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ACTE 1. — SCÈNE IV. oli

Aux génies.

Soyez remerciés après, vous qu'auréole

Cette grande clarté qui sort de la parole.

Celle que nous fêtons vous doit tout ce qu'elle a.

0 doux maîtres par qui son esprit s'éveilla,

Vous serez son plein jour ainsi que son aurore !

0 créateurs divins, c'est une ébauche encore,

Vous la continuerez, vous la terminerez.

Soyez toujours près d'elle, ô guides vénérés,

Tous, les vieux, les nouveaux, et ceux qui sont à naître,

Et que de plus en plus votre âme la pénètre,

Et que son œuvre soit, sous les astres domptés,

La mise en action de ce que vous chantez!

Aux ëciiliers.

Vous que l'âge a mêlés à ses jeunes études. Vous l'aiderez.

A lu foiilo.

Du fond des noires multitudes, Un instinct aujourd'hui, chers amis inconnus, Vous a poussés vers nous. Merci d'être venus Apporter vos souhaits à cette chère tête.

LA FOULi:.

Nos souhaits? Hue veux-tu qu'ici-has on souhaite

o6 FUTUR A.

A la lilli' do Taiisr? Noiiinie-le-moi, le bien

Qui lui manque ! Quel sort est comparable au lieu,

Futura? Le grand Faust esl (on pèie, ta mère

Est Hélène en personne, et ton grand-père Homère!

Et quels maîtres d'école ! 0 groui)e surluimain !

Quand ta tendre mémoire hésitait en chemin,

Sophocle te soufflait ses vers, et c'est Shakspeare,

Eschyle, Dante et Job qui l'ont ai)pris à lire!

Ces maîtres glorieux t'ont donné la clarté,

Et, par l'intelligence extrême, la bonté,

Et le rayonnement divin de la prunelle,

Et l'âme; ils t'ont donné la jeunesse éternelle.

Et, lorsque tu voudras voyager, le ciel bleu.

A côté de tels dons les autres comptent peu;

Cependant la matière existe , et la pensée

Veut manger. L'heure, hélas! n'est pas encor passée

Des inventeurs mourant de faim dans les taudis.

Et plus d'un peut encor se croire aux temps maudits

Où ton aïeul tendait la main de porte en porte;

Mais pendant ton école, ô fille frète et forte,

Nous avons fait un pas nous-mêmes. Ce n'est plus

La torture toujours qui marque les élus.

L'homme commence enfin, quand vient la grandeur vraie,

A savoir qu'il lui doit, et parfois il la paie.

Ce qu'étaient jusqu'ici les princes, les esprits

ACTIi 1. — SCENE IV. 57

Le deviennent ! Ton père a les chevaux de [)rix , Les plats d'or, les maisons de chefs-d'œuvre meublées, Et les yachts bons marcheurs, et les vertes allées Des parcs, et les bassins aux oiseaux argentés, Qu'on a laissés longtemps aux fausses majestés. La destinée était d'une humeur généreuse A ta naissance! Es-tu contente?

Ah ! malheureuse !

LA FOULE

Qu'as- tu donc?

Je n'ai pas mangé depuis trois jours.

LA FOULE

Comment !

La charité, s'il vous plaît.

LA F0[TLE.

Quel discours Tiens-tu? Des mets exquis abondent sur ta table.

On me laisse parfois coucher dans une étable. L'hiver, quand mes bras nus ont froid jusqu'à saigner;

58 I ITLKA.

.le suis ivcuniiaissanlc au bétail de daigner Me garder près de lui.

LA rouLE.

Cette maison splendide Est à loi!

l'UTURA.

Regardez ma guenille sordide.

LA FOULE

Guenille? ce velours? ]\lais vois-toi donc! Palais, Châteaux, richesse énorme, un troupeau de valets, N'as- tu pas tout? Pourquoi parler de ta misère?

Combien, hélas! n'ont rien!

LA FOULE

Ce n'est pas toi !

Ma mère !

Mon père! arrachez donc le fouet à mes bourreaux !

LA FOULE

Les bourreaux! où sont-ils? C'est qu'elle a les yeux gros De larmes !

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