit à son limonadier qu'il eu à se pourvoir d'un garçon sous peu de jours; qu'il partoil avec Monsieur et Madame, et que le Roy partoit aussi ; ledit garçon a quitté son bourgeois le quatrième jour de la demande de son congé.
La manière dont vivoit cet homme avec sa femme peut fair soupçonner qu'il s'est écouler quatre à cinq jours entre la première visite qu'il rendit à sa femme et le jour où il eu la parole de la belle sœur du Roy.
Le limonadier a rendu ce fait avant même la fuite royale, mais on Ta écouté comme si c'était un comte. Decostes.
(Fac-similé. — cotée 242.)
(cotée 243.)
Le soussigné, Ministre plenipotentaire de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies, a l'honneur de prier Son Excellence Monsieur le comte de Montmorin de vouloir bien lui accorder deux passeports, dont l'un pour Mad*e la baronne de Korff, une femme de chambre, un valet de chambre, deux enfans et trois laquais ; l'autre pour Madame la baronne de Stegleman, sa fille, sa femme de chambre et deux laquais, qui partent par Metz pour Franckfort.
Paris, le 5 juin 1791 . Simoun.
(Fac-similé. — cotée 244.)
(Fac-similé — cotée 244.)
(cotée 245.)
Paris, ee samedi matin.
Monsieur le comte,
Le comte de Fersen, capitaine aux gardes de S. H. suédoise, étant dans l'intention de partir d'ici pour la Suéde, et désirant pour cet effet d'être muni d'un passeport de Votre Excellence, j'ai l'honneur de la prier de vouloir bien lui en faire expédier un, qu'elle aura la complaisance de m'envoyer au plutôt.
J'ai l'honneur d'être avec un attachement inviolable, Monsieur le comte, de Votre Excellence,
Le très humble et très obéissant serviteur,
(Fac-similé. — cotée 4.)
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(Fac-similé. — cotée 10.)
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(cotée 31.)
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(Fac-similé. — cotée 30.)