SECOND AIDE DE CAMP
Nous avions enlevé La grande barricade, et nous avions crevé De boulets et d'obus les maisons de la rue, Et tout tâchait de fuir, — quand elle est apparue, Sans armes, calme, un livre à la main, et lisant. Je ne sais quoi qu'on n'a pas vu jusqu'à présent Rayonnait sur sa face. Un changement rapide S'est fait chez l'ennemi ; cette fille intrépide A, par son seul aspect, rallié les fuyards, Les jeunes les premiers, puis jusqu'à des vieillards, Et cette étrange enfant qui tous nous déshonore A marché sur la troupe, et, saisis de j'ignore Quel vertige devant ce front immaculé, Involontairement nos gens ont reculé.
l'empereur.
Kl lu n'as pas fini cette sotte algarade him coup de pistolet?
SECOND AIDE DE CAMl».
Sire...
l'empereur.
Je te dégrade.
Un front immaculé ! Celui-ci l'appelait Une sainte ! Ces mots chez nous ! Un chapelet A ces deux sacristains ! — Quelque prostituée Battue assez souvent pour s'être habituée Aux coups, et dont le cuir, après tous ses tanneurs, Ne craint rien, et qui vient avec ses souteneurs !
A l'état-major.
Ah çà, mais on dirait que ceci vous taquine ! Vous voilà tous tremblants au nom d'une coquine, El vous allez bientôt vous mettre à piailler Comme si le renard entrait au poulailler ! C'est, de fait, un motif pour que le cœur vacille : D'une part une armée et de l'autre une fille ! Lisant ! Je voudrais voir qu'un livre intimidât Des canons! — Voyons, toi, je t'ai connu soldat. Non? — J'y vais ! Terminons cette farce impudente. Venez. Cette catin me semble peu prudente