SCÈNE II
Une prison, contiguë à une imprimerie.
L ex-f:mperei:r.
Ou'est-ce donc que j'éprouve? Ah çà, suis-je encor moi? Qu'est-ce que cette fille a donc au front? Pourquoi N'ai-je pas — délié, seul avec une femme — Arraché du poteau le couperet infâme Et ne me suis-je pas, m'en armant à deux mains, Fait un rouge passage à travers ces gamins? Pourquoi n'en ai-je pas eu même la pensée? Quoi ! son geste a suffi pour que, tête baissée. Saisi de je ne sais quel stupide frisson. Rageant, je sois rentré lâchement en prison. Comme un chien au chenil sur un signe du maître ! Je n'avais pourtant pas le pli de me soumettre. A-t-elle donc vraiment cet infernal pouvoir
218 KUTUUA.
Que disaient, l'autre jour, ceux qui, rien qu'à la voir Venir vers eux, tranquille et d'un livre occupée, Sentaient entre leurs doigts s'amollir leur épée?
On enteiul vaguemcnl los voix des cnraclèrcs de riuiiiriuiciic voisiiio. LES CARACTÈRES.
Oh ! comme vouloir est loin de tenir ! Hâtons le progrès ! Quand surgira-t-elle Du sillon creusé, la moisson nouvelle?
Faisons du présent jaillir l'avenir.
Car le genre humain enfin se révolte Devant la lenteur du fruit espéré Et celui qui sème est exaspéré De n'être jamais celui qui récolte !
l'ex-empereur.
D'où vient qu'à l'âge où vivre est doux, ces écoliers Meurent pour elle avec plaisir? ('/est par milliers Qu'ils se sont fait tuer. Comme elle leur commande ! (^omme, lorsque la foule, altérée et gourmande De la curée humaine, allait mordre dedans, Elle m'a brusquement arraché de leurs dents ! De quel droit? Je n'ai pas, je crois, demandé grâce. Comme elle avait l'accent qui tonne et qui terrasse !