Futura
Vivaiilt', pai'le; absente, accours; morte, l'onaisl Mais iioii, non! tu n'es pas morte, puisque j'existe. Puisque tout n'est pas mort ! Tant que , joyeuse et triste , L'humanité poursuit son sillon, tant (|u'on voit Un cœur aimer, un nid dans la fente d'un toit. Un églantier en fleur, tu \isl Sans ton haleine La terre n'aurait plus d'air respirable ! — Hélène ! Hélène ! Hélène !
UN SOLDAT, venu ù SCS cris.
As- tu fini de nous hurler Aux oreilles, méchant braillard, et d'appeler Les morts?
FAUST
Est-ce qu'Hélène est morte?
LE SOLDAT
Je m'en flatte
FAUST
Misérable !
LE SOLDAT
Oh ! le bel incendie écarlatc !
César a commencé, que César soit béni!
PHOLO(iUE.
FAUST
Ah ! qu'il soit maudit!
LE SOLDAT
Soit! de n'avoir pas fini.
Heureusement, Omar venait. Brille/, les torches! Que de peuple broyé sous la chute des porches! Tout a péri.
FAUST
Cherchons.
LE SOLDAT
Tu chercherais en vain.
Hélène est morte.
Non ! son visage divin N'est pas éteint! Elle est sous ces pierres, blessée Peut-être, mais non morte. 0 grande délaissée. Je viens ôter ce poids qui voudrait t'écraser^ Et je réchaufferai tes lèvres d'un baiser. Et ton doux cœur va battre, et ta chère paupière Se rouvrir!
LE SOLDAT, tirant son épéc.
Doucement ! A la première pierre Que tu touches, — ceci te touche.
Kl TIHA.
l'AIST.
Si lu crois
M 'arrêter...
LE SOLDAT
Touches- en une du bout (l(;s doij^Ls, Kt je le cloue au sol! Certes, je crois Hélène Morte, mais il n'est pas de vérité certaine; C'est pourquoi je suis là, veillant aux curieux, Et prêt, si par miracle elle rouvrait les yeux, A les lui refermer.
FAUST
Quelle offense mortelle Hélène a- 1- elle pu te faire?
LE SOLDAT
Elle était belle.
Eh bien?
FAUST
LE SOLDAT
Je hais le beau !
FAUST
Qui donc es -tu?