HISTOIRE DES INSTITUTIONS POLITIQUES
romaniste à outrance, le disciple attardé de Dubos*.
En réalité, parmi tant d'historiens qui ont étudié ce sujet, nul n'a été plus circonspect que M, Fustel de Coulanges. Il a commis des erreurs, comme tout le monde; il a obéi quelque peu à l'esprit de système, moins toutefois qu'on ne l'a dit; il a cédé par endroits au désir de rabaisser l'influence germanique. Mais, si l'on excepte certaines théories hasardées ou radicalement fausses, l'ensemble du tableau parait être d'une entière exactitude. Ce livre, où tout n'est point de lui, mais où il y a ■
1. Suis-je romaniate ou germaitiilet Je ne place la sanrce du régime féodal ni chez les Germains, ni chez les
□éceasités communes aai Germains, aux Romains, à tous les peuples. Je dis aux rotnoniatea : Voua avez cru voir l'origine des fiefs dans certaines concessions militaiPes de quelques empereurs, et vous vous èles trompéM. Je dis aui germanistes : Vous fuites découler le régime des ûefa d'un prétendu comitat germanique que vous ne connaisseï que par un mot de Tacite et que vous interprétez inexactement. Je dis aux uns et aux autres : Le régime des Ëefs est au fond un certain système de propriété et de tenure. Le aystème existait déjà dans l'empire romain, et en voici les preuves. Il existait aussi, suivant toute apparence, dans
parce que les documenta noua manquent aut l'état de la propriéld germanique. Je suis donc à la foia romaniste et germaniate, ou bien je ne suis ni l'un ni l'autre. > (Inédit.)
IiSB polémiques de Fu
En publiant ces volume langes se rendait bien coi d'ardentes polémiques. Il franchise dans une de ce£ jour le jour, et pour h sions.
<( Je m'attendais à d< plutôt, car c'était moi qui: en vogue, je m'attendais S'il faut tout dire, je n' surpris d'être vaincu dans de grandes inquiétudes su ne dissimulais même pas
plus laborieuses De garantissent pas toujours de l'erreur. Aussi appelais-je les objections, et je crois qu'aucun de ceux qui me connaissent ne doutait qu'en parlant ainsi je ne fusse tout à fait sincère. Commeje m'écartaisdes opinions courantes, je redoutais d'être dans le faux; comme je voyais les faits autrement que beaucoup d'érudits, je pensais que peut-être je les voyais mal. J'espérais donc que cenx dont je combattais les théories les défendraient. Une réfutation en règle ne m'aurait pas étonné.
Elle ne m'aurait même afQigé que dans une certaine mesure. Quand on a consacré sa vie et son âme it l'étude d'une science, les petites piqûres de l'amour-propre d'auteur sont bien pende chose à côté de l'intime jouissance qoe j'aurais éprouvée à ce qu'on me montrât la vérité. Cette réfutation n'est pas venue. »
Ce n'est point là un cri de triomphe qu'il pousse; c'est plutôt un regret qu'il exprime. Il avait des devoirs de la critique une idée très élevée, et il craignait qu'elle ne s'en acquittât pas toujours avec assez de scrupules.
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Ceux, disuiuil, qui s'attribuent le précier les travaux d'autrui sont po part des hommes qui ne savent riei ou qui s'imaginent le connaître parc< consulté quelque ouvrage de seconc est si commode de se traîner à la d'un érudit en renom et de lui emj solutions, que beaucoup érigent c en système. Chercher par soi-même es pénible, tandis qu'il est aisé de fei écrits de Waitz ou de Mommsen, c leur contact on s'est frotté d'un lége science frelatée , on se croit autor devant son tribunal et à condamner quiconque s'écarte des opinions con par hasard le critique est un spécial étudié personnellement la question volontiers dans un autre travers, o juge un livre, soyez sûr qu'il songe :
bien plus qu'au livre. Il fait une cr perpétuelle entre chaque page qu'il qu'il a dans l'esprit. Si la page coi idée, naturellement il donne raison iii il lui parait évident que c'est l'auteur i
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Il a marché en guerre contre une foule d'érudits, soit pour détruire leurs appréciations, soit pour défendre les siennes. Dans l'un et l'autre cas, sa règle inflexible a été de demander la vérité tout entière aux documents originaux.
S'agit-il par exemple du système de M. VioUet sur l'état primitif de la propriété hellénique? M. Pustel commence par drçsser la liste des textes que ce dernier a réunis; il tâche d'en démêler la signification; il la met en regard de celle que M. Viollet leur attribue, et il termine par cette statistique, a Yoilà les onze textes par lesquels M. VioUet essaie de prouver que les anciennes cités grecques ont pratiqué plus ou moins longtemps l'indivision du sol. Or le premier, le cinquième et le septième sont absolument inexacts; le deuxième, le troisième et le quatrième sont hors du sujet; le huitième est compris à faux ; le neuvième et le dixième sont justement l'opposé de la thèse; le onzième vise
ministre le 28 septembre 1880 : n. Pur cela seul que les professeurs enseiffnentdes vérités scientifiques, historiques, philosophiques, ils agissent indirectement sur le caractère. Comme ils donnent à l'esprit des habitudes de justesse, ils donnent aussi à l'àme le goAt de la droiture. »
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sus POLEMIQUES.
s'attache à chacun de ces textes, il sens de son mieux, et comme son int diffère sensiblement de celle de M. i déclare qu'il ne peut adhérer à son et qu'il garde ses doutes jusqu'à découvre un texte qui l'autorise'.
Voilà de quelle façon M. Fustel son rôle de critique. II aurait bien i usât envers lui des armes mêmes qu'i contre autrui. Maïs il recevait rare faction. On évitait d'ordinaire sérieuse avec lui, et on se bornait ment à blâmer sa prédilection pour 1< pour les conceptions a priori, pour tions logiques, ou à louer son taleul et ses qualités d'artiste. S'il n'ava que son amour-propre, il aurait et qu'on n'osât pas toucher à son argu Mais l'intérêt personnel était le der soucis, et il cAt de beaucoup préfér démontrât nettement ses erreurs, inoffensifs qu'on lui décochait à I