POIDS
Vingt trois balles composées de chacune quarante couvertures
(cotée 73.)
Le samedy vingt cinq juin mil sept c*nt quatre vingt onze, six heures de relevée, s'est présenté aux Comités reunis des passeports et recher-
ches de l'Assemblé nationale le sieur Roulance, lequel a déclaré qu'étant voiturier de son état, le sieur de Fersen luy avoit envoyé le sieur Louvet, son valet de chambre, jeudi 16 dudit mois, pour mener des effets d'équipage à Valenciennes, déposés sur un charriot rouge couvert. Ledit Roulance a attelle deux chevaux à luy appartenant, conjointement avec l'attellage de six chevaux à M. de Fersen, vendredi 17, jour qu'il est parti, qu'il a couché a la Chapelle, le samedi a couché à Auvillier, le dimanche à Perronne où on a joint à la voiture une grande malle, pesant au moins quatre cents, fermant à clef, amené en poste par Mme Aquin, laveuse de vaisselle chez M. de Fersen, disant que c'était des effets oublié. Le lundi est arrivé à Cambray, le mardi à Valencienne, où il a été chargé sur sa voiture des tentes et piquets de tentes, en outre des houses de chevaux garnie en or et argent, que les soldats du régiment Royal-Suédois ont apporté et y ont joint six barres pour les chevaux. Le même jour a arrivé à Quevrin, terre de l'empire, où il a été forcé d'oter sa cocarde et son plumet, et que même on a voulu lui couper son bouton à son chapeau, et le même jour s'est retourné à Valenciennes. Et a dit que c'étoit tout ce qu'il pouvoit savoir. Et a signé Roullance.
Le même jour et an que cy dessus, est comparu la dame épouse du sieur Roulance, laquelle a déclaré que, le sieur Louvet valet de chambre du sieur de Fersen, s'est présenté à la. porte de son chantier, le vendredi jour du départ de son marry, pour luy demander une voiture pour aller à la diligence, chercher une malle qui- n'avoit pas été enregistré la veille et que son charretier ayant été la reprendre à la diligence l'a transporté chez un sellier carossier, demeurant rue de la Magdeleine, au coin de celle Surene, près l'église ; que ledit carossier ayant trouvé la malle trop pesante pour la transporter sur une de ses voitures , le charretier a été obligé d'aller la reprendre sur les sept heures et demie du soir, pour la ramener à l'hôtel de Fersen, au coin de la rue de Matignon. Le lendemain matin, la damé Roulance a vu sur les neuf heures du matin partir la dame H aquin, dans une voiture attelle de deux chevaux de poste où éloit ledit coffre ; que la voiture cité cy dessus a été loué chez un nommé M. Coron, mt™ serrurier en voiture, demeurant à la Pologae, à coté de l'ancienne cazerne, qui, ayant été reprendre sa voiture à l'hôtel de M. de Fersen, s'est plaint de ce que sa voiture avoit été à Perronne, mais que la dame Haquin lui a donné dix écus pour le dit voyage , et que le sieur Coron avoit dit qu'il étoit fâché que sa voiture eut servi à une pareille expédition. La dite dame Roulance a dit que c'étoit tout ce qu'elle savoit, et a déclaré ne savoir signer.
Le sieur et dame Roulance demeure rue Ville Leveque, en face de la vacherie suisse, chez M"" Glinay, n« 34.
(cotée 90.)
Montmedy, ce 83 juin 1701.
Monsieur le président,
Un généra] qui jouissoit de la confiance du Corps législatif Tient do commettre la plus noire perfidie.
Le bruit de la formation d'un camp auprès de Montmedy se répandît depuis quelques jours; différens convois de tantes, marmites et autres ustensils, accréditèrent ce bruit.
M. de Bouille, accompagné de M. de Klinglin et de quelques autres' officiers généraux, se rend dans la place le samedy dix huit juin, et le lundy 20 à Stenay. L'opinion commune est qu'il vient reconnoitre le pays. Le même jour 20, divers régiments de troupes allemandes se mettent en marche ; mais l'idée du rassemblement qui doit s'effectuer près de Montmedy, les ordres donnés par le général pour cuire dans cette ville 18 mille rations de pain et préparer les fourages, le déployement des tantes et la nouvelle répandue que le général a marqué l'espace du camp, toutes ces circonstances empêchent d'approfondir le mouvement des troupes et maintiennent la sécurité.
