‹ Fustel de Coulanges (volume 2)Chapitre 47 sur 96 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

rennemî, mais *rauxiliaire et le collaborateur du travailleur qui produit.

Une lettre de M. Fustel, provoquée par un article qui rendait compte de ses Institutions^ résume toute sa doctrine sur ce point*. « Si 'M. X.... écrivait, je jugerais peut-être son livre, disait-il; mais comme c'est moi qui écris, c'est lui qui juge. Je ne m'en plaindrais pas et j'accepter^ais de grand cœur ses remarques.

La science est si difficile et j'ai le> sentiment si p^fond de cette difficulté que je demande qu'on m'aide. Mais le critique doit présenter la même rigueur de méthode que le livre lui-même.

Il n'y a pas une de mes assertions qui ne soit appuyée sur une série de textes cités au. bas des ^ pages ou au moins indiqués. Pour qu'un critique soit en droit de rejeter une de ces assertions, il faut préalablement qu'il ait discuté les textes que j'invoque à l'appui et qu'il leur en

ait opposé d'autres. C'est ce que M.X ne fait

pas une seule fois. Il m'oppose, simplement ses propres opinions; il se contente de dire qu'il

1. Cette lettre, destinée au directeur de la revue où ayait paru l'article, ne fut pas envoyée ; elle est datée du 3 août 1875.

pense autrement que moi. Cette manière de prouver ne peut convaincre ni moi ni aucun de vos lecteurs ».

Ce fut en partie pour apprendre aux critiques leur métier qu'il s'engagea a son tour dans de multiples controverses. Vainement ses amis s'efforçaient de le détourner de ces polémiques, qui avaient le double inconvénient de nuire à sa santé et d'interrompre ses travaux; il ne tenait aucun compte de leurs avis. Peu de temps avant sa mort, il se persuada qu'un de ses confrères de l'Institut avait récemment développé une thèse erronée, et il m'annonça l'intention de la réfuter point par point. Je l'en dissuadai dans la mesure où le permettait le respect. Il demeura inébranlable et me répondit : « C'est pour moi un devoir de conscience. » A ses yeux, l'emploi d'une bonne méthode de critique intéressait autant la morale que la science. Il y voyait presque une affaire de probité, et il estimait que pour l'appliquer une grande sûreté d'érudition ne suffisait pas, qu'il y fallait encore une grande « hauteur de caractère*. »

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