‹ Fuite de Louis XVI à Varennes, da̕près les documents judiciaries et administratifs déposés au greffe de la Haute cour nationale établié à OrléansChapitre 28 sur 29 · CC · texte numérisé non relu

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nettement d'avoir assassiné votre patrie, dont vous pouviez prolonger la durée pendant des siècles, dont vous pouviez assurer et embellir la destinée.

C'est ainsi que doit vous parler un hpmme qui n'a rien à attendre de vous, auquel vous avez inspiré d abord la pitié, et qui n'a plus pour vous, et pour le peuple ajitropophage que vous avez enivré de crimes, que du mépris, de l'indignation et de l'horreur.

Au surplus, n'accusez personne du complot et de la conspiration prétendue contre ce que vous appelez la nation et votre infernale Constitution. J'ai tout arrangé, tout réglé, tout ordonné. Le Roi lui-même n'a pas fait les ordres : c'est moi seul. Ceux qui ont dû les exécuter n'ont été instruits qu'au moment, et ils ne pouvoient y désobéir. C'est contre moi seul que doit être dirigée votre fureur sanguinaire, que vous devez aiguiser vos poignards et préparer vos poisons. J'ai voulu sauver ma patrie, j'ai voulu sauver le Roi, sa famille ; voilà mon crime. Vous répondrez de leurs jours, je ne dis pas à moi, mais à tous les rois; et je vous annonce que, si on leur Ole un cheveu de la têt'e, avant peu, il ne restera pas pierre sur pierre a Paris. Je connais les chemins ; jV guiderai les armées étrangères; et vous-mêmes en serez responsables sur vos têtes. Cette lettre n'est que l'avaiit-coureur du Manifeste des souverains de l'Europe, qui vous instruiront, avec des caractères plus prononcés, de ce que vous avez à faire ou de ce que vous avez à craindre.

Adieu, Messieurs ; je finis sans compliments : mes sentiments vous sont assez connus.

A Luxembourg , le 26 juin 1791.

Signé : Le marquis de Bouille.

(Fac-$imile. — cotée 488.)

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