‹ Fustel de CoulangesChapitre 44 sur 82 · La Monarchie franque, p · texte numérisé non relu

La Monarchie franque, p

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Il engage enfia l'historien à s'interdire toute appréciation subjective, et h les événements au lieu de les juge en effet le critérium qui nous serv mesure? Ce serait évidemment l'e:

nos idées actuelles. Mais sommes-n n'avoir que des idées justes, et probable que nous sommes dupes, aïeux, d'une multitude de notîoi Notre raison, à nous Français de pas un de ces instruments de précii trompent jamais; elle est exposée comme celle des Grecs, des Romi Francs, et il n'est pas certain qu( blâme soit toujours blâmable.

D'ailleurs, il n'y a rien d'abs matières : une législation n'est pa mauvaise en soi; elle est bonne si harmonie avec les mœurs et les i individus qu'elle est appelée à régit mauvaise si elle leur fait violenc judiciaire est à nos yeux une form< dure fort défectueuse ; mais l'ei moins de nous demander s'il

KUSTEL DU COULÀNGBS.

garanties suifisaates à l'équité, qae de constater s'il était « d'accord avec les croyances et les habitudes » des populations. Quel rapport y avait-il entre les institutions des peuples et leur état d'esprit, voilà au fond le seul problème que l'historien ait à résoudre.

C'est, je crois, amoindrir un peu trop son rôle que de le réduire à des limites si étroites. Sans doute, il doit dépouiller le plus possible l'homme moderne qui est en lui; mais s'ensuit-il qu'il doive s'abstenir de tout jugement sur le passé? N'est-ce pas une obligation pour lui de déterminer le degré de civilisation que chaque génération humaine a atteint ? Et après qu'il a établi que telle coutume répondait au sentiment général de telle société, n'a-t-il pas le droit de rechercher ce qu'elle valait en ellemême? L'idée de justice n'est pas, quoi qu'on dise, une pure illusion de l'esprit. Si amï que l'on soit du paradoxe, on n'ira pas apparemment contester qu'un peuple qui massacre les prisonniers de guerre ne soit infiniment plus grossier qu'un peuple qui respecte leur vie. Les applaudissemente frénétiques qui saluèrent la

révocation de l'édit de Nantes aujourd'hui soulèverait chez i bation presque unanime ^ di que nos ancêtres du xvii° sîèch quelques égards, inférieurs. L même altéré par les superstiti gaire y a introduites, laisse bi lui le paganisme hellénique, un despote que les scrupules j pourtant ses pires violences i comparaison de celles que ci empereurs romains ou les pri L'historien ne se contentera pa ces distinctions; il faudra en lui apparaissent comme l'ind progrès, et, s'il voit par ha:

abolir l'esclavage ou la tortui pas à proclamer que les idéei peuple se sont notablement é[ Après avoir énuméré les qua un homme apte à découvrir rique, M. Fustel de Coula méthode qu'il convient d'adopt simplement à réunir tous les 1

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plusieurs témoignages dignes d mandait de tout faire pour les de se résoudre à en rejeter un s des règles qwe les bons esprits suivies; il est donc inutile de :

mais je voudrais montrer como les applique; on saisira mieux quelle était sa manière de travai Il se propose de réfuter l'op qui placent le régime de la co terres dans la vieille Germanie dent la « marche » indivise comme le débris d'une « mark primitive. Pour cela, il passe les textes oii se lit le mot « m le VI* siècle jusqu'au xii'; il les en fixe la signification exaute, une théorie qui se résume ain au vil' siècle, « marca » a le et indique la ligne séparative < ou de deux royaumes voisins; ix", le terme conserve encore c« il commence déjà à s'étendre de propriété à la propriété elle-méi

