Lettre du 16 août
Sa vie modeste, austèje et ennemie du bruit, !
est une des pltis belles qu'il y ait. Quel sort enviable que celui d'un savant qui laisse après ; lui des élèves, des découvertes durables,, des livres dont plusieurs sont des chefs-d'œuvre, et par-dessus tout le renom qui s'attache à un amour si profond et si fécond de la science ! Une gK)ire si noble, alors même qu'il faut Tacheter par quelques souffrances et par une mort prématurée, n'est pas trop chèrement payée. Cofnbien d'autres, à la place Se M. Fustel, auraient arrangé leur existence tout différemment! Quant à lui, au risque de se donner les apparences d'un naïf qui se laisse duper par des chimères, il a toujours ignoré les habiletés de l'égoïsme et les calculs de l'intérêt, et, a envisager l'ensemble de sa carrière, il est certain qu'il n'a pas choisi la plus mauvaise part. Il a pu à sa dernière heure se louer de la façon dont il avait compris ses devoirs d'historien et d'honnête homme, et sa mémoire n'a pas Ix craindre que ce témoignage suprême de sa.
conscience soit démenti par la postérité.