CHAPITRE I
Les débuts (1830-1860).
M. Fustel de Coulanges (Numa-Denys) naquit
à Paris le 18 mars 1830, d'une famille d'ori-
gine bretonne. Ceux qu'intéressent ces sortes
de problèmes se demanderont peut-être par
quels traits intellectuels et moraux il rappelle
la Bretagne. En dehors d'une certaine obsti-
nation, timide .dans la forme, mais très ferme
dans le fond, il n'apeçcevait rien en lui-mênie
qui, fût spécialement breton, et j'avoue que,
lans uite matière aussi délicate, je ne me
ique pas d'être plus perspicace que lui. Son
père, lieulcnant de vaisseau en retraite, étant mort quelques mois après sa naissance, ce fut son grand-père qui dirigea son éducation avec un zèle dont M. Fustel le louait encore vers la fin de sa vie. Il n'était pas moins reconnaissant envers M. Massin, qui, en Taccueillant dans, son institution, avait fourni à l'écolier sans fortune le movcn de suivre les classes du lycée Charlemagne '.
Il entra à l'École normale en 1850, dans un rang médiocre. Déjà sa vocation historique était parfaitement arrêtée. En seconde et en rhétorique, il s'était nourri des admirables leçons de Guizot sur la Cis^ilisation en France^ et il en avait éprouvé une forte impression; il disait plus tard que ce livre « était le premier qui eût vivement frappé son esprit ' ».
L'Ecole normale se trouvait alors assujettie au régime de défiance que lui imposait le parti rétrograde , tout-puissant dans l'Asseniblée législative. Quoiqu'elle n'eiit jamais été « plus
1. « C'est à cet homme excellent, disait-il, que je dois mon instruction. »