‹ Fusospirillose broncho-pulmonaireChapitre 4 sur 34 · SANS · texte numérisé non relu

SANS

2° Dans cette première période, nulle discussion au sujet de la place que doit tenir le spirochæta bronchialis dans la hiérarchie bactériologique, l’unité pathologique est admise par tous.

Mais, en 1910, dans le Journal of American Medecine Association, Peters Hall et Rothwell décrivent une affection des voies respiratoires à spirochètes, qu'ils ont eu l’occasion d’observer dans les états du Missouri et de l’Ohio, ils notent pour la première fois la présence, à côté du spirochète, du bacille fusiforme décrit par H. Vincent sous le nom d’association fuso-spirillaire et donnent à cette affection le nom d’Angine de Vincent des bronches: l’unité bactériologique est détruite.

De 1910 à 1915, les observations se multiplient: Chamberlain et Phallen, en 1911; Chalmers et O? Farrel, au Soudan Egyptien, en 1913, en décrivent plusieurs cas; puis Harper, en 1914; Macfe, en 1915, en Afrique Ocecidentale; Hallenberger, en 1916, au Cameroun.

3° À partir de 1915, un fait nouveau va se produire. Brusquement, les observations vont se multiplier dans tous les pays et surtout en Europe: l’origine coloniale de cette spirochétose s’impose tellement à l’esprit que l’on donne une raison à cette éclosion de cas dans les régions tempérées: ce sont les contingents coloniaux qui dispersent la maladie, dont le caractère de grande contagiosité, en permet l’extension rapide.

C’est de cette époque que datent les observations de Lurie, à Uskub, en 1915; de Ragazzi, en Tripolitaine, en 1916; de À, Castellani, en Albanie, en 1916 et 1917; d’un grand nombre d’auteurs en France: Barbary; Beau, Dide et Ribereau, Derrien; Grimault, dans sa thèse de Bordeaux; Sabrazès, Netter; Violle, à Toulon; Pringault et

ji Mercier, à Marseille; Simon et Raditch, toutes observations datant de la même année 1918.

I avait suffi, semble-til, d’avoir pris la peine de contrôler, par le microscope, des erachats suspects, pour voir le domaine de cette affection s’élargir.

Mais, en 1915, Galli-Valerio avait décrit cinq cas de spirochétose bronchique chez des malades des cantons de Vaud et du Valais, qui n’ont jamais été en contact avec des coloniaux.

Les cas de ce genre se multiplient avec les observations de: Wolf et Spehl, en 1918, et de Mouchet et Van Netsen, en 1921, en Belgique; de Corvetto, en 1918, au Pérou; de Brown, en 1920, en Angleterre; de Suels et Cuenca, en 1920, Vénézuela; de Korthof, en 1921, à Java; de Mendelson et de Robert, en 1921, au Siam: de Noël Bernard et de J. Bablet, en 1921, à Saïgon; en Russie, observations de Yakimoff, en 1921; au Portugal, celle de De Mello et De Andrade, en 1922; en Chine, Faust et Huizenga, en 1923; en Guyane, par Labernadie et Peyre, en 1923.

Il est donc possible de dire, avec le médecin-major Pons, que :

« La bronchite à spirochètes a été retrouvée partout où elle a été recherchée, aussi bien dans les pays chauds que dans les régions tempérées; c’est une affection cosmopolite, contrairement à l’opinion première, qui la limitait aux Tropiques ».

Cette affection, qui a été décrite sous plusieurs noms différents: bronchite de Castellani, bronchite sanglante, spirochétose bronchique, spirochétose pulmonaire, fusospirillose broncho-pulmonaire, spirochétose broneho-pulmonaire, broncho-spirochétose, est très intéressante - à plusieurs points de vue: c’est une affection fréquente qui ne doit pas être ignorée du praticien; sa spécificité bacté-

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