ACTE 11. — SCÈNE IV
A iix lil('ss,:s.
Quand vous aurez fini de vous tàter la peau !
Au liciitcniiiil.
[1 est grand temps.
Aux autres.
Allons, fainéants ! au drapeau !
LE LIEUTENANT, sans Ijou-ci-.
De quel charme ai -je donc la tète possédée? Je les ai plaisantes de leurs coups à l'idée : L'atteindraient-ils? Je sens leur esprit me saisir Et transformer, le mien. Je tuerais sans plaisir.
LES BLESSÉS
C'est comme nous.
UN REÎTRE
Qu'a-t-il? — L'attaque nous réclame !
LE LIEUTENANT
Leurs lettres de malheur m'ont empoisonné l'âme.
LES BLESSÉS
Du poison ! oui !
LE LIEUTENANT
Celui que j'étais jusqu'ici Se meurt. Et je deviens un autre.
LES BLESSÉS
Nous aussi.
LE LIEUTENANT
J'ai dans la Irle un feu qui me l)rùle et m'éclaire.
UN REÎTRE
Voici le colonel qui vient tout en colère.
LE COLONEL, au lieulciiant.
Ah çà , qui te relient? Cette lenteur dément Ton habitude. Es -tu blessé?
LE LIEUTENANT
Profondément.
LE COLONEL
Où?
LE LIEUTENANT
rs'ullc part.
LE COLONEL
Railler est un jeu qu'on évite Avec moi.
ACT1-: 11. — scÈ.xt: iv. 9»
LE LIEUTENxVNT.
Je n'ai rien au corps.
LE COLONEL
Alors, viens vite.
LE LIEUTENANT
Je ne peux pas.
LE COLONEL, aux blesses.
Et vous?
LES BLESSÉS
Ni nous non plus.
LE COLONEL
Holà :
Six hommes !
Six hommes s'avancent. — An lieutenant.
Toi d'abord.
Aux six hommes.
Fusillez -moi cela.
On fusille le lieutenant.
Bien.
Aux blessés.
Voyez si c'est lui que vous préférez suivre.
Les blessés, intimidés, se rangent avec les autres rcitrcs.
Knliiil — Va\ inai'che !
Un blcssr varillc.
Ah oui, lu veux passer puui' ivre.
Tu n'es saoul que de peur! — Allons, accélérons Le pas.
Arrivé au bataillon.
Au premier rang, drôles! — Sonnez, clairons i
Les clairons sonnciil. Les tambours battent, la charpro. L:i troupe se rue.