La Gaule romaine ^ p
fient, ils en font ce que leur sentiment veut qu'il soit. Ils ont toujours, même en érudition, rhumeur guerroyante. Ils entrent dans un docuipent comme dans un pays conquis, et bien vite ils en font une terre d'Empire *. » Dans un bel article où perce par endroits quelque aigreur, mais qui contient beaucoup de vrai, il insiste fortement sur ce point. La plupart des Allemands assujettissent leur science à leur patriotisme; ils ne voient guère dans le passé que ce qui est « favorable a rintérêt de leur pays »; leurs livres sont autant de panégyriques en l'honneur de leur race, et autant de pamphlets contre les ennemis qu'elle a eu à combattre. Le culte de la patrie est la fin suprême de leurs travaux. Ce qu'ils condamnent chez les autres, ils l'admirent chez eux. Ils altèrent les faits, non par calcul, mais de très bonne foi et presque à leur insu. Leur érudition « marche de concert avec les ambitions nationales » , et s'évertue à leur créer des titres*.