Nouvelles recherches^ p
FUSTEL DE GOULANGES.
Grèce les premières propriétés immobilières.
Le silence des documents Ta empêché de vérifier si cette idée avait été commune à tous les peuples^ et il se défend à cet égard de toute conjecture arbitraire.
Il n'est aflfirmatif que sur un point : nulle part, d'après lui, le droit de propriété n'a été une création de la loi. La propriété n'est pas une de ces institutions que le caprice des hommes peut à son gré établir ou supprimer ; elle est « antérieure à la cité et contemporaine de la famille ». Dès qu'il y a eu des familles organisées d'agriculteurs, il y a eu des domaines distincts et héréditaires. Même quand le droit de propriété a été introduit dans une contrée par la volonté du corps social, c'est h une source plus haute qu'on s'est immédiatement efforcé de le rapporter. Ainsi les Grecs prétendaient qiie les lots avaient été assignés aux diverses familles par le tirage au sort, organe des dieux. Les Hébreux racontaient que chez eux l'Éternel avait procédé en personne à la répartition. Les Étrusques s'imaginaient que Jupiter, possesseur de toutes les terres, avait « délégué à
rhomme sa propriété sur le sol * ». L'homme, en un mot, est si désireux de fonder la propriété sur des assises inébranlables qu'il lui prête une origine divine, pour mieux la garantir contre toute entreprise humaine.
M. Fustel déclare que dans toutes ces discussions il n'est guidé que par l'amour de la science. Il aime de répéter que, s'il combat avec tant d'énergie les allégations de Maurer, de Lamprecht, de Laveleye, de M. VioUet, c'est afin de mettre en saillie les défauts d'une certaine école historique. La théorie communiste lui paraît en elle-même peu dangereuse; elle sera incapable, dit-il, de modifier la marche de l'humanité, et il n'y a pas lieu de s'en alarmer. Le régime de la propriété dépend de « l'ensemble de l'organisme social ». Le meilleur pour un peuple n'est point celui qui satisfait le plus la raison abstraite, mais celui qui s'adapte le mieux à ses mœurs et a ses besoins. C'est à ce dernier que les hommes vont de préférence ; en réalité même ils ne sont jamais appelés à