Le même jour lundy 20, vers 9 heures du soir, M. de Bouille, logé avec les officiers de sa suite dans une auberge hors des portes de Stenay, donne ordre à un détachement du régiment cy devant Royal Allemand, en garnison dans cette ville, de monter à cheval et de se porter sur Mouzay, village distant de 3 quarts de lieues. A 3 heures du matin, le reste du régiment, à l'exception des chevaux de remonte et des recrues, reçoit Tordre de se reunir au détachement. La municipalité de Stenay n'est point avertie de ce départ de la garnison, ni du lieu où elle se rend. Cette ignorance et ce mouvement subit et nocturne excitent la défiance et l'inquiétude:
Cependant, un bataillon du 96« régiment, cy devant Nassau, de pas-
sage à Montmedy, reçoit au milieu de la même nuit, par un aide de camp de M. de Bouille, Tordre de se rendre à Dun, petite ville sur la Meuse, à quatre lieues de Varennes.
Un détachement des chasseurs de Champagne, à Montmedy, part au même instant et sur une autre roule sous les ordres de M. de Klinglin.
Plusieurs compagnies de chasseurs partent aussi de Dun et prennent la route de Varennes.
Ces mouvements extraordinaires dans la paix, des aides de camp sur toutes les routes et des vedettes placées de toutes parts, rendent l'alarme générale. On court aux armes ; les gardes nationales se réunissent et se mettent en marche. Peu d'heures après, la nouvelle se répand que le Roi et toute la famille royale ont été arrêtés à Varennes; que Bouille, dont l'objet étoil de protéger leur fuite, n'a pas réussi, cl qu'il a pris le chemin le plus court pour sortir du royaume avec son escorte.
Royal Allemand est rentré à Stenay, Nassau et le détachement de Champagne à Montmedy.
Les officiers, sous ofliciers et soldats de ces deux régimens se sont, aussitôt leur retour, présentés par devant nous pour déclarer qu'ils étoient dans une ignorance absolue des motifs de leur marche. Nous avons l'honneur de vous adresser des expéditions de ces diverses déclarations, au nombre desquelles est celle du commandant et de l'ingénieur attaché à la place de Montmedy.
Presque tous les officiers de Royal Allemand, le colonel de Nassau et le lieutenant colonel de Champagne ont disparu.
Placés à l'extrême frontière, exposés aux premières hostilités, nous suplions l'Assemblée nationale de jeter un regard sur nous. Les premiers soins du Directoire se sont portés sur l'état de défense de la place de Montmedy. Sa situation sur un roc escarpé fait sa plus grande force, et sa proximité du Luxembourg luy donne de l'importance. Nous tiendrons la main à ce que tous les canons soient mis en batterie ; nous visiterons les arsenaux ; des armes et des munitions seront distribuées aux gardes nationales ; notre patriotisme croîtra comme la perversili* de nos ennemis.
Avant de finir cette lettre, nous croyons devoir faire observer qu'il n'existe d'autre garnison, dans celte partie de la froulière, qu? des troupes allemandes qui y ont été établies par M. de Bouille pour l'exécution de son projet.
Nous avons l'honneur d'être avec respect, Monsieur le président, vos très humbles et très obéissans serviteurs.
Les administrateurs composant le directoire du district
de Montmedy,
Bechet, du Mailly, Jodin, Gumand, Guichard.
(cotée 196.)
A Monsieur de Kuesne, poste restante, à Ypres.
Nos affaires vont au mieux, mon cher Kuene, puisque le dix neuf du mois passé, tout a été définitivement arrêté, le jour même fixé, mais on ne le connoit point encore. N'ayant eu qu'un entretient de cinq minutes avec le marquis de Lacceuil, je ne puis te donner d'autres détails; j'en saurai peut être davantage aujourd'hui, m'ayant donné un rendez-vous pour quatre heures et demie. Dis à M. l'abbé de Saint-Bertin que je me suis si exactement acquitté de sa commission, que j'ai été le premier à lui apprendre la malheureuse nouvelle de la saisie de l'argent ; il en a été consterné et a dû expédier, hier à trois heures, un courrier à Monsieur le comte d'Artois, qui en sera sûrement très affecté, parce que, quand bien même l'argent seroit rendu, le retard est nuisible. Tu feras bien, je pense, de ne point révéler ce que je te dis à MM. de .. . colonel général (1), ayant des preuves de leur peu de confiance en nous, je pourrois peut être dire de leur indiscrétion. Celte catastrophe est fâcheuse pour nos indigents; mais cela, je l'espère, n'empêchera pas qu'ils ne soient des nôtres. Je resterai icy au moins huit jours, et je ne retournerai point à Dunkerque que je n'aie tout disposé pour le mieux. S'il an i voit quelque chose d'intéressant, je le le ferois savoir par l'entremise de l'abbé de Saint-Berlin, qui t'enverroit un exprès. 11 est prudent de se préparer, de manière à n'avoir phi3 qu'à mettre le pied à l'élrillier.
