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LA CITE ANTIQUE. k\
pour se prémunir contre les maux dont elles souffraient, pour abolir ou restreindre les guerres privées, pour lutter contre leurs voisins, pour acquérir plus de force et plus de sécurité. La religion fut le signe bien plus que la cause de leur fusion, et, pour peu qu'on écarte ces apparences, on s'aperçoit que le vrai principe de cohésion fut ici encore l'intérêt.
Dans les villes grecques et italiennes il y avait des classes distinctes : c'est ainsi qu'à Rome il existait une plèbe en dehors du patriciat. M. Fustel veut à tout prix que la barrière infranchissable qui se dressait entre les patriciens et les plébéiens fût d'ordre purement religieux. Les premiers formaient, dit-il, une sorte de caste, seule agréée de la divinité, seule apte ii l'honorer, tandis que les seconds étaient une masse confuse de gens impurs, dépourvus de religion, et exclus à la fois du culte public et de la cité. Il va même jusqu'à expliquer l'infériorité de quelques-unes de ces familles par cette considération qu'elles ne surent pas « créer des dieux, arrêter une doc-
FUSTEL DE COULÀNGBS.
trine, inventer l'hymne et le rythme de la prière ' ».
Cette idée qu'il se fait de la plèbe est difficile k accepter. Si elle était exacte, on s'attendrait il rencontrer un patriciat de plus en plus étroit à mesure qu'on remonterait vers les siècles oii la foi é^ît le plus vive. Or c'est justement le phénomène inverse qui eut lieu.
Sous les rois, la classe patricienne s'ouvrit à un assez grand nombre de familles étrangères, et elle ne se ferma qu'au début de la république.
Pour en pénétrer le motif, il n'est pas nécessaire de recourir à la religion; on n'a qu'à se rappeler qUe toute oligarchie tend à se rétrécir, lorsqu'elle est livrée à elle-même. La royauté, qui servait de contrepoids au patriciat romain, le contraignit d'abord à s'élargir; mais quand il n'eut plus besoiq de compter avec elle et qu'il fut laissé libre d'obéir à ses instincts, il s'isola et éloigna les intrus.
M. Fustel nous dépeint le patriciat et la