CONCLUSIONS
Par sa fréquence dans les régions tempérées, par sa contagiosité, la bronchite de Castellani doit être connue de tous les praticiens.
Simulant la plupart des affections broncho-pulmonaires, le diagnostic, jusqu’à nouvel ordre, ne peut être fait qu'avec le microscope. Cet examen bactérioscopique s’impose, non seulement dans tous les cas de bronchite traînante, rebelles aux traitements usuels, mais aussi et surtout dans tous les cas où il existe une hémoptysie, quelle que soit son apparence.
L’hémoptysie, qui lui a fait donner le nom de bronchite sanglante, est un phénomène fort inconstant ou tardif, sur lequel on ne saurait baser un diagnostic.
Cet examen décèle l’existence de l’association fuso-spirillaire de Vincent, le bacille fusiforme pouvant être plus ou moins abondant.
Bien que certains cas, assez nombreux, paraissent guérir spontanément, la chronicité de la maladie et les dangers qu’elle fait courir en «ouvrant là porte » à d’autres infections nécessitent un traitement efficace. Celui-ci ne saurait plus comporter l’usage des arsénobenzènes, qui ont fait faillite; le stovarsol à doses élevées et assez prolongées a, dans quelques cas, une action certaine; l’injec-
Se 1) UE tion de sang de convalescent paraît devoir être tentée; l’iode paraît avoir des propriétés curatives.
Tout comme l’angine de Vincent sort parfois de Ja
région buccopharyngée, la bronchite de Castelläni — qui reconnaît le même agent pathogène — est suüaceptible de
déborder du cadre pulmonaire et de devenir une infection générale, la bronchite n’étant qu’une manifestation locale de cette infection.
Dès lors, la question se pose de savoir s’il n’y aurait pas lieu de raver la bronchite de Castellani du cadre nosologique, non parce qu’elle ne serait qu’une réaction banale, sans spécificité, un témoin de l’existence d’un spirochète saprophyte, mais parce qu’elle ne serait qu’une manifestation locale d’une affection plus vaste: la fuso-spirillose ou maladie de Vincent.
Cette fuso-spirillose, suivant son point d’attaque et d'implantation, peut-être son ancienneté ou sa virulence, suivant la résistance plus ou moins grande des organismes et aussi des divers organes, est capable de donner naissance à des phénomènes morbides, d’apparence disparate, mais dus à la même cause (ulcères, angine ou stomatite, bronchite, pneumonie, gangrène pulmonaire, hépatite, néphrite, exanthème) et comparables en tous points à ceux des spirilloses déjà admises.
Si une classification des maladies doit être, avant tout, une classification étiologique, la bronchite de Castellani doit disparaître de la nomenclature nosologique ; la période d’analyse doit être close et faire place à une période de
synthèse.
OL