tout cas, la » marche » oe nous est sign^ée dans cette longue période comme une terre le à tous les habitants d'une contrée ; it au plus si ce mot fait parfois allusion orte d'indivision partielle qui ne resguère à un système de communauté '. Ces analyses se comptent par cenjans les ouvrages de M. Fustel, et toujours elles sont très probantes, lodèle du genre, c'est le chapitre où il •.e qu'était l'alleu. « On a construit sur I mot, dit-ii, tout un système. On a : d'abord qu'il désignait une catégorie ; de terres qui auraient été tirées au 1 cette hypothèse on a tiré ta conclusion que les Francs avaient dû, à leur entrée lie, s'emparer d'uiie partie des terres i se les étaient partagées entre eux par du sort. D'où cette conséquence encore aurait eu, à partir de cette opération, égorie de terres appelées alleux, leaauraient en comme caractère distinctif

rrt/iei sur yurlqiiei problcmel (fAittoire, p. 325 cl

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d'appartenir a des Francs, de leur appartenir par droit de conquête, d'être par essence réservées à des guerriers et de posséder certains privilèges, tels que l'exemption d'impôt. Ces déductions aventureuses ne sont pas de la science. i> Et voici par quoi il les remplace. Il interroge successivement toutes les lois barbares — loi salîque, loi des Ripuaires, loi des Thuringiens, loi des Bavarois, — puis les formules, puis les chartes, et il établit par là H que le sens du mot alodis à l'époque mérovingienue fut celui d'hérédité, qu'un peu plus tard il a signifié la propriété patrimoniale, que plus tard encore il s'est dit de toute propriété, mais qu'en aucun cas il n'a désigné une classe spéciale de terres». Il remarque que l'alleu existait pour les Romains comme pour les Francs, pour les femmes comme pour les hommes, que la locution alodis était usitée dans toutes les parties de la Gaule, qu'en revanche elle était inconnue des Wisigoths, des Burgondes, des Lombarde et des Saxons, qu'il n'est pas sûr dès lors « que les différentes branches de la race germanique l'aient emportée de leur commune

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SA METHODE HISTORIQt

prudence. Nos moyeDS d'iororn] souvent que de seconde main.

d'Hérodote, de Denys d'Halicarn Live, de Plutarque, de Dion pas la valeur d'une source origii racontent les événements, non pa sont passés, mais comme tous c conçoivent, et il se peut que leur parfois infidèles. C'est à l'histc jusqu'à que! point ils méritent documents anthentiques, inscri de lois, chartes, diplômes, moi rés, ont en général une plus grai éveillent moins de déBauces, bii tique ait aussi de fréquentes s'exercer sur eux. En tout cas, dans cette double série de tén g^t, sinon la vérité historique, portion de vérité qui nous est ai l'instant.

Si sur une époque nous n'a\ textes, ou si nous n'en possédoi telligibles ou d'incomplets, nous confesser notre ignorance. Les

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SA METHODE HISTO

Germanie de Tacite est obs sobriété; n'est-il pas naturel la contrôler à l'aide des ce même, s'il y a des indices qi a suivi chez la plupart des p< déterminée, il parait légitii voie d'induction la même i ' autres. M. Pustel de Coulac privé de cette ressource. La à démontrer, par un perpétu les Grecs et les Romains, i identiques ont régi le déve deux sociétés, qu'elles ont i des lois, des gouvernemet qu'elles ont traversé les m Dans le volume sur la Mont la fin de chaque chapitre, 1 vérifier si les faits qu'il vient l'État mérovingien se maDil les royaumes barbares.

Il est loin par conséquen méthode comparative; il la saire même, pourvu qu'elle si « 11 y a des rapprochements

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SA METHODE HISTOU

l'aide de quelques cas partie cKercher de droite et de gau se donnent pas la peine d'ob:

titude. Et, ce qui est encore omettent et laissent de côté I< normaux, bien avérés, ceux dans les législations de tous 1 ont composé leur vie historiqi La méthode tracée par M.

langes est en somme un me ment de travail. J'en ai signi tions; mais j'avoue qu'il n'en rigoureuse. Le malheur est qi n'est pas à l'usage de tout 1e faite pour quelques hommes ( pas faite pour tous les érudi la pratiquer, plusieurs conditi vent rarement réunies dans sonne ; une intelligence large trante, un esprit net, précis et lement propre aux patientes détail et aux conceptions l

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