PROLOGUE
LE SOLDAT
Qui sait Ce qu'il est? — Tous l'aimaient; elle resplendissait; Elle avait la fierté d'un soleil; anathcme Sur elle! Jeunes, vieux, tous s'allumaient! Toi-même, N'est-ce pas par amour que tu viens jusqu'ici D'aussi loin que tu dis? Ah! tu l'aimes? Merci : Tu souffriras!
FAUST
Quel bien cela peut-il te faire Que je soutîre?
LE SOLDAT
Es -tu pas homme?
FAUST
Qu'es- tu?
LE SOLDAT
La guerre Et la fureur. Je hais Dieu, l'homme, tout, depuis L'être jusqu'à la chose, oui, tout, l'eau de ton puits, La bûche qui te chauffe et l'huile qui t'éclaire. Je hais le pain. Je hais tout ce qui peut te plaire. Et tout ce que tu hais ne me plaît qu'à moitié. Les choses qui te font horreur me font pitié.
8 FITUIIA.
Tu ilis qiio Ion Hélène est le jour? Ma première
l'.l ma (loi'iiière haine exècre la lumière!
.l'ahliorre la beauté de la femme, l'esprit
De l'homme, tout ce (|ui rayonne ou l)ien sourit,
Le soleil si flambant qu'on le dirail sonore,
Les chefs-d'œuvre, je hais le jour, je hais l'aurore,
Et la nuit elle-même et son beau noir gâté
Où les étoiles font des taches de clarté!
— Va-t'en !
FAUST
C'est toi qui dois souffrir. — Mais je t'écoute, Suis-jc insensé! pendant ce temps...
Il va vei-s les pierres.
LE SOLDAT
Un pas te coûte
La vie !
FAUST
Éloigne-toi.
LE SOLDAT
Tu ne toucheras point
A ces pierres
i»rf»c I
FAUST
Tu crois?