‹ Fustel de Coulanges (volume 2)Chapitre 40 sur 96 · Les Transformation» de la royauté j p · texte numérisé non relu

Les Transformation» de la royauté j p

« Soyez sûr, rae disait M. Fustel de Coulanges quatre jours avant sa mort, que ce que j'ai écrit dans mon livre est la vérité. » Une affirmation si nette, faite en un pareil moment, par un homme qui avait la pleine possession de ses facultés, mérite apparemment d'être notée ; non qu'il faille nécessairement y adhérer ; mais on avouera, je pense, que ce langage devait être l'expression d'un sentiment très sincère.

Cette conviction témoigne que M. Fustel se flattait de n'avoir rien épargné pour atteindre la vérité, et il n'y avait là de sa part ni aveuglement ni infatuation. Ce qu'il a dépensé d'efforts et de talent dans ces six volumes est incroyable. Je doute qu'il ait laissé un seul texte, même très secondaire, sans l'examiner à la loupe. On a prétendu qu'il se plaisait à interroger surtout les documents juridiques, et qu'il se souciait trop peu de toucher du doigt la réalité. 11 a pourtant professé vingt fois le contraire. « Dans les lois, dit-il, nous voyons les règles abstraites suivant lesquelles la justice était rendue. Dans les récits des écrivains.

nous trouvons non plus les règles abstraites, mais les faits concrets et réels; nous avons des descriptions de procès, de jugements, de ^ condamnations. Dans les procès-verbaux de jugements et dans les formules, nous constatons les usages de la procédure et la composition des tribunaux. Ces trois classes de documents se complètent et s'expliquent. Celui qui n'étudie que l'une d'elles, ou qui donne h l'une d'elles une importance disproportionnée se fait une idée fausse de la justice mérovingienne * L'historien n'est maître d'un sujet

que lorsqu'il possède sur ce sujet des documents de nature diverse. Il a besoin de documents qui le renseignent sur l'état légal, et d'autres documents qui lui montrent l'état réel, avec toutes les nuances de l'application *. »

Ce précepte, il le suivait à la lettre, comme l'atteste l'abondance énorme des détails qu'il a puisés dans Grégoire de Tours, dans les hagiographes, les correspondances, et les monuments de la pratique. Reut-être a-t-il par-

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