La Monarchie franque^p
172 FUSTEL DE COULÀNGBS.
ment conquise par César, il répondait sèchement qu'il Tavait dit parce que c'était la vérité. Alléguer <( que les Gaulois ont dû lutter longtemps et s'insurger nécessairement contre la domination romaine », c'est peut-être agir en bon Français; mais c'est oublier que l'histoire est une science, et non pas un art où chacun s'abandonne à l'inspiration du moment ^ Il considérait le chauvinisme des Allemands comme l'origine d'une infinité d'erreurs. « Je ne sais, dit-il^ s'il y en a parmi eux qui soient capables de parler avec calme des batailles de Bouvines ou d'Iéna, d'Arminius ou de Conradin, des vertus des Germains de Tacite ou
de l'essence germanique de certains radicaux
Ils connaissent les textes, et analysent dans la perfection tous ceux qui n'ont aucun rapport avec l'histoire de leur patrie; mais ici l'analyse prend un caractère particulier; leur texte se prête h toutes les idées qu'ils ont d'avance en l'esprit, à tous les sentiments qui bouillonnent dans leur cœur. Ils l'interprètent, ils le modi-