(1) Ce passage inintelligible avait sans doute un sens pour celui qui envoyait et celui qui recevait cette lettre. Il est possible aussi qu'il existe une faute de copiste, ce document n'existant au dossier qu'en copie certifiée.
Dis à d'Avignot que je le prie de se conformer exactement à ce que je lui ai dit pour mes lettres. S'il en recevoit une de Rouen, il faudra aussi qu'il me l'envoyé à l'addresse que je lui ai laissée. Si tu veux m'écrire, tu t'en serviras aussi. Adieu ; j'ai fait une chute hier soir en rentrant, c'est ce qui fait que j'écris si mal. Rappelle moi au souvenir des habitants d'Ypres, et brûle ma lettre tout de suite.
11 arrive icy quatre mille hommes avec armes et bagages; on dit que c'est pour l'inauguration ; il y aura dix à onze mille hommes. Je trouve que c'est bien du monde.
Bruxelles, le jeudi 5, je dis cinq juin.
Si lu as quelque chose à me mander d'Ypres, je loge à l'hôtel Royal, n« 15, où on me connoit par mon véritable nom.
Copie de la lettre signée, qui prouve qu'après confrontation faite des écritures, celle cy dessus est du même auteur,
Alençon, ce douze janvier 4791.
L'ami d'Avignot, mon cher Béligny, me mande que tu m'as fait le plaisir de me céder 15 livres de ton cafte. Je suis bien fâché qu'il y ait eu du mal entendu; j'avois compté sur la totalité de ton baril, et si tu n'as pas encore disposé du surplus, tu m'obligeras en m'en donnant la préférence ou en m'en procurant d'aussi bon, si cela est possible, dont tu me feras le plaisir de me marquer le prix, parce qu'il n'est pas tout pour moi. Si tu me cèdes le reste de ton baril, je prendrai ce qu'il contiendra ; si lu m'en procures d'ami et du meilleur de la Martinique, 100 livres me suffiront. Je desirerois qu'on me les envoyât par Rouen, addressées à M . Portier\ directeur général des fermes à Rouen, par le premier navire parlant de Dunkerque. Adieu, mon cher Béligny, je te souhaite beaucoup de plaisirs et bien de la santé. Reçois l'assurance du sincère attachement de ton serviteur et araL
S gné : de Régnier, arec parapfie.
(Ce Régnier est un des officiers fugitifs du régiment n° 2:2, ci-devant Viennois.)
Copie d'un écrit sins date ni signature trouvé dans une des chambres des cy devants officiers du régiment vingt deuxième de l'infanterie, actuellement fugitifs.
Nos sentiments vous sont connus; depuis plusieurs mois, nous les avons manifestés d'une manière non équivoque. Ces sentiments sont toujours les mêmes, purs, loyaux, et indépendans des événemens. Résolus à marcher sous vos drapeaux, nous avons pris les mesures nécessaires pour être à même de recevoir vos ordres. M. de la Queille, auquel nous avons fait de fréquentes visites à Bruxelles, et avec qui nous avons entretenu une correspondance suivie, pourra vous attester notre zèle et désintéressement, qui nous portoit à nous sacrifier pour votre cause, votre cause étant celle de notre Roy et de toute sa famille. Nos équipages sont faits , nos cœurs anticipent d'avance sur le moment de vous rejoindre ; mais nous vous devons, nous devons à la bonne cause et à nous mêmes d'attendre de nouveaux ordres. Le départ du Roy et de la famille R . . . peut avoir occasionné quelques changements dans vos projets; nous attendrons des éclaircissements à ce sujet par M. Mêlaq. En attendant, vous pouvez compter sur nous au premier signal. Nous vous prions d'envisager favorablement la pureté de nos intentions, et de ne pas nous confondre dans la foule de ceux que les circonstances seules décident, et qui n'osent prendre un parti que lors qu'il leur est impossible de n'y être pas entraînes.
Au dos est écrit : c Depuis plusieurs mois, nous avons fait part au « prince de Gondé de nos sentiments; il les connoit et compte sur c nous. Nos équipages sont prêts. »
Pour copie conforme aux originaux déposés au greffe de la municipalité.
Merlan.
Duokerque, ce 3 juillet 1791.
(cotée 42.)
Je reconois avoire reçu de M. le comte de Fercene la some de 6300 livres pour M. le comte Desterhazy. A Paris, ce 1 avrille 1791.
Mercier.