‹ Fustel de CoulangesChapitre 42 sur 82 · Noaviltet recktrchea, p. 194 el auiv. î · texte numérisé non relu

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des boutades que des jugen M. Fustel en ressentait ua pi qu'aggravaient de jour en jour la maladie. Ce fut la un des empoisonnèrent la fin de son ey On s'est figuré que nourrissi une secrète prétention à l'infi était arrivé à ne pouvoir tolère critique. Un pareil état d'esj chez lui une outrecuidance qu de lui imputer. Il avait certes ce mérite ; mais il savait également de l'histoire est chose ardue d'avoir une confiance illimitée ( ressources . Il n'avait guère l'homme qui compte aveuglénie On l'a sottement appelé « un gi la science ». Lui, se regardait cheor « qui interroge, qui scro qui soulTre ». Il parlait consi « labeurs » et de ses « luttes »

qu'un long effort intellectuel, jouissances et de poignantes a quand il se croyait en possessi

approuvait sa méthode de discussion*. De même pour M. d'Arbois de Jubainville.

M. Fustel a rompu quelques lances avec lui; mais il ne lui a jamais marchandé les éloges les plus flatteurs, et ce)a parce qu'il le considérait comme un homme .dont l'unique pensée était le travail et la science *. Ceux, au contraire, qu'il tenait à tort ou à raison pour de faux savants, qui lui paraissaient avoir plus de surface que de fond, et dont les objections lui semblaient procéder, non de l'examen attentif des faits, mais d'une vue superficielle des choses, d'une opinion préconçue ou d'un sentiment d'hostilité, ceux-là avaient le don de l'agacer prodigieusement, et ses réponses en dévenaient souvent plus âpres et plus mordantes.

On s'attendrait à rencontrer dans ses papiers confidentiels d'abondantes récriminations contre ses adversaires. Si quelques-unes de ces pages renferment des plaintes amères, aucune ne porte la trace d'une animosité quelconque contre une personne déterminée ; et même c'est

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FUSTEI. DE

tout au plus si deux ou trois fois un nom propre est prononcé. Ce qui domiDe, c'est la tristesse, c'est la crainte que l'histoire ne soit égarée par de mauvais conseillers.

Pourtant, comme il y avait, chez M. Fustel, un fond d'optimisme qui survivait aus plus fiicheux pronostics, il se plaisait à espérer que lu vérité finirait un jour par avoir le dessus, et il se consolait des déboires présents ensongeant qu'elle lui devrait peut-être une partie de son triomphe. « J'arrive, écrivait-il le 24 février 1888 à un de ses amis, j'arrive à l'âge où l'on ne pense plus à soi, mais où l'on pense beaucoup à l'œuvre pour laquelle on a travaillé et peiné. Mes livres ont été accueillis par trop de clameurs et de haines pour pouvoir produite quelque effet. C'est votre génération qui fera ce que j'avais voulu faire et qui mettra décidément l'histoire dans une voie scientifique. Je me suis fait trop d'ennemis en combattant la méthode subjective et toutes ses erreurs. Peutêtre aurai-je été surtout utile en me faisant le bouc émissaire de tous ceux dont je dérangeais les beaux systèmes et dont je démasquais la

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gagné en rigueur, au risque de paraître plus étroite; elle s'est- rapprochée chaque jour davantage des procédés habituels aux sciences de la nature; elle a acquis par là plus de précision et de sûreté; mais elle a perdu, en revanche, un peu de souplesse, et elle a fini par imposer aux érudits des conditions si dures qu'un petit nombre d'entre eux se sentent capables de l'employer avec efficacité.

Ces changements sont dus en partie aux critiques qui assaillirent l'Histoire des institutions. Quand M. Fustel vit que de tous côtés on contestait ses conclusions, il s'efforça de prouver qu'il avait pris la voie la meilleure pour arriver à la vérité. C'est alors qu'il réfléchit sur les règles de la méthode et qu'il les coordonna dans son esprit. Jusque-là il n'avait, à ma connaissance, rien écrit là-dessus. Dès lors, au contraire, il ne cessa de développer par la plume comme par la parole ses idées sur la matière. Cette insistance ne trahissait pas seu-i lement chez lui le désir de justifier son œuvre historique par l'éloge de l'outil dont il se servait; il voulait de plus contribuer par ce

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ptiiiosopnie, un aoute metnoatqiie. L.e véritable ùrudit, comme le philosophe, commence par être un.doutenr'. n

n cjassait les historiens en deux catégories : d'une part, o ceux qui pensent que tout a été dit, et qu'à moins de trouver des documents il n'y a plus qu'il s'en tenir aux der-

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SA METHODE HISTORIQI

nier S travaux des modernes « ceux que les plus beaux travi tion ne satisfont pas pleinemen de la parole du maître, chez qu n'entre pas aisément, et qui d'i qu'il y a toujours a chercher ' »

M. Fustel se rattachait à la :

écoles. La lecture d'un livre qui toire, loin d'entraîner d'emblé ment, éveillait sa défiance. Il i ment enclin à écarter les op même quand elles avaient les a longue possession. Toutes d'ap sujettes à révision, et il n'était à en accueillir une seule, les yeu chaque question, il lui paraissai « faire d'abord table rase h, de ter sur la foi d'autrui, et de teni tout ce qu'on avait publié antéri

On ne saurait nier qu'il n'y exagération. Si l'histoire est i faut qu'elle procède comme tout

1, Quetliont kiatoriquci, p. ft03.

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afiectaient de dédaigner ses I on publie ua livre, c'est toujoi de démontrer la justesse d'uni Or, à quoi bon nous donner t notre parole devait forcément le vide et se heurter à l'indiËTé dont l'adhésion nous est la — c'est-à-dire de nos compagc La doctrine de M. Fustel su donc de graves inconvénients; pas non plus sans présenter tages. Le vrai se laisse moins 1 en histoire que dans toute d'abord parce que nous n'avon les époques une quantité de < santé, et en second lieu parce qi les sentiments, les passions de dent souvent à l'égarer. J'ajou historique n'a presque jamais la loi physique : la nature mora surtout de l'homme social, écl plus à nos investigations qu« personne apparemment ne s't buer â un excellent ouvrage d'I

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SA iTbthode historique

est contraire à son idée, et le résu:

de ce conflit n'est pas que l'espri l'évidence du texte, mais plutôt cède, plie, s'accommode à l'opinit par l'esprit'. » Un pareil daogei craindre lorsqu'on entre en cou document sans intermédiaire, et ( pas habitué auparavant à le oonsi< jour spécial. Outre qu'on en reçoi une impression plus vive, il ser texte directement consulté nous vision plus juste de la réalité. S:

soit, Augustin Thierry est un p fidèle des mœurs mérovingiennes de Tours.

Au surplus, M. Fustel n'allait prohiber l'usage des livres de se Il avouait lui-même qu'il avait ei parmi les érudits des trois demie qu'il devait beaucoup a Guérard, â Wailz. 11 n'avait certes pas dépi qu'on a écrit avant lui sur l'antiq

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