I^ CITE ANTIQUE
se constitue. Elle se mo<]ifie : la société traverse une série de révolutions. Elle disparait ; In société change de Face. » Il semble que ce soit là une loi beaucoup trop simple et que ces événements aient été amenés par des causes bien plus complexes.
Prenez la famille primitive des Grecs, D'après M. Fustel, son organitation dérive uniquement du culte des aïeux. Si le père a un pouvoir discrétionnaire sur les siens, c'est parce qu'il est l'intermédiaire entre eux et les ancêtres divinisés; si ce groupe a le droit de posséder une portion du sol, c'est parce qu'il a besoin d'un terrain pour y ensevelir ses morts ; si la propriété est indivise entre tous les membres, c'est parce qu'il importe que tous séjournent auprès du tombeau où ont lieu les cérémonies et qui les abritera à leur tour. Mais alors, comment se fait-il que des peuples où la religion des morts était encore très vivace aient rompu avec le régime de la propriété familiale, et qu'au contraire ce mode de propriété conserve toute sa vigueur dans des sociétés chrétiennes où les morts ne sont plus adorés?
A supposer que le sentiment religieux ait suffi pour engendrer cette inetitutioa, ce n'est pas lui t|ui l'a maintenu si longtemps en Grèce, c'est l'intérêt politique, c'est le désir de conjurer l'appauvrissement de la classe aristocratique. Il se peut même qu'à Sparte, comme chez les Slaves méridionaux, on ait vu là un excellent moyen de consolider la puissance militaire de l'État '.
Après plusieurs siècles de vie patriarcale, les lamilles se rapprochèrent et la cité naquit.
M. Fustel de Coulanges déclare qu'il est superflu de rechercher les raisons qui les réunirent; il se borne ii constater que a le lien de la nouvelle association fut un culte ' ». J'estime, au contraire, que cette recherche était indispensable; car, pour connaître la nature de l'État antique, le mieux est en somme d'examiner l'objet pour lequel il a été institué. Or il est notoire que les familles se rapprochèrent, non pour prier une divinité commune, mais
1. Cr. Sumner Haine, ÉladeM lui eottlume primitive [trud. (t.), p. 352.